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1766 à la révolution Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
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MessageSujet: 1766 à la révolution Jeu 12 Fév 2009 - 17:10

1767 - 21 mai au 28 août - Voyage du Havre à Hedler, de la corvette l'Aurore.


Lancement de l'Aurore

Ce voyage se fait sur des fonds privés. Le marquis de Courtanvaux prend en charge les frais de cette expéditions.
En plus des observations astronomiques et hydrographique, les membres de l'académie de marine procéderont à l'expérimentation de divers instruments servant au calcul de position des navires en mer :
- des montres marine : Montres de Leroy
- mégamètre du lieutenant de Charnière
- une pendule astronomique de F. Berthout
- deux quart de cercle de Langlois
- un instrument de passage de Calvinet
- deux boussoles
- un octant de Hadley
- deux baromètres.

L'Aurore qui est richement décorée sera aussi la représentatrice de la France dans les pays visités.

Le marquis de Courtanvaux prend en charge les frais de l'expédition.

Au retour de ce voyage, désirant perpétuer le souvenir de ce bâtiment dénommé L'Aurore, il en fit exécuter un grand modèle au Havre (lieu de la construction du navire) qui fut réalisé au 1/12 par un dénommé "Poi-de-Coeur du Havre". Le gréement est l'oeuvre de Mathieu Chopin ancien commandant de la corvette pendant le voyage au Nord.
Ce modèle est visible aujourd'hui dans le hall de la bibliothèque Sainte Geneviève à Paris.


Modèle réalisé par M. B. Rimlinger




Pour en savoir plus


Journal du voyage de M. le Marquis de Courtanvaux sur la frégate l'Aurore


Par François César le Tellier



Par sa conception peu courante et son décoration qui fait largement appel à la technique du trompe-l'œil L'Aurore est une œuvre essentielle de l'architecture navale civile. Il existe peu d'exemples de bâtiments de plaisance pour le XVIIIème. L'Aurore fait partie de la famille bien peu représentée des bâtiments d'agrément et c'est probablement le seul exemple français de ce type que nous ayons dans nos collections.

A l'issue de ce voyage, le bâtiment fut vendu au roi.
On ignore tout de ce qui lui arriva ensuite.


Dernière édition par gégé le Dim 22 Mar 2009 - 17:39, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Jeu 12 Fév 2009 - 17:16

1766 / 1767 - Expédition Bougainville

Bougainville fait de solides études scientifiques, puis sert dans l'armée de terre.
Aide de camp de Montcalm en 1759, il est colonel pendant la campagne du Canada.
Il devient marin en 1763 avec un brevet de capitaine de vaisseau.
Outre ses périgrinations dans l'Amérique du nord, il avait créé un établissement et installé des "Acadiens" sur les îles Malouines ce qui avait suscité de vives réactions de la part des espagnols.




La raison de l'expédition de Bougainville n'est pas totalement expliquée. Son financement non plus.

Deux navires sont choisis pour cette mission :
La Boudeuse, frégatte toute neuve sortant des cales de Nantes.
Et l'Etoile, une flûte conçue pour le transport des marchandises, ce bâtiment, qui a déjà fait un aller retour de Bougainville en Atlantique Sud, appartient aux associés de Bougainville.
Le roi confie La Boudeuse à Bougainville mais n'affrête que L'Etoile. C'est certainement Bougainville qui a financé le fonctionnement de La Boudeuse....on ne sait pas l'affirmer.
Louis XV impose un délai maximum de deux ans pour la réalisation de cette mission. Il prend pour prétexte de ne pas vouloir se démunir de deux navires face à la menace anglaise. (Ne subit-il pas des pressions venues de l'intérieur du royaume ?)

La Boudeuse doit remplir une mission scientifique, Bougainville donnera son avis sur le choix des savants embarqués. Mais elle doit aussi, officiellement remplir une mission diplomatique : remettre les clefs des Malouines aux espagnols. Pour cela, il a rendez vous à Montévidéo le 1er janvier 1767.

Il doit aussi remplir d'autres missions, non officielles celles ci.

Plusieurs scientifiques participent à ce voyage :
L'astronome Pierre Antoine Véron, il embarque sur L'Etoile en qualité de pilote.
Le géographe Charles Routier de Romainville,
Le botaniste (il est aussi minéralogiste et zoologue) Philibert Commerson des Huberts embarque sur L'Etoile en qualité de chirurgien de marine. P. Commerson est accompagné d'un jeune valet et assistant Jean Baret. En fait ce J. Baret est une femme, embarquée sous une fausse identité, elle sera la première femme à faire un tour du monde à bord d'un navire. L'histoire de sa vie mérite un chapitre.... il faut juste trouver les renseignements !
Le départ de La Boudeuse est tout à fait officiel, alors que celui de L'Etoile sera plus discret.

La Boudeuse appareille de Nantes le 15 novembre 1766. Victime d'un incident technique, elle doit rallier Brest pour réparation (jeunesse du bateau). Le départ officiel a lieu le 5 décembre 1766. Bougainville inquiet, note dans son journal : "Bonne frégate pour le bassin des Tuileries". En réalité, ce navire s'avèrera (après rodage) très rapide, peut-être même trop rapide dans le Pacifique, car il devra souvent attendre sa compagne L'Etoile. Malgrés tout, La Boudeuse touche Montévidéo le 31 janvier 1767.

L'Etoile, commandée par le capitaine La Giraudais, devait appareiller début janvier. Elle ne quitte Rochefort que le 1er février 1767. Pourquoi ce mois de décalage ? En France, la destination de ce bateau est tenue secrète. Je n'ai pas trouvé de détails concernant la traversée jusqu'aux Malouines.
En touchant les Malouines, le commandant note que le rêve de Bougainville n'existe plus, les Acadiens ont disparus des Malouines qui sont occupées par des troupes espagnoles... Encore une marque de la faiblesse de Louis XV. Les espagnols se feront débarquer des Malouines quelques années plus tard par les anglais...toujours les mêmes !
L'Etoile met alors le cap sur le deuxième point de rendez vous : Rio de la Plata. Bougainville n'y est plus. Il a laissé un message donnant rendez vous à Rio de Janeiro.
Pourquoi Rio de Janeiro ? Ce sont les portugais qui règnent en maîtres au Brésil !
Bougainville doit y remplir une mission diplomatique non officielle.

En plus de sa mission scientifique, Bougainville doit trouver une nouvelle route commerciale vers la Chine. Et les portugais considère la Chine comme leur terrain de chasse privilégié depuis qu'ils y ont établi le comptoir de Macao.
La France souhaite prendre les Philippines en échange des Malouines.
Pour les portugais, la France deviendrait alors une concurrente plus difficile que l'empire espagnol qui s'affaibli !
L'Etoile entre dans la baie de Rio de Janeiro le 13 juin 1767.
Le secret pèse sur les tractations qui se sont tenues entre Bougainville et le vice roi du Brésil.
Bougainville écrit que les débats se sont déroulés dans "la plus franche collaboration", au contraire, le comte d'Acunha fait preuve d'une vive animosité qui semble avoir le mérite de la franchise.
Le projet Philippin est abandonné à Rio.
Il est fort possible (mais ce ne sont que des suppositions) que Louis XV avait décidé d'abandonner son projet Chinois, dans le début de l'année 1767, ce qui expliquerait le retard de l'appareillage de L'Etoile. Dans ce cas, il se peut que La Giraudais ait remis à Bougainville une lettre royale décidant de ne pas prendre possession des Philippines. Beaucoup en France assuraient de l'inutilité des colonnies et des comptoirs éloignés.
Les deux navires quittent Rio, et reste quatre mois dans les eaux entre Rio de la Plata et Buenos Aires. Pour diplomatie peut être ? ou pour attendre l'été austral qui leur permettra de franchir le détroit de Magellan plus facilement.


L'Etoile ayant subit une avarie, doit caréner.
C'est pendant ce carénage que Bougainville et ses hommes assistent en Uruguay à l'expulsion des jésuites. Dans son journal, Bougainville se réjouit de cette disposition.

L'Etoile et La Boudeuse, quittent enfin Rio de la Plata le 15 novembre 1767. La mission diplomatique est un fiasco.
Début décembre, le convoi pénètre dans le détroit de Magellan.
La Boudeuse a quitté Brest depuis un an. Soit la moitié du temps imparti par Louis XV pour faire le tour du Monde.
A nouveau, L'Etoile fait eau. L'équipage s'active aux pompes, et on jette de la pacotille embarquée à Rio, et on allège aussi le bateau en réduisant la "nourriture sur pattes". L'Etoile s'avère alors meilleure manoeuvrante que La Boudeuse, ce qui une fois de plus, fait grogner Bougainville !



L'astronome Véron a changé de bord, il a rejoint La Boudeuse. Accompagné du géographe, tous deux s'activent dans le détroit.
Les équipages font connaissance avec les Patagons, qui ne sont pas les géants décrits par les anglais, mais des hommes fortement charpentés d'un mètre quatre vingt environ (cinq pieds six pouces à cinq pieds huit pouces), ils ont une tête très grosse.
Les hommes procèdent à des échanges de pacotilles contre des fourrures.
Le détroit de Magellan est franchit en cinquante deux jours.

Les deux bâtiments pénètrent dans le Pacifique. Ils doivent trouver une île aux statues monumentales décrite par le hollandais Rogeween. Ce dernier avait abordé l'île le jour de Pâque 1722, il a donc baptisé cette ïle "l'île de Paques".
Ils doivent chercher aussi le continent austral qui est censé faire contrepoids aux continent Européen et Américain.
Les deux navires ratissent l'océan d'une manière originale : La Boudeuse et L'Etoile naviguent à un degré de latitude de distance et se rejoignent le soir. Ceci afin d'occuper la plus grande surface possible.
Les recherches restent vaines. Pas d'île de Paques ni de continent austral. Les relevés Hollandais sont faux.
La houle du Pacifique est longue. Soudain des palmiers apparaissent. Les deux navires sont en vue des premiers atolls des Tuamotu. Des pirogues s'approchent des deux navires et leur font signe d'invite. Bougainville se méfie de ces îles qui paraissent sans crier gare. Il nomme ces atolls "l'archipel dangereux" et s'éloigne.
C'est l'odeur de terre qui amène nos naviguateur sur Tahiti. Dans son récit, Bougainville décrit "une jeune fille qui monte à bord et laisse négligemment glisser son pagne sur le pont".
Personnellement, je mets une grosse réserve sur ces propos. On imagine facilement l'état des hommes (officiers, équipages ou soldats) après ces semaines de mer, face aux Tahitiens (et Tahitiennes) si vigilants sur leur hygiène !
Je suppose que même les charmes des plus séduisants des européens ne brillaient pas : les visages brulés par le soleil sont striés des marques de sel, les dents noires sont déchaussées par le scorbut, sans parler du fumet qu'ils doivent dégager .... !
Dans son récit Bougainville a arrondi les difficultés rencontrées, enjolive la situation et a tente de prouver le bon choix du nom qu'il avait choisi pour cette île (La Nouvelle Cythère).
Commerson, l'un des savant embarqué baptise "Utopia" cette même île que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de Tahiti.

Il faut tenir compte que le livre que Bougainville écrit en 1771 est destiné à un public d'aristocrates libertins.
Dans son journal, Bougainville décrit les négociations qu'il est obligé de mener pied à pied avec les sages.
Tout d'abord il y a désacord sur la durée du séjour. Bougainville réclame dix huit jours, le cacique et son conseil ne lui en accordent que la moitié. Bougainville affirme qu'il obtient gain de cause, mais en fait il ne restera que neuf jours sur l'île de Tahiti.
L'échelle des monnaies d'échanges est établie, tant de clous ou d'outil contre des vivres frais porcs, volaille ou poissons.
L'emprise du cantonnement à terre est défini et certainement surveillé par les tahitiens. Un hôpital est installé, il permet de soigne la trentaine d'hommes atteints de scorbut.
Dans l'ensemble, le séjour des deux navires se déroule dans de bonnes conditions, mis à part quelques larcins de la part des tahitiens, Les longues vues de l'astronome Véron sont récupérées de justesse. Objets de curiosité note Bougainville.
Quant aux vahinés, l'apparente liberté sexuelle est certainement un leurre qui a bien dupé nos navigateurs. A moins qu'elle ne corresponde à un code social ? Bougainville y voit la preuve de l'innocence des "bons sauvages", pour d'autres, il s'agit simplement de prostitution.
Des tensions apparaissent entre Français et Tahitiens.
Des hommes de La Boudeuse voulait obtenir un port dont les tahitiens ne voulaient pas se séparer. S'en suit une algarade ou trois tahitiens sont tués. Bougainville punit les coupables, mais le charme est rompu surtout qu'un autre tahitien avait été tué sans que personne ne sache pourquoi ni par qui.
Les femmes et les enfants se régugient dans la montagne.
Pour ajouter à l'ambiance, des coraux coupent les câbles d'ancres.

Dès l'arrivée de L'Etoile, un tahitien répondant au nom de Ahu-Toru était monté à bord. Il n'en descendait que rarement voulant suivre la route des navires.
Le cacique, recommanda Ahu-Toru aux bons soins de Bougainville, qui accepta espérant l'utiliser comme interprète ou pilote. Ahu-Toru était originaire de Aïratéa, voulait il simplement rejoindre son île d'origine, ou était il indésirable à Tahiti ?
Les adieux avec Tahiti furent déchirants, quelques larmes furent versées. Les tahitiens étaient certainement bien heureux de voir ces quatre cents bouches à nourrir s'en aller avant d'avoir ruiné les réserves. Pour les marins, venait le temps de la nostalgie et des souvenirs que les jours en mer enjoliveront. D'autres s'en vont, portant une maladie vénérienne...souvenir de Cythère !
Quittant Tahiti, Bougainville ne dispose plus que de dix mois pour achever son tour du monde.
Ahu-Toru se révèle être un piètre interprètre, par contre il possède de réelles qualité de navigateur. Il se dirige aux étoiles, aux courants, aux oiseaux. Il mènera l'expédition devant son île natale, mais Bougainville refuse de s'y arrêter.
Les navires ne mouilleront pas non plus devant les îles qu'ils nomme "les Alliés" que nous connaissons aujourd'hui sous le nom d'Iles sous le vent de l'archipel de la Société. Les navires font de l'eau aux iles Samoa que Bougainville baptise "Petites Cyclades", le 10 mai ils sont devant Futuna. Les navires mouillent, fond le plein d'eau, de vivres et de bois.
A l'aube du 22 mai, des îles montagneuses sont en vues. Bougainville baptise la première "Aurore" et la seconde "Pentecote" car c'est la fête du jour. Les deux navires s'engagent dans le chenal qui sépare ces deux îles, et débouche dans une mer intérieure entourée d'îles et d'îlots. Il s'agit de l'archipel du Vanuatu que Cook baptisera "Nouvelles Hébrides". Pour l'heure, Bougainville y reconnaît les "Grandes Cyclades"... nous sommes pourtant loin de la Grèce et de la mer Egée...mais après les "Petites Cyclades" pourquoi pas les grandes ?
Le 27 mai, un canot se rend sur la côte. L'impression est oppressante. Les hommes se mettent à l'ouvrage quand soudain des insulaires surgissent. Bougainville et Ahu-Toru mettent à leur tour pied sur la grève et tentent en vain de parler avec ces hommes. Des tambours commencent à résonner, les hommes embarquent et prennent le large en toute hâte. Cette précipitation déclenche une volée de flèches à laquelle quelques mousquets répondent. Bougainville baptisera cette île "l'île aux lépreux".

Ce même 27 mai, Bougainville se rend à bord de L'Etoile ou La Giraudais lui révèle qu'une femme est à bord. Il s'agit bien évidemment du domestique de Commerson. La jeune femme est convoquée, elle avoue à Bougainville qu'elle s'est embarqué en trompant son maître car déguisée en homme. Dans son journal, Bougainville évoque l'épisode sans le dater, en le romançant exagérément et tout en développant largement les qualités morale de la jeune femme, et conclut son chapitre ainsi : "La cour, je crois, lui pardonnera l'infraction aux ordonnances." Car elle risque la prison et l'avenir de Bougainville risque de connaître quelques problèmes. Bougainville connaît les lectures de la cour, et le roman qu'il vient de bâtir est tout à fait à la mode du temps. Jean Baret redevenu Jeanne Baret débarque de L'Etoile et embarque sur La Boudeuse au bon soin du Prince de Nassau.
L'expédition tournait mal. Le continent Austral restait introuvable, le moral n'était pas au mieu de sa forme.
Durant la nuit du 4 juin, la vigie signale des brisants. Ce qui signifiait que la terre n'était pas loin.

Les navires longent la barrière de corail sans trouver de passe. A bord, on commence à manger des rats, Bougainville qui craint pour la santé de ses hommes décide de cingler vers le Nord... Il vient de "passer à coté" de la découverte de l'Australie.
Enfin, on double un cap que Bougainville nomme "cap de la Délivrance"... Louisiade...Salomon...Nouvelle-Irlande...côte Nord de la Nouvelle Guinée...sont les vraies découvertes de La Boudeuse et de L'Etoile.
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Jeu 12 Fév 2009 - 17:27

1766 / 1767 - Expédition Bougainville (suite)

Bougainville baptise les îles qu'il découvre du nom des ministres Choiseul ou Praslin et de ceux de ses officiers. Il oublie d'en baptiser l'une d'entre elles de son nom. L'île "Burka" du nom d'une noix de coco la plus incontestable de ses découvertes est connue aujourd'hui sous le nom d'île Bougainville.
L'urgence était de trouver un bon mouillage. Les incidents avec les indigènes se répètent. Cela permet aux scientifiques de faire des observations ethnologiques.
Un mouillage est trouvé au sud de ce que l'on appelle aujourd'hui "Nouvelle Irlande", mais que Bougainville baptise "Port Praslin. L'escale durera dix huit jours. L'eau et le bois s'y trouvent en abondance.
Puis la navigation se poursuivit dans cet immense archipel. Quelques escadres de pirogues tentèrent des abordages, les indigènes sont repoussés à coups de canons et de feux d'artifice.
Fin août, La Boudeuse et L'Etoile, doublent la pointe Ouest de la Nouvelle Guinée achevant l'exploration.
Sans l'année passée devant l'Amérique du Sud, Bougainville aurait mis cap au Nord : Les Philippines et la Chine...
Mais là, il n'en est plus question, trop d'hommes sont malades et restent sur les cadres. Ils font escales à Bouro ou les Néerlandais leur permettent de reprendre des forces, puis "Batavia" l'actuelle Djakarta.
Le 5 novembre 1768, La Boudeuse se met à l'ancre à Port Louis, et le 8 novembre L'Etoile vient la rejoindre.

La Boudeuse et L'Etoile entrent dans le port de Saint Malo le 16 février 1769. Sept morts étaient à déplorer en 2 ans et 4 mois de campagne.
A Paris, Bougainville reçut les félicitations des savants, tandis que Ahu-Toru connaissait un grand succès de curiosité, notamment auprès des dames. En mars 1770, après onze mois de gaieté, le prince Aotourou fut rapatrié mais il mourut en chemin.
En 1771, son récit du voyage, intitulé « Voyage autour du monde » ou Bougainville présente Tahiti de manière idylique fut édité sous l’autorité d’Etienne Taillemite. Il y éclairait scientifiquement la géographie de l’océan Pacifique. Il présente les moeurs et les coutumes des populations rencontrées, des herbiers, dessins d'animaux ont étés collectionnés lors de cette expédition; c'est le résultat des études menées par les scientiques embarqués.
Le livre de Bougainville connut un grand succès auprès des gens de cour comme auprès des Encyclopédistes et des philosophes.
Naquit ainsi le mythe de l’éden tahitien. Mais, un peu plus tard, La Pérouse, présenta un tout autre visage des "bons sauvages".... mais c'est une autre histoire.


Dernière édition par gégé le Jeu 12 Fév 2009 - 20:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Jeu 12 Fév 2009 - 18:31

Merci Gégé pour ce beau récit. Il me semble que la télé a passé un film relatant cette expédition, il y a quelques mois.
mais tu nous présente là une super doc.
Merci encore.
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Jacques34




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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Dim 15 Fév 2009 - 19:57

De Colbert à Sartine

Louis XIV meurt en 1715 laissant à son petit fils de cinq ans, un royaume arrogant mais bien affaibli par les traités d'Utrecht.

M. Colbert
Pendant son règne, sous la direction des ministres Colbert puis de son fils Seignelay, les marins Duquesne, Tourville, Jean Bart, Forbin avaient prouvé à l'Anglais qu'ils n'étaient plus seuls sur mer.
En fin de règne, malade, fatigué, démotivé, Louis XIV n'avait plus d'ambition maritime. Louis XIV s'était réfugié dans la lecture de la bible.
Alors que sur mer, l'Angleterre qui avait déclaré qu'elle réservait aux navires anglais le transport pour l'importation de toutes les marchandises d'outre mer, avait déclaré la guerre à la Hollande.
Une guerre commerciale qui a dégénéré en conflit.

Après lui, la Régence avec les fastes que l'on connaît, puis Louis XV "après moi le déluge"...

En 1730, il ne restait de cette belle marine qu'une cinquantaine de navires souffrant d'une longue absence d'entretient.
C'est en 1754 que commence le chantier de création de l'actuelle place de la Concorde à Paris.
L'un de ces immeubles en construction sera le garde meubles du roi, que nous connaissons aujourd'hui comme le siège de la marine à Paris rue Royale.
Dupleix qui menait la vie dure aux anglais dans l'océan Indien, et qui y imposait sa politique, est rappelé à Paris cette année 1954 dans le but de calmer l'irritation anglaise.
Ce rapatriement fût d'ailleurs mené avec une rare hypocrisie : La France envoya un commissaire extraordinaire, M.Godeheu avec l'ordre de destituer Dupleix et de l'arrêter au besoin. Il refusa de régulariser les comptes de Dupleix et séquestra les revenus destinés à rembourser ses avances. Godeheu fit reconnaître son titre de gouverneur et Dupleix fut embarqué presque de force pour la France le 12 octobre 1754. Sa chute marqua le commencement du déclin de l'influence française en Inde.
Cette intervention du roi et de son gouvernement en Inde est incompréhensible.
Ils ont tout simplement saboté le travail de Dupleix et de ses équipes alors qu'ils tenaient la dragée haute aux anglais, c'est fou de constater jusqu'où peuvent mener la paresse et la bêtise !
Au lieu de ça, ne vallait il pas mieux de maintenir une flotte forte pour escorter les navires de la compagnie des Indes que ne demandait qu'à se développer ?
Dupleix

Cela ne semble pas les calmer car les anglais, alors que nous sommes censés être en paix, attaquent nos navires de guerre, agressent marchands et même nos pêcheurs .

Ces exactions déclanchent le 1er mai 1756 une déclaration de guerre. Cette guerre durera sept ans.
La flotte anglaise ayant un volume double de celui de la flotte française, la rivalité coloniale de nos deux marines tourne sans surprise à l'avantage de l'anglais.

Cette affaiblissement de la flotte française est la conséquence du raisonnement de Louis XV et de ses conseillers, qui pensaient inutile voire impossible de rebatir une marine capable de lutter contre la flotte anglaise.
Dans ce raisonnement, les finances du roi avaient trouvé un poste d'économie important ! Le roi approuva cet argument, la marine fut sinistrée.
Choiseul, ministre de la marine de 1761 à 1766 tentera de redresser la barre et d'amener Louis XV à se pencher sur le sort de la marine, en vain :
"Vous êtes aussi insensé que vos prédécesseurs, Choiseul ! Il n'y aura jamais d'autre marine que celles de M. Vernet".
C'est pourtant sous le ministère de Choiseul que la compagnie des Indes achète Lorient, et qu'en 1765 l'ordonnance de la marine est éditée.
Choiseul

La guerre de sept ans se termine, la marine française est en pleine déconfiture.
Pour la France, c'est la fin de l'aventure canadienne, et même Vernet ne pourra pas terminer son contrat, les caisses sont vides...
Ces détails n'empêchent pas Louis XV d'organiser de grandes fêtes pour célébrer la fin de la guerre il fera partir un feu d'artifice (sur sa place Louis XV notre actuelle place de la Concorde).

Louis XV a-t-il des regrets ? Qui conseille le roi ? Néanmoins, c'est après la fin de la guerre de sept ans que Louis XV appelle (en 1769) Nicolas Ozanne comme professeur d'enseignement maritime auprès des enfants du roi.
Ces trois enfants porteront aussi la couronne de France.
Tout d'abord Louis, l'ainé qui sera Louis XVI, son frère qui deviendra Louis XVIII et enfin Charles futur Charle X.
L'ambiance est à la revanche contre l'Angleterre, l'heure est donc sonnée (bien faiblement) au redressement de la marine : pour la première fois, l'enseignement maritime est intégré dans la liste des matières enseignées aux dauphins.
Ozanne est un breton, ingénieur de marine. C'est lui qui avait eu en charge la construction de la flotte de Versailles.
Il élabore le programme des cours, fait dessiner les princes d'après modèle.
Ces cours deviennent les "recueil de plans et coupes de bâtiments navals". Ce sont de véritables traités de construction maritime, très techniques qui conviendraient plutôt à de futurs constructeurs qu'à de futurs politiques.

Nicolas Ozanne

Ozanne utilise la flotte de Versailles pour compléter les cours théoriques par des cours pratiques, et initie ainsi les princes à la manoeuvre des navires.
Avec le récit des combats de Dugay Trouin et à l'aide du volume "Eléments d'histoires maritime" écrit avec le concours de Bigot de Morogues officier de marine et scientique, Ozanne complète le programme d'histoire maritime et de stratégie navale.
Louis XVI sera marqué par les leçons d'Ozanne et portera beaucoup d'intérêt au domaine maritime.
Pendant ce temps, la marine pourtant déjà bien faible, subira encore l'incompétence du duc de Praslin successeur de Choiseul. Praslin s'évertuera à défaire tout ce que Choiseul avait bâti... parcequ'il n'aimait pas Choiseul...tout simplement !
Le ministère de Bourgeois de Boynes qui à suivit celui de Praslin sera sans effet sur l'état de la marine.
Louis XV meurt le 10 mai 1774.
Vergennes est nommé premier ministre, Sartine entre au ministère de la marine et des colonies.
M. Sartine
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Lun 16 Fév 2009 - 12:41

Une doc de qualité, tu continues svp
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SAINT ETIENNE Claude




Age : 71 Date d'inscription : 17/11/2008 Nombre de messages : 1231 Localisation : Normandie / CALVADOS/ LECAUDE Emploi/loisirs : Retraité - Cinéma - lecture principalement histoire

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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Mar 17 Fév 2009 - 6:48

study bravo
Encore un document ,des récits de qualité BRAVO. super bravo bateau-a-voile
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PHIPHI80




Age : 56 Date d'inscription : 19/11/2007 Nombre de messages : 1018 Localisation : AMIENS Emploi/loisirs : pêche à la ligne,en mer,apero

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MessageSujet: Indépendance des états unis d'Amérique - 4 juillet 1776 Mar 17 Fév 2009 - 17:46

Ecofousec a développé la guerre d'indépendance américaine :

http://laroyale.forum0.net/histoire-avec-un-grand-h-f7/chronologie-t366-30.htm

Il n'est pas utile de revenir sur ce sujet qui de plus déborde largement du cadre de notre marine.

Les états unis d'Amérique proclament leur indépendance le 4 juillet 1776

Il est important de noter que c'est un navire français "Le Robuste" qui devant Quiberon est le premier à saluer les couleurs américaines. A cet instant, la France n'est pas en guerre avec l'Angleterre, seuls des volontaires français se battent aux cotés des insurgés américains.


Dernière édition par gégé le Ven 20 Fév 2009 - 17:13, édité 2 fois
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MessageSujet: Combat de la Belle Poule contre l'aréthuse - 17 juin 1778 Mar 17 Fév 2009 - 17:51


En janvier 1778 la Belle Poule, sous le commandement de Charles René Louis, vicomte Bernard de Marigny, est désignée pour reconduire en Amérique Benjamin Franklin.
Partie du Havre, subissant un temps exécrable en Manche, la Belle Poule croise les vaisseaux anglais Hector et Courageous qui lui demandent à la visiter. Marigny refuse de se plier à ces exigences en répondant fièrement :
"Je suis la Belle Poule, frégate du Roi de France ; je viens de la mer et je vais à la mer. Les bâtiments du Roi, mon maître, ne se laissent jamais visiter".
Les Anglais n'insistent pas. Ils ignorent, bien entendu, que Franklin est à bord.
Le mauvais temps oblige Marigny à relâcher à Brest, ou passe le commandement de la Belle Poule à un lieutenant de vaisseau rochelais de trente-sept ans Jean Isaac Chadeau de la Clocheterie.
Benjamin Franklin, quant à lui, regagne l'Amérique sur "le Sensible" .

C'est le 17 juin 1778 qu'eut lieu l'affrontement entre la frégate française Belle Poule et la frégate anglaise Aréthuse. Ce combat, qui s'est traduit par une incontestable victoire française, s'est déroulé au large des côtes léonardes, face à la baie de Goulven.

La Belle Poule regagne Brest sous gréement de fortune, elle compte plusieurs morts dont son captaine et près de 60 blessés. L'Aréthuse est totalement désemparée. C'est une victoire française Mais Louis XVI qui cherchait un prétexte le trouve , le 10 juillet 1778, il transmet une lettre à l'Amiral de France :

"...L'insulte faite à mon pavillon par une frégate du roi d'Angleterre, envers ma frégate "la Belle Poule", la saisie faite par une escadre anglaise au mépris du droit des gens, de mes frégates "la Licorne" et "la Pallas", et de mon lougre "le Coureur", la saisie en mer et la confiscation de mes navires appartenant à mes sujets....l'insulte faite à mon pavillon m'ont forcé à mettre un terme à la modération que je m'étais proposé....je vous fais donc cette lettre pour dire de prescrire aux capitaines de mes vaisseaux de courre sus aux navires du roi d'Angleterre ainsi qu'aux navires appartenant à ses sujets..."

Ce combat signe donc l'entrée en guerre en la France et l'Angleterre. Mais il est bien évident que Louis XVI s'engage dans la guerre de l'indépendance américaine moins pour soutenir les insurgés que pour combattre l'anglais.
Louis XVI laissera d'ailleurs aux officiers du corps expéditionnaire comme à ses amiraux toutes libertés d'actions concernant le théâtre américain. Ce qui permettra à De Grasse de porter, de son propre chef, sa flotte dans la baie de Chasepeake pour prêter main forte à Rochambeau.
Cette victoire est saluée à la cour, dont les dames portent une coiffure "à la frégate" ou encore "à la Belle Poule".
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Mar 17 Fév 2009 - 18:29

C'est de l'histoire avec un grand H...Sans ironie, juste pour satisfaire une curiosité, sais-tu s'il y aurait un lien, une analogie, avec le fait d'appeler depuis, les femmes du nom de belle poule?
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SAINT ETIENNE Claude




Age : 71 Date d'inscription : 17/11/2008 Nombre de messages : 1231 Localisation : Normandie / CALVADOS/ LECAUDE Emploi/loisirs : Retraité - Cinéma - lecture principalement histoire

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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Mar 17 Fév 2009 - 20:50

Non je ne le sais pas...
Par contre peut être un début de réponse ? qui sait ?

L’origine du nom « Belle Poule » semble remonter au seizième siècle.
En 1533, le roi François Premier visite le sud-ouest du royaume et fait escale à Toulouse .
Il est reçu par le comte de Toulouse, celui-ci est marié à madame Paule de Vignier, baronne de Fonterville.
On dit que cette dame était belle.
En la voyant le roi s’exclama : « ah ! la belle Paule ! » Voilà donc le début supposé de l’histoire de ce
nom étrange.
Cette appellation semble être demeurée dans l’histoire et on raconte que deux siècles encore après le passage de François Premier, le comte de Toulouse surnommait familièrement ses quatre filles « mes chères poules ».
L’une d’elles fréquentait un corsaire bordelais du nom de Kearney. Celui-ci se vit alors affubler du surnom de « belle poule ». Or, c’est à lui qu’il fut décidé de confier un poste d’officier supérieur d’une frégate en cours de construction à Bordeaux.
Un moment avant le lancement du navire, en 1768, le ministre de la Marine aurait proposé au roi Louis XV de nommer le bateau du sobriquet de cet officier. Il faut croire que le roi en accepta l’idée...

Par contre, je n'affirme rien !
Suspect
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Mer 18 Fév 2009 - 7:32

J'ai un lexique sur les expressions et mots remarquables à travers les âges, rien dedans en ce qui concerne "belle poule", merci pour tes explications qui
pourraient devenir réalité
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SAINT ETIENNE Claude




Age : 71 Date d'inscription : 17/11/2008 Nombre de messages : 1231 Localisation : Normandie / CALVADOS/ LECAUDE Emploi/loisirs : Retraité - Cinéma - lecture principalement histoire

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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Mer 18 Fév 2009 - 8:47

bois-un-café study super
Merci pour l'HISTOIRE et les explications .
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PHIPHI80




Age : 56 Date d'inscription : 19/11/2007 Nombre de messages : 1018 Localisation : AMIENS Emploi/loisirs : pêche à la ligne,en mer,apero

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MessageSujet: Les causes, les prémices Ven 20 Fév 2009 - 12:33

Cette déclaration de guerre était inévitable. En effet, depuis la proclamation de l'indépendance, plusieurs français des familles les plus distinguées avaient suivis l'exemple de Lafayette et avaient mis leur épée à disposition des Insurgés.
Le gouvernement Anglais s'en était plaint et, pour se venger, avait commis plusieurs actes d'agression contre la France.
Louis XVI

Vers le milieu de 1777, des bâtiments anglais furent mis en croisière dans le golfe de Gascogne et à l'entrée de la Manche, sous pretexte d'empêcher les convois d'armes et de munitions vers l'Amérique. Ces navires arrêtaient et visitaient les bateaux français qu'ils rencontraient.
En mars 1778, le gouvernement anglais fit saisir tous les navires français qui se trouvaient dans leurs ports.
En représailles, l'embargo fut mis sur tous les navires anglais qui se trouvaient dans les ports français, et des croisières furent organisées afin d'assurer la protection des navires marchands.

Quelques coups de canons avaient été échangés, car les anglais voulaient étendre leur inquisition sur les navires de guerre.
En avril 1777, une frégate anglaise avait tiré quatre coups de canon sur la frégate française "La Tourterelle" dans les parages de Saint Domingue. Au mois de septembre de la même année, c'est la frégate l'Hébé qui, en sortant de Dunkerque, avait essuyé le feu de deux navires anglais. Elle n'a du son salut qu'à sa rapidité.
Ces agressions, décidèrent le roi de France à mettre un terme à ses hésitations, et il conclut un traité d'alliance avec les américains. En riposte, l'Angleterre rappela son ambassadeur.
Le ministre M. Sartine, fit suite au combat de la Belle Poule et de l'Arethuse, et annonça au lieutenant général comte d'Orvilliers sa nomination au commandement en chef de l'armée navale de l'Océan.
Le langage tenu dans cette lettre est totalement différent de celui qu'on tenait aux amiraux français dans le cours de la guerre précédente, car il serait injuste de croire qu'ils aient suivi par goût et par caractère le système craintif et défensif qui prédominait dans la tactique navale. Les gouvernements ayant prescrit à ses amiraux de tenir la mer le plus longtemps possible, sans en venir à des batailels, même à des engagements le plus souvent fort coûteux, et d'où pouvait s'ensuivre la perte de vaisseaux difficiles à remplacer.

Souvent on leur enjoignit, s'ils étaient forcés d'accepter le combat, d'éviter avec grand soin de compromettre le sort de leurs escadres par une action trop décisive.
Ils se croyaient, par conséquent, obligés de battre en retraite dès que l'engagement devenait trop sérieux.
Ils avaient pris la facheuse habitude de céder la zone de combat dès qu'un ennemi même inférieur, le leur disputait avec courage. En bref, ils recevaient le combat plutôt que de le donner.
Avec la venue de Sartine au ministère, ce temps semblait être terminé.
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MessageSujet: 1778 - La chute de Newport - escadre d'Estaing Lun 23 Fév 2009 - 14:39

Le 8 juillet 1778, une escadre vient mouiller à l'entrée de la rivière la Delaware (New Jersey) pour débarquer le chargé d'affaires de la France qui était passager sur le "Languedoc".
Cette escadre qui avait appareillé de toulon le 18 avril pour passer le détroit de Gibraltar le 16 mai, était commandée par l'armiral d'Estaing montant un vaisseau de 90 canons le "Languedoc" commandé par le capitaine de Boulainvilliers.

La flotte française est composée en plus du Languedoc, d'un vaisseau de 80 canons "Le Tonnant",
six vaisseaux de 74 canons: "César" - "zélé" - "Hector" - Guerrier"- "Marseillais" - "Protecteur",
trois vaisseaux de 64 canons "Vaillant" - "Provence" - "Fantasque"
un vaisseau de 50 canons "Sagittaire"
et quatre frégates "Chimère" - "Engageante" - "Aimable" - "Alcmène".

L'escadre remet sous voile le 9 juillet 1778 et vient mouiller devant New York le 11 juillet. L'escadre de l'amiral anglais Howe se trouve dans la rade de New York.

La flotte anglaise est composée de six vaisseaux de 60 canons "Eagle" - "Trident" - "Nonsuch" - "St Albans" - "Sommerset" - "Ardent"
trois vaisseaux de 50 canons "Expérimente" - "Isis" - "Preston"
et deux frégates "Phoenix" - "Roebuck".
Vice-amiral d'Estaing

Le Vice amiral d'Estaing voulut attaquer, mais les pilotes prétextant que les navires français calaient trop d'eau refusèrent de les faire entrer dans la rade.
L'escadre française restera quinze jours au mouillage devant New-York, temps qui fut employé à faire de l'eau et à s'entendre avec le gouvernement des Etats-Unis.
Le vice-amiral d'Estaing mit à la voile et fit route pour New-Port afin de soutenir les américains contre Rhodes Island. Il arrive le 28 juillet en vue de ce port, et sur la demande du général américain, il mouille en dehors du port en attendant l'ordre d'une attaque combinée de la force de terre américaine avec la force navale française. D'Estaing dispose ses navires pour surveiller les trois passages qui mènent à New Port.
Les capitaines des vaisseaux anglais dont on coupait ainsi la retraite réalisèrent qu'ils n'avaient qu'un parti à prendre pour ne pas tomber au pouvoir des français : ils incendièrent ou coulèrent successivement les frégates "Orphoeus" - "Lark" - "Juno" - "Flora" - "Cerberus" et la corvette "Falcon".
Le 8 août, toutes les mesures étaient prises
Pendant que les américains opéraient un débarquement dans la partie Nord de Rhodes Island, 8 vaisseaux français forcèrent l'entrée de la rade de New-Port sous le feu des batteries et allèrent jeter l'ancre dans le fond de la baie de Connecticut, jusqu'à la pointe Sud de Gold Island.



"Le Zélé" venait en tête suivit du "Tonnant", du "Vaillant", "l'Hector", le "Languedoc", le "Marseillais", le "César" et le "Guerrier".
Le Vice amiral Howe, qui avait quitté New-York dès le départ de la flotte française, parût le 9 août devant New-Port.
Son escadre était renforcée d'un 74 canons "Cornwall" , d'un 64 canons "Raisonnable", de deux 50 canons "Centurion" - "Renown", de 7 frégates et plusieurs brûlots (dont je n'ai pas les noms).
Cette arrivée contrariat fortement d'Estaing, car ses vaisseaux au mouillage pouvaient être attaqués de terre comme de mer.
Le 10 août au matin, l'escadre française hisse les voiles, appareille et se dirige vers les passes sous le feu des forts, qui furent tout aussi impuissant à empêcher la sortie française qu'ils l'avaient été lors de son entrée dans la rade.
Howe surpris, fait couper les cables des vaisseaux restés au mouillage et prend le large.
Le 11, sous un temps menaçant, l'escadre française se rapproche des vaisseaux anglais et est prête à les joindre vers 16h00 lorsque le temps se gâte et force les deux escadres à mettre à la cape.
Le 12 vers 15h00, le "César" engage "l'Isis". L'anglais ralentissait son tir, après deux heures de combat, tout laissait à supposer qu'il allait rompre, lorsque la roue du gouvernail du "César" est touchée et démontée. Le "César" ne gouvernant plus "l'Isis s'enfuit". Le captaine de Raymondis commandant du "César", perdit le bras droit dans ce combat.
Pendant ce temps, le "Marseillais", qui avait démâté le beauprés et le l'artimont pendant le coup de vent, achevait son gréement de fortune, lorsqu'il est attaqué par le "Preston" qui prend la fuite après une heure de combat.
De son coté, le "Languedoc", totalement démâté, et gouvernail perdu pendant le coup de vent est attaqué par "le Renown". Bien qu'il ne puisse utiliser que cinq canons, l'anglais abandonne le combat de manière incompréhensible.
Le 14, tous les vaisseaux français, sauf "le César", se trouvèrent ralliés et mouillèrent sur la côte au Sud de Rhodes Island.
Le vice-amiral d'Estaing hisse sa flamme sur "l'Hector".
Le 17 "l'Hector" s'empare de la corvette anglaise "Senegal", le "Vaillant" prend la bombarde "Thunderer", et la frégate "la Gracieuse" capture la corvette "Zephyr".

La ville de New-Port ne pouvait pas subvenir aux besoins de l'escadre française, d'Estaing décide d'appareiller et de faire voiles sur Boston....d'ailleur l'escadre de Byron arrivait. Avec un navire manquant et deux démâtés, il était préférable d'éviter l'engagement.
De leur côté, tous les bâtiments anglais comptaient leurs avaries. Deux d'entre eux le "Russel" et "l'Invincible" furent renvoyés en Angleterre.

Le 4 novembre, les bâtiments réparés, d'Estaing quitte Boston et file vers la Martinique ou il arrive le 9 décembre après avoir essuyé un autre coup de vent.
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MessageSujet: Juillet 1778 - La bataille d'Ouessant - Orvilliers / Keppel Ven 27 Fév 2009 - 14:32

Le 22 juillet 1778, l'escadre de Brest sous les ordres du comte Louis d'Orvilliers appareille.

C'est une force de 32 navires commandés par les meilleurs marins qui prend la mer :
Luc Urbain de Bouexic comte de Guichen à bord du vaisseau de 100 canons le "Ville de Paris"
Du Chaffaud à bord du 80 canons "La Couronne".
La Motte Piquet à bord du 64 canons "Saint Esprit".
De Grasse à bord du 74 canons "Robuste".

Le 27 juillet 1778, à 100 milles marins à l’ouest de l’ile d’Ouessant, la flotte de d'Orvilliers rencontre la flotte anglaise commandée par l'amiral August Keppel, pour un combat "en ligne".
August Keppel

La France est alliée aux jeunes États-Unis et veut affaiblir la puissance maritime et coloniale de l’Angleterre.


Classiquement, les armées navales sont divisées en trois escadres :
- avant-garde
- corps de bataille.
- et arrière-garde .
Chaque navire de chaque escadre porte une couleur spécifique.
Pour les escadres anglaises : dans l’ordre, bleue – blanche – rouge .
Pour les escadres françaises : dans l'ordre blanche et bleue – blanche – bleue pour les Français.
Le chef de chaque escadre est au centre de son unité.
Les ordres sont transmis au moyen de signaux faits par des pavillons, comme les navires sont en ligne de file, une frégate, située sur le côté de la fille , est chargée de répéter tous les signaux faits, et de s'en tenir là, elle n'est pas chargée de participer au combat.

Deux vaisseaux, le Duc-de-Bourgogne et l’Alexandre, se sont égarés et ont regagné Brest. Pour les remplacer dans la ligne, d’Orvilliers a intégré l’Amphion (50canons), et L’Eveillé (64 canons).

Les Français suivent la route nord-ouest, les Anglais à leur droite, marchant à l’ouest, en échiquier.

d’Orvilliers organise son armée de manière très classique.
La première escadre, bleue et blanche, à l’avant-garde, la sienne, la blanche, au centre du dispositif et celle du Duc de Chartres, la bleue, à l’arrière-garde.
Son armée semble mieux rangée que celle des Anglais et manœuvre mieux.

Les anglais se mettent en ligne, cap au sud-est. D’Orvilliers vire en succession pour prendre le même cap.
Quand l’escadre bleue anglaise commence à menacer son arrière-garde, il fait virer vent devant et en même temps ses escadres. De la sorte, l’escadre bleue est maintenant à l’avant-garde.
Les deux flottes se croisent à onze heures, et l’artillerie commence à donner de la voix.



Le vent est fort. La flotte française est au vent de la flotte anglaise, si bien que les sabords des batteries basses françaises, où se trouvent les plus gros canons, ne peuvent être ouverts sans risquer d'embarquer de l'eau et de couler. Les Anglais sont sous le vent de l'escadre française, la gite de leurs navires est du côté opposé au combat, itoutes leurs batteries sont efficaces.
Malgrés cela, l'artillerie française cause de gros dégâts aux mâtures anglaises. (toujours la volonté de tirer à démâter coté français alors que les anglais tirent pour couler le navire ennemi).

A midi trente, l'avant-garde française est au niveau du large vide entre les escadres blanche et escadre rouge anglaises. D'Orvilliers ordonne au Duc de Chartres de changer de cap afin de traverser la ligne anglaise en profitant du vide. Cela permettrait d’isoler l’arrière-garde anglaise ou bien de prendre le centre entre deux feux.
Mais le Duc de Chartres ne réagit pas. Quand il amorce sa manœuvre, il est trop tard, l’occasion est manquée.
Le gros des troupes anglaises rallie ses bateaux isolés.

Keppel signale à son escadre rouge, celle de Palliser, de rallier. Celui-ci ne réagit pas. Il est vrai que son navire, le Formidable, a perdu son petit mât de hune et est quasiment dégréé.
Pour finir, Keppel donnera ses ordre en particulier à chaque navire de l’escadre rouge... omettant le Formidable (Keppel et Palliser ne s'aiment pas !) .

Les français affirment que dans la nuit, la flotte anglaise quitte la zone de combat.
Les anglais prétendent n'avoir quitté la zone qu'au matin après s'être assuré que les français ne voulaient pas reprendre le combat....
Les deux camps estiment avoir gagné puis font route vers leur base respectives.

Les Français regagnent Brest, comptant 163 morts, 517 blessés et plusieurs bâtiments endommagés.

Il faudrait déclarer le match nul ! mais devant le chauvinisme des uns et l'interprétation du fair play par les autres : chacun se dit vainqueur...


Après le combat :
Coté anglais :
Bien que clamant victoire, la polémique s'emplifie rapidement.
Keppel et Palliser sont tous deux membres du Parlement, mais dans des partis opposés. Les reproches que s’adressent mutuellement les deux amiraux se transforment en combat politique.

Keppel traduit en cour martiale sous cinq chefs d’accusation, sera acquitté, la cour les jugeant « malintentionnés et non fondés » .
Pour sa défense, Keppel disait que l'état dans lequel se trouvait ses vaisseaux ne lui avait pas laissé le choix de ce qu'il était convenable de faire. Cet aveu lui fut en quelque sorte arraché par la nécessité dans laquelle il se traouva de se disculper d'avoir présenté la poupe aux vaisseaux français, manoeuvre qui, disait-il dans sa défense, pouvait avoir l'apparence d'une fuite.
Palliser se retrouve en position d’accusé. Il sera aussi acquitté, la cour ne trouvant blâmable que d’avoir omis d’informer l’amiral de l’état de son gréement, lorsque le commandant en chef de l'armée anglaise lui avait fait le signal de prendre les amures à babord.
Le capitaine Brereton commandant le Duke fut déclaré incapable de commander et indigne de servir. Le Duke qu'il commandait n'avait pas participé au combat.

Keppel prendra sa retraite l’année suivante, se consacrant à sa carrière politique.

Coté français :
L’affaire du Duc de Chartres : La lenteur de réaction du commandant de l’escadre blanche et bleue est présentée comme étant la cause de cette victoire incomplète.
Il était tentant de mettre en cause un prince du sang. Mais celui ci n'en était pas à sa première bévue maritime, malgré lesquelles son ascension rapide, et ses visées sur la charge de Grand Amiral, suscitaient une animosité à son encontre.
Philippe Egalité


On trouve deux avis sur cette affaire :
La première lui impute la faute, considérant son peu d’expérience.
La seconde reporte la faute sur son entourage qui ne voulait pas exposer la vie du prince dans un combat rapproché. Il faut noter que le duc était assisté par le comte de la Motte-Picquet de la Vinoyère, officier à la valeur reconnue. Si l’on peut imaginer que le duc ait mal compris les signaux, il est plus difficile de croire que cela aurait échappé à La Motte-Picquet.
Il serait intéressant de savoir ce qu'en a dit La Motte Piquet.
Le chef d'escadre de Rochechouart qui montait le vaisseau "Duc de Bourgogne" commandé par le capitaine de Charitte, et le capitaine de vaisseau Trémignon, furent appelés à se justifier devant le conseil de guerre de la séparation de ce vaisseau et de l'Alexandre. Le premier fut déclaré non coupable; l'autre reçu une admonestation.
Le capitaine Trobriand fut remplacé dans le commandement de l'Amphion.

Le Duc de Chartres, lassé de la guerre maritime, décidera d’abandonner le service de la mer.
Il sera nommé Colonel-Général des Hussards, il votera la mort de Louis XVI, d'où son nom de "Philippe Egalité" mais là nous ne sommes plus dans le domaine maritime...
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MessageSujet: La croisière de 1779 - Orvilliers Lun 2 Mar 2009 - 19:04

Craignant la supériorité navale de l'Angleterre, la France et l'Espagne, conformément au "Pacte de famille" de 1761, unissent leurs forces navales.
Charles III, peu enclin à aider les insurgés Américains à se mutiner contre la couronne d'Angleterre, déclare malgrés tout la guerre le 16 juin 1779, avec le but de récupérer Gibraltar et l'île de Minorque.
Ces deux forces navales unies doivent donner la maîtrise de la Manche et permettre un débarquement en Angleterre.
En France, on veut faire vite. La réunion des flottes est souhaitée pour juin au large d'Ouessant.
De leur côté, les espagnols refusent de à joindre Ouessant, craignant l'exposition de leurs navires partant de Cadix aux attaques anglaises.
Les discussions s'éternisent. La jonction des deux flottes se fera au large des îles Sisargas proches du littoral espagnol à l'Ouest Sud Ouest de la Corogne.

La flotte espagnole est placée sous les ordres de l'amiral Luis Cordoba Y Cordoba , agé de 73 ans, dont le caractère pussilanime est bien connu. Les officiers français qui seront placés sous ses ordres par les politiques, seront unanimes pour relever son incapacité aggravée de son inertie.
D'Orvilliers commande la flotte combinée. Mais (car il y a un mais qui s'avérera pénible !) il doit s'accorder avec L'amiral espagnol, dont la lourdeur protocolaire s'ajoute à la lourdeur des vaisseaux espagnols.
Pour ménager la fierté du vieil amiral, on lui confie une force de 16 navires de lignes. Cette force forme une escadre d'évolution qui servira aussi de réserve.
Le reste de la flotte, aux ordre don Miguel Gaston, est jointe à la force française, formant ainsi la flotte combinée de 45 vaisseaux.
L'avant garde est commandée par Guichen à bord du "Ville de Paris". D'Orvilliers, à bord de "La Bretagne" commande le corps de bataille.
Ville de Paris

L'arrière garde est aux ordre de don Gaston à bord du Rayo.
Afin de respecter les accords diplomatiques, les vaisseaux des deux nations sont mélés. Du fait de la lourdeur des vaisseaux espagnols, ce détail diplomatique génera fortement la force combinée. Ce détail là n'était pas, lui non plus, dans les prévisions de d'Orvilliers.
D'orvilliers

Le programme accuse un sérieux retard par rapport aux premiers objectifs (jonction en juin devant Ouessan) : le 29 mai les instructions précisent de quitter Brest dès que les vaisseaux seront prêts, mais de prévoir un appareillage le 4 juin au plus tard, quelque soit l'état de préparation des navires. Et éviter le combat avec une force anglaise, sauf si celle-ci est nettement inférieure en nombre. Et enfin ne livrer bataille qu'après la jonction de la force combinée.
Prendre la mer est le seul moyen d'éviter un risque de blocus anglais.
Le 3 juin 1779, l'escadre appareille, et mouille dans l'anse de Bertheaume pour y attendre les vaisseaux retardataires.
Le lendemain, c'est une flotte de 28 vaisseaux de ligne, 9 frégates 7 corvettes, lougres, cutters qui met à la voile, débouche en soirée dans la mer d'Iroise et prend le cap sur les îles Sisargas situées aux Nord Ouest des cotes espagnoles. Après une traversée calme, la flotte française arrive en vue des îles le 14 juin.

La flotte française attend les espagnols....Elle se met à la cape, se laisse dériver par temps calme et revient ensuite en vue des côtes...sans mouiller.
Pendant ce temps, à la Corogne, la division de M. d'Arce attend des vents favorables... et demande que l'escadre française vienne l'attendre à la sortie du port.
cap Ortegal

Rester en vue des côtes sans pouvoir débarquer est néfaste au moral des équipages. Les chaloupes des navires français vont rendre compte quotidiennement à l'amiral du moral de chaque bord.
D'Orvilliers rend comte au ministre et commente la lenteur des espagnols.
Le 23 juin, "La Couronne" compte une quarantaine de malades, les équipages des autres navires semblent rester en bonne santé.

Le 4 juillet, M. d'Arce sort de la Corogne avec 7 vaisseaux et 2 frégates. A bord du "San Vincente" il vient saluer "La Bretagne". Le mauvais s'est levé, il ne permet pas à l'officier de pavillons d'embarquer à bord du "san Vincente" pour s'assurer que les codes nécessaires sont bien en possession des espagnols et transmettre les instructions du général.
chemin face au cap Finistere

Sur les bateaux français la maladie prend de l'ampleur : fièvres putrides, petite vérole.
"La Couronne" et le "St Esprit" relachent à la Corogne pour débarquer leurs malades. Le nombre de malade est tel qu'une partie est transférée au Ferrol.
Le 11 juillet, "La Bretagne" compte 51 malades et 3 morts.
Le 19 juillet la frégate "La Diane" transfert vers les hôpitaux espagnols 13 malades de "La Bretagne" et 21 du "Ville de Paris".
L'armée ne cesse de se plaindre, et s'impatiente d'attendre les espagnols qui sont toujours absents sur l'horizon.
Les vaisseaux naviguent de conserve entre le cap Ortegal et le cap Finisterre.

Les navires français sont envoyés à tour de rôle à l'entrée du port pour compléter les provisions. Est ce suffisant ? car conformément au traité de base, les navires français n'ont embarqué qu'une provision de 3 mois d'eau douce, or ces navires tiennent la mer depuis près de deux mois.
cap Finisterre


La flotte espagnole venant de Cadix est annoncée le 22 juillet.
"La Bretagne" envoie les frégates chasser pour joindre la flotte espagnole et la faire rallier.
Le lendemain midi, vingt voiles sont en vue.
Le général espagnol envoie le "San Damas" rendre les honneurs au "La Bretagne" un canot du navire espagnol aborde "La Bretagne". A bord de ce canot se trouvent le capitaine en second de "La Santissima Trinidad" et le major de la division de Don Gaston.
Après les salutations d'usage, les premières relations avec l'amiral espagnol commence par la visite de son énorme navire qu'effectue le Chevalier du Pavillon, chef d'état major de d'Orvilliers. Il constate que contrairement aux accords, les codes de pavillons n'ont pas été imprimés en Espagne. D'Orvilliers adresse un courrier pour prévenir le ministre M. Sartine :"J'ai été surpris lorsque j'ai appris que les signaux de l'armée n'avaient pas été imprimés en Espagne, Monsieur de Mazarredo avait été obligé de les copier à la main depuis son départ de Cadix". Le nombre d'exemplaires étant insuffisant, les officiers de "La Bretagne" recopient d'autres exemplaires, et le 28 juillet du Pavillon remet à Cordoba 10 exemplaires de la "Tactique navale française" et 18 tableaux des mouvements et signaux généraux. L'imprimerie installée à bord de "La Bretagne" fait ce qu'elle peut, mais n'a pas l'efficacité d'une imprimerie installée à terre. Elle parvient néamoins à fournir en quelques jours tous les codes de signaux nécessaires (en espagnol).
M. A. Sartine

Des exercices commencent, les officiers espagnols semblent rencontrer des difficultés pour assimiler les codes français, les fausses manoeuvres sont monaie courante.
Enfin, la flotte française se range en ordre de bataille, tout en laissant la place nécessaire pour que les vingt navires espagnols puissent occuper les places qui leurs sont appostiller.
Don Gaston à bord du "Rayo" passe devant "La Bretagne" qu'il salue au passage pour rejoindre sa place au commandement de la troisième escadre.
Lors de cette mise en ordre de bataille, le chevalier de Viella rédige un mémoire à propos des navires espagnols :
"parurent ce qu'ils étaient, plus grands que les nôtres, mais mal peints, mal tenus et sales, n'ayant que du 24 à la première batterie".
Il décrit la "Santissima Trinidad" ainsi :
"Un vaisseau monstrueux et d'une construction horrible, gouvernant à peine, dérivant comme la fumée et par cela même extrêmement difficile à manoeuvrer et dangereux à approcher; il était construit en bois de cèdre et je me souviens que les bordages de son gaillard d'arrière étaient si larges que dix seulement en occupait l'espace. Il avait à sa batterie les mêmes canons de 36 qui avaient appartenus au "Royal Philippe" commandé par l'Amiral Navarro en 1744 au combat de Toulon. La Trinidad n'avait qu'une galerie et sa poulaire surmontée d'un lion monstrueux traînait pour ainsi dire sur l'eau."

La flotte combinée ainsi réunie et en formation compte et dispose les navires ainsi (je vous fait grace du nom des bâtiments et de celui de leurs commandants) :
Aux ordre de d'Orvilliers :
Escadre blanche et bleue
1ere division
1 de 80 canons - 1 de 74 canons - 2 de 70 canons - 1 de 64 canons - 1 frégate
2ème division
1 de 100 canons - 1 de 74 canons - 2 de 70 canons - 1 de 64 canons - 1 frégate - 2 petits bâtiments (goelette et pilote)
3ème division
2 de 74 canons - 2 de 70 canons - 1 de 64 canons - 1 frégate

Escadre blanche
4ème division
1 de 80 canons - 3 de 74 canons - 1 de 70 canons - 1 frégate
5ème division
1 de 110 canons - 2 de 78 canons - 1 de 74 canons - 1 de 70 canons - 3 frégates - 3 petits bâtiments
6ème division
2 de 74 canons - 2 de 70 canons - 1 de 64 canons - 1 frégate

Escadre bleue
7ème division
1 de 80 canons - 2 de 74 canons - 1 de 70 canons - 1 de 64 canons - 1 frégate
8ème division
1 de 80 canons - 1 de 74 canons - 1 de 70 canons - 2 de 64 canons - 2 frégates
9ème division
1 de 80 canons - 1 de 74 canons - 1 de 70 canons - 2 de 64 canons - 1 frégate

Escadre légère :
1 de 80 canons - 1 de 62 canons - 1 de 60 canons - 1 de 54 canons - 1 frégate

En logisitique :
2 galiotes à bombes - 4 brûlots - 2 flûtes - 1 navire hôpital.

Sous les ordres de Don Luis de Cordoba
Escadre d'évolution (dite aussi d'observation)
1 de 114 canons - 1 de 80 canons - 12 de 70 canons - 1 de 64 canons - 1 de 60 canons - 2 frégates.

"M. de la Touche Tréville, commandant de l'escadre légère marchera dans l'ordre de l'échiquier sur la ligne opposée à l'ordre de bataille de la grande armée en observant de la tenir au vent autant que la circonstance le permettra et ayant pour point de relèvement le vaisseau "Le Pluton" placé à l'extrémité de la ligne de bataille". (Le Pluton est de la 1ère division).
Latouche Tréville

"Son excellence M. de Cordoba commandant de l'escdre espagnole, a dit que son intention était de marcher en échiquier sur la ligne opposée à l'ordre de bataille de la grande armée, au vent de celle-ci en observant de prendre le vaisseau le Citoyen placé à l'extrémité de la ligne pour point de relèvement." (Le Citoyen est de la 9ème division).

Cet ensemble formé d'une centaine de bâtiment de toutes dimensions qu'il est bien difficile à faire manoeuvrer en ordre.
Aux difficultés dues à la variété des bâtiments s'ajoute les antinomies de caractères et aussi les usages différents des deux marines. Par exemple : l'escadre légère commandée par Latouche Tréville prend le bâtiment de tête en point de référence, alors que l'escadre commandée par Cordoba prend le bâtiment situé en serre-file.

vaisseau de 74 canons sous voiles et bonnettes (dessin de M. Pétard vaisseaux de 74 canons de J. Boudriot)


Après trois jours d'entrainement, la flotte combinée fait voile sur Ouessant.
D'0rvilliers, reste bon diplomate aux exigences de Don Cordeba commes devant les mauvaises manoeuvres et incompréhension des signaux de la part des navires espagnols.
Le vent qui était favorable à la route, tourne au nord, il faut alors tirer des bords.
Le lieutenant de vaisseau d'Orvilliers, fils unique de l'amiral "est atteint d'une fièvre affreuse et nerveuse" (dixit le chevalier du Pavillon). Il meurt, dans les bras de son père, le 2 août après une agonie de trois jours. L'amiral d'Orvilliers ne le pardonnera pas au médecin M. Lucadou. Il écrit dans une lettre adressée à M. Sartine : "...Le seigneur m'a ôté tout ce que j'avais dans le monde, mais il m'a laissé la force de terminer cette campagne..."
Le 6 août la force combinée est à 10 lieues d'Ouessant.
L'eau manque cruellement.
Le vent Nord Nord-Ouest à Nord est défavorable.
Le nombre de malades augmente terriblement.
Il devient urgent de réapprovisionner. Les vaisseaux espagnols retardent considérablement l'avance de la flotte. Du fait de leur mauvaise manoeuvrabilité, ils ne veulent pas se rapprocher par crainte de s'aborder.
Les pilotes promis ne se présentent pas.
Le 15 août, la flotte passe devant le cap Lizard, et mouille devant Plimouth le 16 août.
Le Cap Lizard

La situation sanitaire est désespérante, d'Orvilliers songe à renvoyer plusieurs vaisseaux à Brest (La Bourgogne, la Victoire, le Destin et l'Actif).
Le 17 août, quatre frégates (la Junon, la gentille, la Gloire et la Bellone) prennent un 64 canons anglais (l'Ardent) .
Un violent vent d'Est chasse la flotte de la Manche.

Le nombre de malades s'aggrave de manière alarmante. Le 25 août, d'Orvilliers convoque en conseil de guerre tous les officiers généraux français et espagnols.
Chevalier de Ternay

Le conseil décida à l’unanimité que dans un tel état de faits :
- Il serait imprudent de s’engager dans la Manche.
- Qu’il fallait aller chercher les anglais aux Sorlingues ou les y attendre.
- Que l’on abandonnerait la croisière le 8 septembre, et que, conformément aux ordres que l’amiral espagnol avait reçus de son gouvernement, les deux armées se sépareraient dès qu’elles pourraient le faire sans inconvénients.
.../...


Dernière édition par gégé le Lun 2 Mar 2009 - 19:07, édité 1 fois
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MessageSujet: La croisière de 1779 - Orvilliers (suite) Lun 2 Mar 2009 - 19:06

.../...

A Brest, pendant ce temps, on s'active pour ravitailler la flotte. Un convoi a déjà pris la mer le 16 août sous la protection de la frégate "L'Inconstante" et du cutter "Le Pilote" pour acheminer du bois, des boeufs de la volaille et de l'oseille afin de combattre le scorbut. On charge tous les bateaux possibles, y compris "Le Petit Hollandais" qui jauge 10 tonneaux.

Le 31 août, la flotte est à 5 lieues au Sud Ouest des Sorlingues, la flotte anglaise est signalée à l'Est.
D'Orvilliers ordonne la chasse.
Les consignes anglaises sont d'éviter le combat, mais de maintenir la flotte anglaise entre la flotte combinée et les côtes anglaises.
Les anglais refuse le combat, et mettent "tout dessus", les bonnettes sont en place, y compris sur les trois ponts ou elles ont été "bricolées" en les fixant avec des pattes de boulines, les voiles tape culs sont en place, tout ce qui peut faire voile est hissé.
A l'aube du 1er septembre, les mâts anglais ne sont visibles que pour les vigies de hunes.
D'Orvilliers décide de filer sur le cap Lizard puis de rejoindre Ouessant. Plusieurs navire quittent la flotte et rejoingnent Brest. Le Triton qui n'a plus de vivres fait partie de ceux là.

L'Auguste compte 350 malades, les frégates ont été contraintes de fournir 400 hommes au Ville de Paris pour remplacer ceux qui sont incapables de travailler.

Le 11 septembre, "La Bretagne" mouille dans l'Iroise. Le 14 d'Orvilliers laisse la Santissima Trinidad entrer en tête en rade de Brest. Puis toute la flotte entre en rade.
Les navires français se mettent au mouillage depuis l'entrée de la Penfeld jusqu'à la pointe du Portzic, les espagnols sont à l'ancre à l'abri de la presqu'île de Quelen.

Les malades sont débarqués, les mouvements de chaloupes sont incessants. Les hôpitaux Brestois accueillent plus de 4000 malades.

Le 21 d'Orvilliers, déçu et accablé donne sa démission. Il remet le commandement de la flotte à Guichen, et celui de l'armée à du Chaffault. Il embarque sur la frégate "La Médé" pour Rocheford ou il veut se retirer.

Guichen


Les officiers de marine français n’acceptent pas le départ de d’Orvilliers. Ils pensent à juste titre qu’on lui fait porter la responsabilité de l’échec de cette campagne pour laquelle les hommes politiques n’avaient jamais pris réellement de décision, ni donné à l’armée les moyens nécessaires.

Chevalier du Pavillon

Le chevalier du Pavillon adresse un courrier au ministre qui résume cet état d’esprit :
« Vous m’avez demandé mon sentiment, Monseigneur , sur tous ces objet ; je vous les donne sans détour et avec la même franchise, j’ai l’honneur de vous assurer que jamais le tableau de ce qui arrive à M. d’Orvilliers ne s’effacera de ma mémoire. Je tâcherai d’en faire mon profit pour être plus sage et moins ambitieux car je ne pense pas que l’on puisse montrer plus de force d’âme et de zèle pour le service du roi que ce digne général en a montré depuis la mort de son fils. J’ajouterai à tout ceci d’après vous même, Monseigneur, que M. d’Orvilliers ne peut être remplacé dans ce moment ni pour la guerre ni pour le cabinet. Comment donc est-il possible que de simples propos de quelques individus méprisables puissent nuire à un pareil homme ? »

Le journal de bord de « La Bretagne » indique que pendant ces trois mois de campagne elle a parcouru 2606 miles…inutilement…


Le 9 novembre, Cordoba quitte Brest avec 15 vaisseaux espagnols et deux frégates, laissant au lieutenant général Gaston le commandement du reste de l’armée espagnole.

Le capitaine Troude a fait le récit de cette campagne il le conclut ainsi :
"Avant de terminer la relation de cette malheureuse et dispendieuse campagne à laquelle le défaut d’entente, l’imprévoyance et une mauvaise organisation donnèrent un issue si déplorable, je dirai que le lieutenant général d’Orvilliers ne put supporter les reproches qui lui furent adressés dans cette circonstance, et qu’à son arrivée en France il quitta le service. Ces reproches portaient principalement sur ce que l’armée combinée n’avait pas intercepté le convoi anglais des Antilles qui était arrivé en Angleterre le 8 août."
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MessageSujet: 1779 - Prise de l'île de la Grenade - d'Estaing - Dim 8 Mar 2009 - 10:12

Prise de l'île de la Grenade - 1779 - d'Estaing -

Le 19 février, le chef d’escadre, comte de Grasse arrive à la Martinique avec 2 vaisseaux de 74 canons « Le Robuste » et « Le Magnifique » un vaisseau de 70 canons « Le Dauphin Royal» et un vaisseau de 64 canons « Le Vengeur », un vaisseau de 50 canons « le Fier-Rodrigue », la corvette « La Favorite » et le cotre « l’Alerte ».
Le 19 avril, le chef d’escadre Marquis de Vaudreuil avec les vaisseaux « Le Fendant » et « Le Sphinx ».
Le 27 juin, le chef d’escadre Lamotte Picquet arrive lui aussi à la Martinique avec eux vaisseaux de 74 canon «Le Diadème» et « l’Annibal », deux vaisseaux de 64 canons « Le Réfléchi » et « l’Artésien » et enfin deux vaisseaux de 50 canons « l’Amphion » et « Le Fier ».
L’armée navale de Martique sous les ordre du vice-amiral d’Estaing est maintenant forte de 25 vaisseaux. Elle appareille de Fort Royal le 30 juin et fait voile sur l’île de Grenade anglaise depuis 1763.
Le 2 juillet, l’escadre mouille dans l’anse Molinier hors de portée de canon des batteries de la côte. Quelques vaisseaux procèdent à une manoeuvre de diversion sur un point peu éloigné de la côte permet de débarquer discrètement les 1400 hommes.
Cette troupe se met aussitôt en marche vers le morne l’Hôpital où les anglais se sont fortifiés. Les troupes anglaises 1000 hommes et de nombreuses milices sont sous les ordres du général Macartney.
Les français montent à l'assaut en trois colonnes, la première est menée par d'Estaing, la seconde par le vicomte de Noailles et la troisième par Edouard Dillon. D'Estaing et Dillon seront blessés pendant le combat. Le combat est rude mais les français prennent le retranchement, le morne et la ville.
L’affaire est faite dans la nuit du 4 juillet : le gouverneur anglais se rend.
Les français ont pris 100 canons, 30 navires de commerce et fait 700 prisonniers.

Commentaires de la gravure : M. le comte d'Estaing à l'attaque de la Grenade embrasse et fait officier le brave
Ouradour, grenadier du régiment de Rouergue qui venait de sauver sous ses yeux la vie de M. de Vence.


Retenu par le mauvais temps sur la côte américaine, le vice-amiral anglais Byron n’était arrivé à Sainte Lucie que le 6 janvier. Il avait repris la mer le 10 janvier pour se porter en avant d’un convoi venant d’Europe sous les ordres du commodore sir Josuah Rowley.
Lorsque le convoi fut arrivé, le commodore reçu l’ordre d’aller croiser au vent de la Martinique avec 8 vaisseaux pour empêcher les divisions venant de France de se joindre aux force du vice-amiral d’Estaing.
Comme il était trop tard, le commodore fut vite rappelé. De plus la nouvelle de la prise de Saint Vincent motiva le ralliement de tous les vaisseaux.
Le vice-amiral Byron fit embarquer des troupes pour aller reprendre possession de l’ïle Saint Vincent, mais ayant entre temps appris la sortie de l’armée française sur Grenade, il renonce à son premier projet. Le 3 juillet il appareille avec 21 vaisseaux et fait voile sur Grenade.
Le 6 juillet, l’armée anglaise est en vue de la pointe Nord de l’île.

D’Estaing fait aussitôt appareiller son armée et la range en bataille, tribord amures sans tenir compte des postes.
Le vent Est Nord-Est étant très faible, la manœuvre est laborieuse.
Le vice-amiral Byron voulant profiter de sa position au vent et des difficultés rencontrées par la flotte française, envoie un signal de chasse sans ordre, et de serrer l’ennemi au feu.
A ce moment, la flotte anglaise est au largue bâbord amure ; les quatre vaisseaux porteurs de troupes et qui étaient affectés à la garde des navires se portent eux aussi en chasse.
La côte, depuis la pointe Nord de l’île jusqu’à Kingstown, court à peu près Nord et Sud ; les vents étant Est Nord-Est soufflent donc presque à la perpendiculaire de la côte, les vaisseaux venant du Nord et filant vers le Sud en suivant la côte se souventent légèrement, c’est ce qui arrive et ralenti les navires anglais.
De leur côté, les marins français s’activent tant à la manœuvre qu’ils sont prêts au combat lorsque les anglais sont à portée de canon, le combat s’engage à 07h30. Les navires anglais les plus rapides s’approchent des navires français qui terminent de se mettre en ligne, et reçoivent le feu de l’avant garde française. Tout d’abord le « Prince of Wales », suivit du « Cornwall » puis du « Lion » et enfin le « Monmouth », ces quatre navires sont très maltraités, car la manœuvre anglaise à permis aux navires français de conjuguer leur tir et d’envoyer leurs salves successivement sur chacun des vaisseaux anglais avant que ceux-ci puissent riposter.
De son côté, le vice-amiral Byron ignorait la prise de Kingstown et gouvernait en toute confiance sur la baie de St Georges située au sud de l’île. Et les forts sur lesquels flottait le drapeau français ne tardèrent pas à le canonner.
Byron fit aussitôt serrer le vent tribord amures à toute sa flotte. Le combat devint général, bien que plusieurs bâtiments français soient souventés et ne participent que peu à la mélée.
La Motte Picquet


Au milieu de la matinée, d’Estaing donne ordre à tous ses navires de rallier et de se mettre en ligne.
Côté anglais, Le « Cornwall », le « Monmouth » et le « Lion » sont dans un tel état qu’ils ne peuvent plus se tenir en ligne. Le « Lion » n’a plus de grand mât de hune ni de mât de perroquet de fougue, fait route à l’Ouest.
14h15, la flotte française vire vent debout, cette manœuvre compremet les 3 vaisseaux anglais souventés, Byron imite la manœuvre, le « Lion » qui fait toujours de l’Ouest est totalement séparé de la flotte anglaise. D’Estaing le laisse partir sans le poursuivre, il ne s’occupe pas non plus du « Cornwall » ni du « Monmouth ». D’Estaing retourne au mouillage, et la flotte anglaise met le cap sur St Christophe.
Le vice-amiral d’Estaing quitta le mouillage de la Grenade après s’être assuré que l’armée anglaise était encore à Saint Christophe, il rallia tous les navires de commerce qui devaient effectuer leur retour en Europe et fit route pour Saint Domingue ; le 15 août il mouilla au Cap Français.
de Grasse


Le vice-amiral Byron indique dans son rapport, qu’il était possible au vice-amiral d’Estaing de lui prendre plusieurs navires. Mais le but principal de d’Estaing était de prendre lîle de Grenade. Or, pour s’emparer des vaisseaux souventés, il fallait diviser la flotte française, s’éloigner et risquer un second combat qui pouvait compromettre le succès de l’expédition, et il laissa l’armée anglaise s’éloigner et retourner prendre son mouillage quoique les vaisseaux français n’aient que peu d’avaries.

Le manque d’audace de d’Estaing laissa échapper l’occasion de remporter une nette victoire navale, au profit d’un choix géographique d’un intérêt discutable. Afin d'éviter les reproches, d'Estaing adresse une lettre au ministre M. Sartine ou il s'excuse :
"On vous écrira que, si j'avais fait virer vent devant par la contremarche, lorsque l'armée anglaise a eu dépassé celle du roi, l'armée anglaise eût été coupée. Je pense le contraire. Si je l'avais fait, notre ligne informe aurait été coupée, beaucoup de nos vaisseaux étant trop souus le vent. Un grand mouvement, une évolution lente et dangereuse, exigent au moins qu'on soit en ordre avant de les hasarder. Jq'aurais tout risqué et je n'aurais rien gagné. Mais ce qui tranche le point de difficulté, c'est que M. de La Motte-Picquet et plusieurs autres vaisseaux, pleins d'ardeur ett de zèle, n'ont pu virer que deux heures après que j'ai eu fait le signal, tant ils étaient dégréés."
(j'ai tendance à appeler cela "agraver son cas par une défense maladroite")
Suffren écrira :
"Le général, s'est conduit par terre et par mer avec beaucoup de v aleur. La victoire ne peut lui être disputée; mais, s'il avait été aussi marin que brave, nous n'aurions pas laissé échapper quatre vaisseaux démâtés." (lettre du 10/07/1779)

Qui est cet amiral d'Estaing ?
Il commence sa carrière militaire dans l'armée, il sert en Inde avec le grade de brigadier, il participe au siège de Madras ou il est fait prisonnier par les anglais. Relaché sur parole, il prend la mer avec deux vaisseaux de la compagnie des Indes. Il détruit diverses installation anglaise dans le golfe de Perse et dans l'île de la Sonde. Il est à nouveau fait prisonnier par les anglais qui le considère et le traite comme un pirate. Il est jeté en prison dans la tour de Londres. Les instances du dauphin le sauve de la peine capitale à laquelle il est condamné. Rentré en France il a 34 ans le roi lui donne le grade de lieutenant général alors qu'aucun fait ne justifie cette rapide promotion...
Tous ces faits divers lui valent beaucoup d'inimitiés qui ne lui facilitent pas la tâche lorsqu'en 1778 on lui confie une escadre pour venir en aide aux insurgés américains. En effet, d'Estaing n'avait aucune expérience navale et n'avait jamais participé à un combat entre navires. "Tout au long de la guerre il ne cessa d'étaler son incomptétence, ses maladresses et sa démagogie." (Témoignage du marquis de Bouillé. Arch. Nat. colonies)



Malgré tout, ce combat connu un grand retentissement dans l'opinion publique. Elle donne naissance par homonymie au chapeau à la grenade garnit de fruits du même nom (décidément la marine est influente sur la mode des chapeaux !) "La galerie modes et costumes français" s'est chargée de participer à ce vaste mouvement d'enthousiasme.

Voici ce que j’ai relevé dans le bulletin de la société académique de Brest, je m’en voudrais de ne pas vous en faire profiter !

Ce combat fut l’objet d’une chanson populaire bretonne. Sous forme d’un dialogue en Byron et d’Estaing, elle présente Byron comme un agresseur, mais que bien vite fatigué de la danse il court se réfugier à St Christophe « pour changer de chemise » :
Byron effrayé et n’en pouvant plus
Courut au plus vite changer de chemise :
Il court prestement à St Christophe
Se plaindre de la danse


En breton ça rime :

Biron trubuillet ha skuiz
Da zench roched a red tiz;
Da zant Khisto ez a buen
Da glemm enz ann abaden


D’après ces relations, il paraît que la partie fut chaude et vive ; les anglais fort maltraités ne perdirent pas moins de cinq à six vaisseaux brûlés, pris ou coulés bas. La Grenade fut le prix du triomphe de nos armes, et Byron blessé grièvement dit en s’en allant :
Adieu, belle Grenade !
Adieu, charmante fleur !
Je me vois bien malade
Puisqu’il faut que je meure
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MessageSujet: 6 octobre 1779 - Combat de la Surveillante et du Québec Ven 13 Mar 2009 - 16:17

1779 - 6 octobre - Combat de la Surveillante (Le Couédic) avec le Québec.

On sait quel enthousiasme excita en France la guerre d'Amérique.
Le premier combat fut livré le 6 octobre 1779, à la hauteur de l'Île d'Ouessant, entre la Frégate française, "La Surveillante" Capitaine du Couédic de Kergoaler, accompagnée du cotre de 10 canons "L'Expédition" commandé par le capitaine Vicomte de Roquefeuil, et la frégate anglaise, Le Québec, Capitaine Georges Farmer accompagné du cutter de 10 canons "Rambler".
Ce combat dura quatre heures et demie.



Le temps est calme mais froid en ce matin d'octobre . C'est avec une brise d'Est Nord Est que la frégate "La Surveillante" et "L'Expédition" filent tribord amures avec deux voiles d'avant, perroquets, huniers et la brigantine.

Les vigies de "la Surveillante" signalent deux voiles au Nord, il s'agit de la frégate "Le Québec" et du cutter "Rambler".
Ils sont au vent, courant largue.
En vue des français, ils serrent au vent babord amures et diminuent la voilure.

Voyant cette manoeuvre, "La Surveillante" vire de bord et se met sous les huniers, elle est maintenant prête au combat.

Les frégates plus rapides que leurs accompagnateurs sont rapidement à portée de canon. "La Surveillante" lache une bordée de canons. Sans répondre, "Le Québec" loffe du même bord que "La Surveillante" et poursuit son avance, c'est à demi portée de canon qu'il lache sa bordée. "La Surveillante" accuse le coup et répond par une volée de mitraille de mousquets.
Les deux frégates vont se foudroyer à porter de mousquets pendant une heure.
"Le Québec" veut se laisser dépasser par "La Surveillante" et espère lui balayer le pont d'une bordée de canons dans le sens de la longueur. Mais Couédic manoeuvre son navire sur l'avant du Québec comme pour le couper en deux.
Le gréement et la voilure des deux frégates était si haché que le combat se poursuivit au grand largue tribord armures.
La drisse du pavillon français est coupée par la mitraille, le pavillon s'affale, des cris de triomphe montent du Québec, croyant à la reddition du navire français. Mais un pilote de la Surveillante grimpe dans les haubans et maintient le pavillon au dessus de sa tête, miraculeusement, il sortira indemne de cette dangereuse position.
C'est alors que la mâture de la Surveillante s'écroule sur tribord, côté opposé aux anglais Seul le beauprès reste en place.
L'artillerie française continue ses bordées, pendant que sur le pont, les marins rejette la mâture et les haubans à la mer.
A ce moment du combat, le commandant Ducouédic avait déjà reçu deux balles dans la tête.
A son tour, la mâture du navire anglais connait le même sort que celle de la Surveillante. Les mâts, les vergues et les haubans s'écroulent sur le pont du Québec, masquant les sabords, empêchant les cannoniers anglais de poursuivre leur travail, et liant les deux navires.
A ce moment Ducouédic reçoit une balle dans le bas ventre. Malgré ses blessures, le commandant Ducouédic restera sur le pont jusqu'à la fin du combat.



Farmer décide un abordage par l'avant. C'est à ce moment qu'une voie d'eau est signalée sur la Surveillante, et qu'une épaisse fumée se dégage par les écoutilles et les sabords du Québec.
Les anglais se jettent à l'eau, le canot anglais coule sous la surcharge des naufragés qui veulent s'y hisser.
Pendant ce temps, "L'Expédition" et le "Rambler" qui se canonnnaient mutuellement, voyant le feu à bord du Québec cessent leur combat et filent sur les lieux pour recueillir les marins à l'eau.

"La Surveillante" et le "Québec" sont bord à bord, liés par les cordages. "Le Québec" est en feu.
Couédic décide de faire manoeuvrer "La Surveillante" à l'aide des rames de galère.
Avant que la frégatte française ait pu s'éloigner du "Québec", celui-ci fait une abattée sur babord et tombe en travers sous le beaupré de "La Surveillante", le feu se communique immédiatement aux voiles et aux cordages qui pendaient sous ce mât.
Doucouédic fait couper le bout dehors de foc et parvint ainis à dégager "La Surveillante".
Poussé par la brise, "Le Québec" élonge "La Surveillante" par bâbord s'éloigne d'une centaine de mètre de la frégate française et explose.
C'est à ce moment que le commandant Ducouédic laissa le commandement à l'enseigne Dufresneau, qui fît boucher les trous de la coque et établir des mâts de fortune pour faire route sur Brest.

"L'Expédition" et le "Rambler" n'étaient pas restés inactifs pendant la lutte des deux frégates, ils avaient combattu avec acharnement jusqu'au moment ou le feu s'était déclaré sur le "Québec".
Le cutter anglais a alors détaché une embarcation vers la frégate, le capitaine de Roquefeuil fit cesser le tir, et les deux côtres se dirigèrent vers les frégates.

"L'Expédition" ne s'éloigna que lorsqu'il n'eut plus d'espoir de sauver de naufragés. Il prit "La Surveillante" en remorque et mit le cap sur Brest. Il fut bientôt rejoints par des bateaux pêcheurs qui l'aidèrent à remorquer la frégate.
Les deux navires prirent le mouillage à Camaret le lendemain soir, et pénétrèrent dans la rade de Brest le 8 au matin.



"La Surveillante" ramenait 43 marins du "Québec", "L'Expédition" avait pu en sauver 8, le "Rambler" en avait recueillit 17 et un navire suédois en avait sauvé 13. Soit un total de 81 marins.
On ne sait pas ce qui est advenu du capitaine Farmer, qui avait été blessé lors de l'explosion de son navire.

Une rumeur prétend que le capitaine Farmer avait quitté le commandement du "Foudroyant" vaisseau de 80 canons, pour prendre le commandement de la frégate "Québec", à la suite d'un pari dans lequel il se faisait fort de débarrasser l'océan et la Manche des frégates françaises.

Le Couédic, a voulu que les anglais recueillis à son bord soient considérés commes des naufragés et non comme des prisonniers.

Le 20 octobre, Louis XVI nomme Couedic capitaine de vaisseau, mais celui ci meurt de ses blessures.
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Ven 13 Mar 2009 - 16:36

Une page glorieuse de nos grands hommes. Deux balles dans la tête, une dans le ventre et on garde le commandement.... Merci gégé
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SAINT ETIENNE Claude




Age : 71 Date d'inscription : 17/11/2008 Nombre de messages : 1231 Localisation : Normandie / CALVADOS/ LECAUDE Emploi/loisirs : Retraité - Cinéma - lecture principalement histoire

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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Ven 13 Mar 2009 - 17:27

Oui, ça laisse rêveur !

C'est reporté dans plusieurs récits ou rapports de ce combat, entre autre par O. Troude.


barreur
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Sam 14 Mar 2009 - 6:44

BRAVO et MERCI pour toute cette lecture trés intérressantes. bravo study
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PHIPHI80




Age : 56 Date d'inscription : 19/11/2007 Nombre de messages : 1018 Localisation : AMIENS Emploi/loisirs : pêche à la ligne,en mer,apero

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MessageSujet: Octobre 1779 siège de Savannah - Amiral d'Estaing Sam 4 Avr 2009 - 9:59

Octobre 1779 siège de Savannah - d'Estaing.

Depuis juillet 1778, sous le commandement de d’Estaing, les bateaux français sillonnaient la côte Est de l’Amérique et la mer des Antilles.
Les missions étaient soit de venir prêter main forte aux insurgés, soit de porter secours aux colonies françaises, ou encore de s’emparer des des possessions anglaises.
Le ministère de la marine et des colonies avait donné des ordres :
- Maintenir 3 vaisseaux et 2 frégates devant Saint Domingue ces navires restant sous les ordres de Lamotte Piquet chef d’escadre.

- Maintenir 8 vaisseaux, 7 frégates, 3 corvettes et 1 côtre en Martinique sous les ordres de de Grasse chef d’escadre avec la mission d’escorter les navires marchands prêts à faire route et d’effectuer le retour vers la France avec les vaisseaux et les frégates qui composaient son escadre à son départ de Toulon.

Les insurgés n’avaient pas de marine. Depuis que les bateaux français avaient quitté les côtes américaines, le parti des insurgés avait subit de très grandes pertes, la lutte contre les anglais n’était plus égale.
Les anglais avaient pris Savannah et occupaient toute la Georgie. La Caroline n’allait pas tarder à passer sous leur contrôle.
Le vice-amiral d’Estaing ne voulut pas retourner en France avant d’avoir rendu un nouveau service aux insurgés.
Malgré les ordres qu’il avait reçu, il cède aux demandes du consul de France à Charlestown et à celles du gouverneur de la Caroline. D’Estaing appareille du Cap Français le 16 août, 20 vaisseaux font voiles sur les côtes Géorgiennes : 2 vaisseaux de 80 canons – 9 vaisseaux de 74 canons –1 vaisseau de 70 canons – 7 vaisseaux de 64 canons – 1 vaisseaux de 50 canons. Il sont accompagnés de 8 frégates, 2 corvettes, 2 flûtes, 1 côtre et 1 goëlette. Ces navires transportent 3000 hommes de troupe.
Le 31 les navires sont au mouillage devant la rivière de Savannah, pour appuyer le siège de la ville de Savannah que les insurgés avait lancé.
Vice-amiral d'Estaing


La ville de Savannah est bâtie à quelques miles de l'embouchure et sur la rive droite de la rivière Savannah.
Un grand banc barre cette rivière depuis le large, et ne permet l'accès qu'aux navires de faible tirant d'eau.
Plusieurs îles dans le Nord de l'embouchure forment des canaux par lesquels le passage est possible.
Le canal de Port Royal coure entre l'île de Port Royal et la terre ferme. Le bras de mer entre cette île et l'île Sainte Hélène, située plus au large, s'appelle Beaufort, ville située dans le Nord Est de Port-Royal.
L'île tybée est dans le prolongement du Sud de la rivière.
La prise de possession de cette île avait un grande importance puisqu' de ce point on peut surveiller l'entrée de la rivière Savannah ainsi que l'entrée Sud des canaux et empêcher les communications par mer avec la ville de Savannah. Par contre, il ne fallait pas oublier de surveiller l'entrée Nord.

L'arrivée de l'escadre française sema la terreur dans les rangs anglais. Mais, une fois de plus, d'Estaing fut l'objet de la météo : le 2 septembre, l'escadre reçu un coup de vent du Sud Est au Sud Ouest. Le "Réféléchi" qui appareillait eut toutes ses voiles emportées et perdit son mât de misaine. La "Chimère" et "L'Alerte" cassèrent leur beaupré les gouvernails de 5 vaisseaux furent démontés et 3 d'entre eux (dont le "Languedoc" ) le perdirent.
A la fin des réparations, la saison avait avancée, et il était plus que temps de passer à l'attaque.

Le Vice-amiral d'Estaing prit les dispositions suivantes :
Au Nord le "Sagittaire" et la "Lively" (capitaine Albert de Rion et capitaine Coetlando).
Plus au Nord à hauteur de Charlestown "l'amazone" (capitaine Lapérouse).
A 20 miles au Sud de l'ïle Tybée en surveillance de la rivière Hosaba le chef d'escadre Lamotte Piquet avec 5 vaisseaux. C'est sur les rives de la rivière Tybée que le débarquement des troupes était prévu.
En croisière devant l'île Sapello au Sud de la rivière Ogechée, "l'Ellis" (capitaine Fonteneau) qui avait les navires de Lamotte Piquet en soutient.
Dès que les navires furent en place, d'Estaing donna le commandement au chef d'escadre de Broves, et le 9 septembre il franchit la barre de la rivière Savannah avec 2 frégates et 2 flutes pour débarquer sur l'île Tybée dont il se rendit rapidement maître.
Le 16 toutes les troupes campaient à Minghausen.
Pendant ce temps un nouveau coup de vent obligea les navires à mettre sous voiles et à se tenir éloignés des côtes.
Les anglais négocièrent un armistice, qui fut accordé. Les anglais en profitèrent pour faire entrer des renforts dans la ville de Savannah. Une fois les renforts à poste, les anglais refusèrent toutes les propositions françaises.
Il fallut bien se résoudre à procéder à un siège en règle. Les canons furent débarqués des navires, le bombardement commença le 3 octobre.
Mais la saison était défavorable au séjour des vaisseaux à proximité des côtes.

Un assaut fut décidé pour le 9 octobre. Le vice-amiral dirigea cet assaut, qui fut repoussé par les anglais (grace à l'armistice qui a permi les renforts). On batti en retraite, et les troupes réembarquèrent. Le vice-amiral avait reçu une nouvelle blessure.
D'Estaing commanda l'appareillage immédiatement selon les dispositions suivantes :
Une voie d'eau obligea "Le Magnifique" à faire route sur la Martinique sous escorte de "l'Annibal" et du "Réfléchi". Ces trois navires arrivèrent isolément entre le 20 et le 27 octobre avec avaries dues aux coups de vent qu'il avaient traversés.
Accompagné du "Fendant", du "Diadème", du "Sphinx", de "l'Iphigénie" et de "l'Alceste" de Grasse à bord du "Robuste" rapporta les troupes prises aux garnisons des Antilles, et faisant escale dans la Chesapeak pour charger de la farine.
Quant aux vaisseaux venant de Toulon, ils devaient être prêts à mettre sous voiles.
Un dernier coup de vent de Nord Est vint à nouveau contrarier le vice-amiral :
de grasse

C'est au début du coup de vent que les vaisseaux aux ordres du chef d'escadre de Grasse appareillent. Les navires firent route isolément, les uns filèrent sur la Martinique, d'autres à Saint Domingue, seul le "Fendant" fit escale à la Chasepeak. Il arriva au Fort Royal de la Martinique le 15 janvier 1780, il était chassé par trois vaisseaux anglais qui le canonnaient depuis le canal de la Dominique.
Les vaisseaux resté devant Savannah subirent le mauvais temps de plein fouet. Plusieurs cassèrent leurs câbles, d'autres s'abordèrent, le "Languedoc" perdit toutes ses ancres et ses canots.
L'escadre fut dispersée sans n'avoir pu se rallier.
Le "Languedoc" croise la "Provence" le 9 novembre. La "Provence" donne au "Languedoc" l'une des deux ancres qui lui restaient. Ces deux navires font voiles de conserve et arrivent à Brest le 7 décembre.
Le "César" et le "Fantasque" arrivent à Brest deux jours après le "Languedoc".
Le "Marseillais", le "Zélé", le "Sagittaire", le "Protecteur" et "l'Expériment" font route sur Toulon.
Le "Guerrier" (capitaine Bougainville) mouille à Rochefort.
Le "Tonnant" relache à la Havane.
Le "Vaillant" et "l'Hector" vont à Lorient.
Voilà ce qui s'appellent une progression en débandade marche !

Avec ce nouvel échec, d'Estaing avait prouvé une nouvelle fois que s'il était bon officier d'infanterie, il n'était pas officier de marine. En effet, il a toujours cherché à atteindre des objectifs géographiques sans jamais tenter de détruire les navires ennemis.
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Jeu 16 Avr 2009 - 10:01

Ces opérations d'envergures ne sont pas bien évidement les seules actions de la marine. Voici quelques rapports des combats, rédigés par O. Troude, qui ont eu lieu en 1779. La liste n'est probablement pas complète.

Courantjanvier
la frégate de 32 canons "La Boudeuse" capitaine de Grenier accompagne un convoi vers la France chasse la corvette anglaise "Waezle" captaine Lewis Roberson, sous lîle Saint Eustache, et lui fait amener son pavillon dès le troisième coup de canon. Cette corvette allait en Angleterre annoncer la prise de Sainte Lucie.

Le 31 janvier
A la hauteur de l'île de Bas, la frégate de 32 canons "L'Oiseau" captaine de Tarade, escortant un convoir de Brest à saint-Malo rencontre la frégate anglaise de 32 canons "Apollo", capitaine Pownall.
Le capitaine de Tarade chargea le côtre "l'Expéditive" de la conduite du convoi et attaqua la frégate anglaise. Dématée de son grand mât de hune et du mât de perroquet de fougue, la frégate française amena son pavillon.



Le 5 février
un fort coup de vent avait dispersé un convoi venant de Saint Domingue pour la France. Ce convoi était escorté par la frégate de 32 canons "La Concorde" captaine Le Gardeur de Tilly. Le grand mât de cette frégate avait subi des avaries dues à la foudre le grand mât était sérieusement endommagé. Le capitaine de Tilly s'était vu dans l'obligation de jeter douze canons à la mer. La frégate n'était alors armé que de 26 canons de 12.
Les réparations étaient en cours lorsqu'il fut attaqué par un corsaire de 14 canons dont il s'empara.



Le 18 février
"La Concorde" est à nouveau attaquée par la frégate de 32 canons "Congrès", la frégate française naviguait sous mâture de fortune avait sa voilure réduite. Elle fut rapidement rattrapé par la Congrès. Deux heures après le début du combat, de Tilly fut gravement blessé et remplacé par le lieutenant de vaisseau de Linières qui était déjà lui aussi blessé. Le combat dura encore une heure, puis la frégate anglaise s'éloigna.


Le 7 mars
La frégate de 32 canons « La Minerve », capitaine chevalier de Grimouard, sortant de la baie des barfadaires de Saint-Domingue par une petite brise d4est, fut chassée par le vaisseau de 64 canons « Le Ruby » accompagné de la frégate de 28 canons « Niger ». Ces deux navires avaient été aperçu au vent et faisaient tous deux partie de la division anglaise croisant devant l’île de Saint Domingue.
La « Minerve » fut rattrapée et canonnée par le « Ruby ». La lutte était trop disproportionnée pour être acceptée ; le capitaine de Grimouard manoeuvra en coséquence et parvint à s’éloigner du vaisseau, mais il fut joint par la frégate. La force de ce nouvel admversaire était plus en rapport avec la sienne ; aussi acceptat-t-il franchement le combat.
Choisissant une position qui le mettait à l’abri des boulets du « Ruby », il dirigea sur la « Niger » un feu si vif et si pr&écis, que cette frégate se trouva promptement dans l’obligation de se retirer pour réparations. La « Minerve » prit alors chasse au plus près. Un autre vaisseau « Le Bristol » et une frégate « l’Eolus » étaient en vue. Craignant de ne pouvoir atteindre un port de Saint-Domingue avant d’être joint, le capitaine de Grimouard décida d’aller mouiller à l’île d’Inague.



Le 18 mars.
Séparé depuis quelques heures seulement et après une chasse du vaisseau « l’Intrépide » et des frégates « la Gloire » et « la Sibylle » avec lesquelles il croisait devant Ouessant, le capitaine de Labretonnière, de la frégate de 32 canons « l’Aigrette », aperçu à la nuit tombée, à 6 milles au plus de la pointe de Saint-Mathieu, une frégate qu’il prit pour une de ses compagnes.
Attaqué bientôt après, le capitaine de Labretonnière constatant son erreur fit riposter avec tant de vigueur à son audacieuse ennemie que, après une canonnade de deux heures, celle-ci prit le large.
Mais, soit que les avaries de la frégate anglaise l’empêchassent de gouverner, soit qu’elle eût eu une confiance trop grande dans son pilote, à 11h30, elle se jeta sur l’île de Molène et s’y brisa. L’équipage fut receuilli par les habitants.
Cette frégate était « l’Arethusa » de 36 canons, capitaine Marshall.
L’aigrette portait 26 canons de 8 et 6 de 4.
L’Aréthusa portait 26 canons de 12 et 10 de 6.


Le 4 mai
Les deux vaisseaux de 74 canons « la Bourgogne » et « la Victoire », capitaines de Marin et d’Albert Saint-Hipolyte, se rendant de Toulon à Brest, chassèrent, à leur sortie du détroit de Gibraltar, les frégates anglaises de 32 canons « Montreal » et « Thetis » qu’ils parvinrent à atteindre.
La « Bourgogne » attaqua la première et « la Victoire » combattis l’autre. Celle-là fut facilement réduite ; mais plus heureuse que sa compagne, « la Thetis » parvint à se soustraire à la poursuite de son redoutable adversaire qui ne put l’empêcher d’entrer à Gibraltar.



13 mai
Les frégates de 26 canons « la Danaé » capitaine de Kergariou-Coatlès et « la Diane », la corvette de 6 canons « la Valeur », la gabare de 8 canons « l’Ecluse » et le côtre de 6canons « la Guêpe », sortis de Saint Malo, furent chassé immédiatement par le vaisseau anglais de 50 canons « l’Expériment », capitaine sir James Wallace ; la frégage de 36 canons « Pallas », capitaine Thomas Spry, les corvettes « Unicorn » capitaine John Ford, « Fortune » et le brick de 12 « Cabot » capitaine Edmund Dodd.
Après avoir essuyé deux volées, les bâtiments français allèrent s’échouer sous une petite batterie de 3 canons, dans la baie de Cancale.
La détermination des officiers français n’arrêta pas le capitaine Wallace, à midi 30, il entra à pleines voiles dans la baie de Cancale avec sa difvision et dirigea un feu des plus vifs sur les français ; ceux-ci répondirent d’abord avec vigueur, mais la batterie de terre ayant cessé de tirer, par suite de l’explosion de l’une de ses trois pièces, l’équipage de « la Danaé » se précipita dans les embarcations et se rendit à terre. Incapable d’arrêter ce mouvement qui avait lieu sans son ordre, le capitaine de Kergariou fut obligé d’abandonner la frégate, sans pouvoir même y mettre feu, car il n’avait plus le moyen d’en retirer les malades et les blessés.
L’exemple donné par l’équipage de « la Danaé » fut imité par les marins des autres bâtiments.
Les anglais parvinrent à remettre « la Danaé » à flot ; ils incendièrent les trois autres bâtiments. La « Valeur » et « l’Ecluse » furent consumées ; mais on parvint à se rendre maître du feu à bord du côtre qui fut rentré à Saint-Malo.



21 mai
Alors qu’elle se rendait à la Martinique avec la division du chef d’escadre Lamotte-Picquet, la frégate de 32 canons « la Blanche » capitaine Barin de la Galissonnière, eut un engagement avec un vaisseau anglais. Ce navire avait reçu l’ordre d’aller reconnaître deux bâtiment que l’on apercevait à l’horizon. C’était le vaisseau de 50 canons anglais « le Jupiter » qui amarinait un des navires du convoi que la division française escortait. La force de cet adversaire n’arrêta pas la Galissonnière ; il se plaça par son travers et lui envoya sa volée. Le « Jupiter » abandonna sa prise et s’éloigna.


à suivre


Dernière édition par gégé le Jeu 16 Avr 2009 - 12:58, édité 1 fois
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