Sujet: Petit historique de la SNSM Mer 2 Avr - 13:25 |
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Le sauveteur en mer D'après C. Parvulesco, Edition Larivière, Clichy 2002
Le sauvetage en mer est avant tout une affaire d'hommes : ces milliers de bénévoles qui, depuis le début du XIXème siècle, interviennent en toutes circonstances, au péril de leur vie. Si les canots à avirons sont remplacés par les canots tout-temps et les vedettes, les risques demeurent.
Les origines : Le geste généreux du sauvetage est vieux comme le monde. Le droit romain en fait obligation. Par une ordonnance de 1681, Louis XIV recommande de toujours secourir quiconque est en danger de se noyer. Au Havre, dont l'entrée du port est particulièrement dangereuse pour les voiliers par certains vents, les lamaneurs (en charge du pilotage des navires) disposent à partir de 1752 d'un "magasin de sauvetage" contenant filin, poulie et cabestan. Au siècle des frères Lumières, les hommes ont décidé de prendre la main de leur destin. Les fortunes de mer ne relèvent plus désormais de la fatalité. L'idée du sauvetage bénévole n'est pas encore née, mais de gros efforts sont fait de chaque coté de la Manche pour créer des postes de secours disposant du matériel nécessaire. En 1775, un français, Monsieur de Bernières, contrôleur général des Ponts & Chaussées, construit un petit canot insubmersible et inchavirable qui est essayé sur la Seine mais son invention reste confidentielle. En 1789, à Shields, sur la cote Est de l'Angleterre, une terrible tempête provoque le naufrage de plusieurs navires. Des notables locaux lancent un concours de plans pour la construction d'une embarcation permettant de secourir des naufragés. Il est remporté par le charpentier Henry Greathead qui devient officiellement l'inventeur du canot de sauvetage insubmersible.
Le sauvetage s'organise : En France, l'histoire du sauvetage en mer débute véritablement à Boulogne en 1825 avec la création de la Société humaine et des naufrages. Bientôt, des œuvres analogues se mettent en place à Dunkerque, calais, Le Havre et Dieppe. En 1854, Théodore Gudin, peintre de la Marine, propose qu'une institution organise le sauvetage à l'échelon national. Son projet n'aboutit qu'en 1865 avec la fondation, à paris, de la Société centrale de sauvetage des naufragés (SCSN). Quatorze stations de sauvetage sont aussitôt créées, dont la moitie en Bretagne. Bien, d'autres suivront. Chaque station de sauvetage dispose d'une "maison abris" servant à entreposer le matériel. Les premiers canots sont à voiles et à avirons. Leurs qualités essentielles sont l'insubmersibilité, le redressement spontané après chavirage et la vidange automatique de l'eau embarquée. A partir de 1912, ils sont progressivement remplacés par des canots à moteur.
Les hospitaliers sauveteurs : En 1873, Henri Nadault de Buffon (1831-1890) fonde, à rennes, la Société des hospitaliers bretons (HSB). C'est à la fois une "institution de sauvetage et de sauveteurs, d'assistance mutuelle, de bienfaisance, de moralisation et d'encouragement au bien". Elle installe des postes de secours en Bretagne et en Vendée puis sur l'ensemble du littoral français. Au fil des années, la Société des hospitaliers bretons s'équipe de canots et complète ainsi le dispositif de la Société centrale de sauvetage des naufragés, en particulier sur les plages.
Une société nationale : En 1967, les deux sociétés fusionnent alors pour donner naissance à la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM). Celle-ci est reconnue d'utilité publique en 1970. Aujourd'hui comme hier, les équipages des canots sont constitués de volontaires. Une allocation est prévue pour les sorties et les exercices mais elle est si modique au regard des risques encourus que le bénévolat est de règle. La SNSM fonctionne grâce aux dons et aux subventions. Son slogan : "Notre force, c'est votre soutien."
Quand l'expérience parle : Au temps des canots à avirons, l'équipage se compose d'un patron, d'un sous patron et de dix canotiers. Le patron est un marin pêcheur du pays possédant une grande expérience de la mer et connaissant parfaitement les parages, ayant l'aptitude au commandement et accepté par tous. Lorsqu'il est absent, c'est le sous patron qui prend le commandement du canot. Par tradition, les équipages se recrutent parmi les hommes du village. Ce sont des marins expérimentés qui ont pratiqué le rude métier de la pêche côtière ou l'aventure de la grande pêche en Atlantique Nord. Pour qu'une opération de sauvetage réussisse, les canotiers peuvent compter sur leur sens marin, leur entraînement et leur exactitude de leurs réflexes. L'alerte est donnée soit par le tocsin, soit par une trompe d'appel en divers point du village, soit par deux coups de canon tirés par les guetteurs du sémaphore qui hisse le pavillon noir.
Sauveteur de père en fils : On est souvent patron ou canotier de père en fils. De véritables dysnaties de sauveteurs sont ainsi nées un peu partout. On peut citer les Lavie à Dunkerque, les Brunet à Gravelines, les Delannoy à Calais, les Bommelaer à Boulogne, les Le Du à Douarnenez, les Menou à l'île de Sein, les Tonnerre à l'île de Groix, les Pouplier à Port Navalo, les Iturriza à St Jean de Luz, les Olivieri à Sète, les Dommenge à Carro … Les canotiers valeureux peuvent recevoir des prix, des gratifications provenant de fondations, de legs ou de bienfaiteurs. Ceux qui ont été décoré de la Légion d'Honneur pour fait de sauvetage bénéficient d'une pension annuelle.
Que de bravoure : Les sauveteurs bretons ont payé un lourd tribut à la mer, avec des sinistres tels que Penmarc'h en 1925 (15 noyés) et de l'Aber Wrac'h en 1986 (cinq noyés). Leur bravoure a inspiré des œuvres littéraires comme "Péri en mer !" de Gustave Toudouze, "Sauveteurs" de Pierre Maël, "L'Océan" de Charles Géniaux, "Les hommes dans la tempête" d'Emile Condroyer, "SOS Atlantique" de Louis Le Cunff.
En Bretagne, plusieurs anciens canots de sauvetage sont exposés au public. C'est le cas du Papa Poydenot (1901) dans son abri d'origine à St-Pierre Penmarc'h.
EXTRAIT : Un sauvetage à Calais en 1867 – Paluel-Marmont, Les sauveteurs de la mer – Larousse, 1953. «Arc bouté sur leur banc, les mains nouées sur leurs avirons, les six compagnons de Delannoy souquent furieusement, tournant le dos à la mer en furie, les yeux fixés sur leur jeune pilote qui, lui, fait face au large, balafré de vent et d’embruns, aspergé d’eau glacée, n’ayant aucun soucis que de tenir la barre solidement et de se présenter debout à la lame. Aux prise avec le vent et la mer qui semblent soulever et pousser toutes les forces déchaînées du chaos, la petite barque bondit, sursaute, craque, escalade les lames, retombe à pic dans les creux, disparaît, reparaît, progresse lentement, péniblement. Du rivage, on ne la distingue plus nettement à cause de la fumée d’eau qui jaillit de la mer. Et Delannoy, courbé en deux sous les rafales, n’évalue pas exactement non plus à quelle distance peut bien se trouver encore le navire perdu vers lequel il va. Il est sur, cependant, que d’effort en effort il s’en rapproche. Mais pourvu qu’il arrive assez tôt ! Ses compagnons ne le quitte pas du regard. L’encouragement qu’ils n’entendraient pas de sa bouche à cause du rugissement de la tempête, ils le lisent dans ses yeux ». _________________
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Michel47
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