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1766 à la révolution Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Jeu 16 Avr 2009 - 10:09

2 juin
La frégate de 26 canons « la Prudente » capitaine vicomte d’Escars, se rendant de Gonave à Léograne, à l’entrée de la baie de Port au Prince de Saint-domingue, fut attaquée par les vaisseaux anglais « Eolus », « Ruby » et la corvette « Jamaïca », et prise après une vaillante résistance.

22 juin
Chassée près d’Ouessant, par une division anglaise, la frégate de 26 canons « l’Hélène », capitaine vicomte de Montguyot, se rendit à la frégate de 32 canons « Ambuscade », après une courte résistance.

21 juillet

La frégate anglaise de 26 canons « King George » fut prise par la frégate de 32 canons « la Concorde » capitaine Le Gardeur de Tilly.

17 août

Pendant que l’armée combinée de France et d’Espagne luttait contre les vents d’Est à l’entrée de la Manche, la frégate de 32 canon « la Junon », capitaine Bernard de Marigny qui faisait partie de cette armée, poursuivit jusqu’à l’entrée de la rade de Plymouth 2 navires qu’elle ne pput atteindre. Ce jour, faisant route pour rallier l’armée qui était à grande distance lorsque, vers 8h00 du matin, la frégate pris en chasse un vaisseau anglais sous la terre. Ce vaisseau de 64 canons était « l’Ardent » capitaine Philip Boteler, il fit vent arrière.
La « Junon » l’eut bientôt atteint et elle luji envoya une bordée par la hanche bâbord.
Ayant remarqué que les sabords du vaisseau n’étaient ouverts que d’un côté, le capitaine de Marigny en conclut que les dispositions de combat n’étaient pas faites des deux bords.
Passant à la poupe de « l’Ardent » , il lui envoya une volée d’enfilade et, reprenant sa première route, il le combattit par l’autre hanche.
Les suppositions du capitaine de la « Junon » étaient justes, et il eut le temps de tirer plusieurs bordées avant que le vaisseau anglais pût lui répondre.
La frégate de 32 canons « la Gentille » , capitaine baron de la Hage, rallia la « Junon » sur ces entrefaites.
L’Ardent ne résista pas longtemps à ces deux frégates. A 11h30 il amena son pavillon.
Comme il n’en continuait pas moins à faire route, les frégates de 32 canons « la Bellone » et « la Gloire », qui se portaient en aide à leurs compagnes, lui envoyèrent une volée et lui barrèrent le passage.
L’Ardent mit en panne.
Le gouvernement anglais trouva que le capitaine Boteler n’avait pas suffisamment prolongé sa défense ; il le fit traduire devant un conseil de guerre qui le condamna à être renvoyé du service.


à suivre
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Jeu 16 Avr 2009 - 10:10

16 août
Un convoi de navires se rendant en France, sorti du Cap Français de Saint-Domingue, en même temps que l’armée navale du vice-amiral d’Estaing fut dispersée à la hauteur des Bermudes, par le coup de vent qui assaillait cette armée.
Ce convoi était escorté par le vaisseau de 50 canons « le Fier », capitaine chevalier Turpin de Breuil, « le Protecteur » de 74 canons, capitaine de Grasse-Limmermont et les frégates « la Minerva », « l’Aimable » de 26 canons et « l’Alcmène » de 32 canons, capitaine Chevalier de Bonneval.
« Le Protecteur », « la Minerva », et « l’Aimable » arrivèrent en France.
« Le Fier » relâcha à la Martinique sans grand mât, sans mât d’artimon et sans petit mât de hune.
« L’Alcmène » tomba dans la division du contre-amiral anglais Parker et fut chassée par 2 vaisseaux et la frégate de 32 canons « Proserpine ». démâtée de l’un de ses mâts et entièrement délabrée, elle fut jointe bientôt par la frégate. Incapable de se d’aucune résistance dans l’état ou était « l’Alcmène », le capitaine de Bonneval amena son pavillon en vue de la Martinique.


18 août.
Le côtre de 18 canons « le Mutin », capitaine chevalier de Roquefeuil, qui venait de sortir de Brest, porteur d’ordres pour le commandant en chef de l’armée combinée franco-espagnole, enleva à l’abordage le cutter anglais de 12 canons « Active ».

Courant août.
La flûte de 18 canons « le Compas », capitaine Dubois, qui faisait partie du convoi venant de Saint-Domingue, fut prise par la frégate anglaise de 28 canons « Boreas », après un rude engagement de vingt minutes.


21 août.
La frégate anglaise « Proserpine » fit amener la frégate de 24 canons « le Sphinx », capitaine Mallevault.
Soit deux frégates en cinq jours pour la « Proserpine ».


5 septembre.
Ayant appris qu’une frégate anglaise devait sortir de Sainte-Lucie avec deux navires chargés de munitions de guerre pour la Barbade, le capitaine chevalier de langan-Boisfévrier, de la frégate de 32 canons « l’Amphitrite », alla croiser sur leur passage.
Le 5 septembre, il aperçoit ces bâtiments, les perd de vue et ne les retrouve que le 9 septembre dans le N.-O. de la Grenade. La frégate était « le Sphinx » 24 canons, capitaine Sulton.
A 11h00 l’Amphitrite ouvre le feu, le « Sphinx » riposte mais à 13h00 la chute de son grand mât de hune, et l’état dans lequel fut bientôt mis le reste de sa mâture, ses voiles et son gréement , forcèrent le capitaine Sulton à amener son pavillon.


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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Jeu 16 Avr 2009 - 10:12

10 septembre.
La frégate de 26 canons « l’Amazone », capitaine de Lapérouse, qui faisait partie de l’armée du vice-amiral d’Estaing, chassa la corvette anglaise de 20 canons « Ariel », capitaine tomas Mackensie.
Rapidement à portée de pistolet, « l’Amazone » engage le combat. Une heure après, déjà démâtée de son grand mât, de son mât d’artimon, le mât de misaine s’abat en même temps que le pavillon anglais.



24 septembre

Informé que le vaisseau de 50 canons « Expériment », capitaine sir James Wallace, devait quitter New-York avec un convoi pour Savannah, le chef d’escadre de Broves qui, souvenons nous, avait pris le commandement supérieur de l’armée navale qui opérait sur la côte d’Amérique pendant que le Vice-amiral d’Estaing faisait le siège de Savannah, donna ordre aux vaisseaux « le Fendant » « le Zélé » et « le Sagittaire » de barrer le passage au navire anglais et à son convoi.
Le capitaine d’Albert de Rions, qui commandait « le Sagittaire » aperçut « l’Expériment » qui naviguait sous mâts de fortune. Bien que « le Sagittaire » soit bon marcheur parmi les 50 canons, il eut des difficultés à joindre « l’Experiment ».
« L’Experiment » amena son pavillon après une courte résistance, on trouva 150 000 piastres à bord. Trois navires de transports chargés de vivrfes et d’effets d’habillement furent aussi amarinés.



2 octobre.
Forcé de rester dans l’inaction par suite de l’affaiblissement des équipages, le lieutenant général Duchaffault, qui avait pris le commandement de l’armée navale de l’Océan, faisait surveiller les mouvements de l’ennemi par de nombreux croiseurs.
Le 2 octobre, les côtres de 14 canons « le Pilote » et « le Mutin », capitaines de Closnard et chevalier de Roquefeuil, tombèrent dans une division de l’armée navale anglaise de la Manche, et furent chassés par le vaisseau de 50 canons « Jupiter » capitaine Reynolds et les frégates « Apollo » de 32 canons et « Crescent » de 28 canons.
« Le Mutin » totalement dégréé, amena le premier son pavillon.
« Le Pilote » fut d’abord canonné par la « Crescent » qui l’abandonna ; mais joint bientôt par l’autre frégate, le capitaine de Closnard, qui était blessé amena aussi son pavillon.


à suivre
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Jeu 16 Avr 2009 - 11:26

Une année chargée qui fait de notre forum, grâce à gégé, un lieu de culture et d'échange agréable à lire, merci.
Pour la suite, prends ton temps mais ne change rien à ton goût de la perfection et de la précision...
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SAINT ETIENNE Claude




Age : 71 Date d'inscription : 17/11/2008 Nombre de messages : 1231 Localisation : Normandie / CALVADOS/ LECAUDE Emploi/loisirs : Retraité - Cinéma - lecture principalement histoire

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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Ven 17 Avr 2009 - 17:32

21-22-23 décembre
Les frégates de 32 canons « la Fortunée », capitaine de Fonteneau,et « la Blanche » , capitaine la Galissonnière, ainsi que la corvette de 20 canons « l ‘Ellis », capitaine de Fonteneau, détachées de l’armée du vice-amiral d’Estaing pour rapporter une partie des troupes de l’expédition de Savannah dans les différentes colonies des Antilles, n’arrivèrent à la Grenade qu’après une traversée des plus pénibles et au bout de leurs vivres ; une voie d’eau très inquiétante s’était déclarée à bord de « la Blanche ».
De la Grenade, les deux frégates et la corvette firent route pour Saint-Vincent où elles furent accueillies à coups de canon : « la Fortunée » eut sa vergue de grand hunier coupée avant d’avoir réussi à se faire reconnaître.
Le 21 décembre , à 15 ou 18 milles de la Guadeloupe, elles aperçurent 4 vaisseaux sous pavillon français.
Le capitaine de Marigny continua sa route, sans défiance, jusqu’à ce que, ayant fait des signaux de reconnaissance, ces vaisseaux arborèrent le pavillon anglais ; les frégates et la corvette prirent chasse.
Prévenu de la mission qui avait été donnée à cette petite division, le contre-amiral Parker avait expédié le contre-amiral rowley avec « le Suffolk », « le Magnifique », « le Vengeance », e « le Stirling Castle » pour l’attendre au passage.
Les 3 bâtiments français avaient beaucoup souffert sur les côtes de la Géorgie et pendant cette dernière traversée, leurs équipages étaient si affaiblis que, la batterie armée, il ne restait pas un seul homme pour la manœuvre à bord de « la Fortunée ».
Sur « la Blanche » il n’y avait que 3 hommes au lieu de 7 à chaque pièce.
La corvette avait 67 hommes tout compris.
Dans l’après midi, ils prirent la bordée du Nord ; le temps était orageux et ils ne ressentirent bientôt plus que des fraîcheurs variables.
Vers 6h30, par une de ces bizarreries si fréquentes dans ces parages, les vaisseaux anglais arrivaient vent arrière sur les frégates qui tournoyaient dans une zone de calme, et ils purent bientôt leur envoyer quelques boulets, puis des bordées entières : un grain permit aux bâtiments français de s’éloigner, et chacun d’eux prit l’allure qui lui était la plus favorable.
A 9h00 le temps redevint beau. Lorsque le ciel s’éclaircit, « la Blanche » se trouva sous la volée d’un vaisseau anglais : le capitaine de la Galissonnière n’essaya pas de lui résister.
« La Fortunée » s’était éloignée davantage ; mais, placée de nouveau sous l’influence des folles brises, elle fut atteinte par deux vaisseaux.
Tout fut essayé pour échapper à ces redoutables adversaires ; la batterie des gaillards fut même jetée à la mer.
Vers 11h00 les boulets anglais atteignaient « la Fortunée ».
A 13h00 un des vaisseaux était par son travers tribord, le second par sa hanche babord.
Le capitaine vicomte Bernard de Marigny fit envoyer une volée au premier et amena son pavillon.
Le capitaine Fonteneau n’eut pas une meilleure chance, « l’Ellis » fut prise le lendemain vers 14h00.
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Lun 20 Avr 2009 - 10:05

Aux colonies ça bouge aussi en cette année 1779 :
A la suite du traité d’alliance que la France avait conclu avec les Etats-Unis d’Amérique pour soutenir la guerre de l’indépendance, l’Angleterre avait rappelé son ambassadeur à Paris, et les premières hostilités avaient eu lieu en juin 1778.
L’escadre du vice-amiral d’Estaing était arrivée en juillet sur les côtes d’Amérique où elle avait trouvé celle du vice-amiral Howe.
L’arrivée du vice-amiral Byron dans ces parages avait, depuis cette époque, donné aux anglais une supériorité numérique qui faisait au gouvernement français une obligation d’è envoyer des renforts.
Toutefois, afin de causer au commerce anglais le plus grand préjudice possible, il fut décidé que les bâtiments qu’on expédierait attaqueraient, en passant, les établissements que l’Angleterre entretenait sur la côte ouest africaine.
Le 15 décembre 1778, le chef d’escadre marquis de Vaudreuil quittait Brest avec une division ainsi constituée :

- Le Fendant (74 c) –( le chef d’escadre Vaudreuil à bord.)
- Le Sphinx (64 c)
- Les frégates de 32 c Nymphe et Résolue
- Les corvettes de 16 c Epervier et Livelly
- La goëlette de 14 c Gorée
- Et la goëlette de 4 c Lunette

Cette division qui escortait un long convoi destiné aux Antilles avait mis le cap sur le Sénégal, et le 31 janvier, elle faisait capituler Saint-Louis qui avait été cédé à l’Angleterre à la paix de 1763.
Laissant alors les deux frégates, l’Epervier et les deux goëlettes sous le commandement du capitaine de vaisseau Pontevès-Gien à bord de la Résolue, le chef d’escadre de Vaudreuil continua sa mission d’escorte sur Saint-Domingue.
Le commandant Pontevès dirigea d’abord sa division sur la rivière de Gambie.
Le 11 février, le fort James se rend sans résistance. La goëlette la Gorée remonte alors la rivière et rase tous les établissements anglais des deux rives.
Le 6 mars, la division appareille et se dirige sur les îles de Los où elle détruit le comptoir qui s’y était installé.
Le 12 mars, la division entre dans la rivière de Sierra Léone, enlève les batteries de l’île Tasso après un canonnage en règle par l’Epervier.
Les frégates attaquent ensuite le fort de l’île de beuse qui se rend après un quart d’heure de combat, les neufs corsaires qui y avait cherché refuge sont amarinés. Le fort et les établissements sont rasés.
Après cette promenade de santé, la division prit le cap vers la France, seule la Résolue se dirigea vers la Martinique.
Cette expédition coûta 26 navires à l’Angleterre et tous les établissements qu’elle avait formés sur cette partie de la côte africaine.


à suivre
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Lun 18 Mai 2009 - 19:28

Pour terminer l'année 1779 avec les "combats divers" en outre mer, voici ce qu'en rapporte O. Troude:

Les anglais s’étaient emparés de Sainte-Lucie dans les derniers jours de 1778, et le vice-amiral d’Estaing, après avoir essayé en vain de reprendre cette île, était rentré à la Martinique le 30 décembre.
Supposant que la crainte d’une nouvelle attaque des français retiendrait le contre-amiral Barrington quelque temps encore dans ces parages, le commandant en chef de l’escadre française dirigea contre l’île Saint-Martin une expédition dont la direction fut confiée au capitaine Trolong-Durumain de la corvette de 20 canons « la Lovely ».
Deux autres corvettes, la « Belette » et « l’Ellis », furent placées sous ses ordres.
Le 16 février, cette petite division attaqua la batterie qui défendait la rade et, après une heure, réussit à la faire abandonner.
Un détachement de troupes fut alors débarqué, et le capitaine Durumain marcha à sa tête sur la partie de l’île où la garnison s’était retirée et retranchée.
La résolution de ce détachement était telle que le commandant anglais ne jugea pas devoir essayer de lui résister ; il proposa une capitulation qui fut acceptée.
L’île Saint Barthélemy se rendait, presque en même temps, au capitaine chevalier Duchilleau qui avait été envoyé avec les frégates de 32 canons « la Diligente » et « la Boudeuse ».




Ayant appris que le contre-amiral Barrington venait de prendre la mer avec un convoi que son escadre escortait au delà des débouquements, le vice-amiral d’Estaing forma le projet de s’emparer de l’île Saint-Vincent, que le traité de 1763 avait donnée à l’Angleterre, et il chargea le lieutenant de vaisseau troplong-Durumain de cette expédition.
Le 9 juin, cet officier partit du Fort-Royal de la Martinique avec les corvettes « la Lively », « l’Ellis » et « la Neazle ».
300 hommes de troupes qui avaient été embarqués sur ces bâtiments furent mis à terre, le 16, dans la baie de Young.
Rallié bientôt par un grand nombre de noirs qui avaient été prévenus de cette attaque, ce détachement marcha su Kingstown, sans presque rencontrer d’opposition.
Le gouverneur propose de suite une capitulation qui fut acceptée.
Pendant qu’on en discutait les articles, deux navires furent signalés se dirigeant sur la rade.
Le capitaine Durumain appareilla avec « la Lively » et les chassa ; ils amenèrent leur pavillon aux premiers coups de canon ; l’un d’eux était armé de 16 canons.
Le capitaine Durumain se fit remettre à terre et et, lorsque la capitulation eut reçu son exécution, il retourna à la Martinique.




Quelques jours après la bataille de la Grenade, le vice-amiral d’Estaing détacha le capitaine de Suffren avec les vaisseaux « le Fantasque » et « le Solitaire », la frégate « la Fortunée » et la corvette « la Lively » pour aller attaquer l’île Cariacou.
Cette île se rendit, le 14 juillet, sans avoir même riposté aux quelques coups de canon qui lui furent tirés.
La petite division du commandant de Suffren rallia ensuite l’armée navale à la Grenade.






Bilan de l’année 1779 :
La flotte anglaise a perdu 15 navires dont un de 64 canons « l’Ardent » et un de 50 canons « l’Expériment ». Parmi ces 15 navires, 11 furent pris par la flotte française.

La flotte française a perdu 16 navires dont un de 64 canons « le Roland » parmi ces 16 navires, 12 vaisseaux furent pris par la flotte anglaise.

Les anglais avaient la bonne habitude de réaliser un relevé et de dresser les plans exacts des navires ennemis pris par leur flotte. Ceci nous permet aujourd’hui de retrouver dans les archives anglaises les plans de nos différents types de navires : une mine pour les archéologues navals !

barreur
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Mar 19 Mai 2009 - 9:32

MERCI bravo
pour tout ces recits trés interressants. study super
Bonne continuation. tchin bravo
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PHIPHI80




Age : 56 Date d'inscription : 19/11/2007 Nombre de messages : 1018 Localisation : AMIENS Emploi/loisirs : pêche à la ligne,en mer,apero

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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Mar 29 Sep 2009 - 16:11

1780 -
La France et l'Espagne s'acharnent en vain sur Gibraltar.
La course aux épices se poursuit.
Les flottes Anglaises et Françaises s'affrontent en Atlantique Ouest.
A Paris, les ministres se suivent...

Sartine est remercié, De Castrie est nommé ministre de la marine et des colonies.
Lieutenant général de cavalerie, rien ne le prédisposait à prendre le portefeuille de la marine et des colonies.
C'est Necker qui, ayant fait renvoyer Sartine pour dépassements budgétaires, le porte à ce poste.
Maurepas était opposé à cette nomination, mais Marie Antoinette et le ministre des affaires étrangères (Vergenne) lui étaient favorables.

Le capitaine de vaisseau d'Estaing (qui sera nommé à la tête de l'armée navale en octobre de cette même année) est satisfait de l'arrivée de de Castrie en qui il voit un réformateur.

De Castrie prend son ministère à un mauvais moment, il trouve tous les inconvénients de fin de guerre : pénurie d'équipages, navires endomagés etc... L'avenir financier s'avère compliqué.
C'est sous sa gouverne que les vaisseaux seront classés en trois catégories : les 74, 80 et 118 canons, selon les plans de l'ingénieur Sané. Plans qui seront relus par Borda.
En 1786 il édite le "code Castrie" dont le plus important reste l'accès aux écoles d'officiers de Vannes et Alès, qui est désormais soumis à examen pour les nobles.
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Dim 4 Oct 2009 - 9:08

Déclarant la guerre à la Grande Bretagne, le roi d’Espagne fait investir cette place par terre et par mer.


Charles III roi d'Espagne


Le cabinet de Londres confie à l’amiral sir George Rodney, qui venait d’être nommé au commandement des forces navales de l’Angleterre dans les mers des Antilles, le soin de la ravitailler.
Le convoi que cet officier général conduisait devait être escorté par 21 vaisseaux.
Devinant les intentions de leur ennemie, la France et l’Espagne chargent le lieutenant général espagnol don Luis de Cordova de disputer le passage du détroit de Gibraltar à l’amiral anglais, dans le cas où il s’y présenterait.
Une division de 6 vaisseaux français et de 5 frégates, sous les ordres du chef d’escadre comte de Sades, est adjointe à l’escadre espagnole.


de Cordova

Toutes ces dispositions s'avèrent inutiles : le 3 janvier, un violent coup de vent assaille l’escadre combinée, désempare un grand nombre de vaisseaux. Tous les vaisseaux rentrent à Cadix.
Rien ne peut désormais s’opposer à l’exécution des projets du gouvernement anglais.
Le 8 janvier 1780, l’armée de l’amiral Rodney s’empare, à la hauteur du cap Finistère, de 21 navires de commerce espagnols chargés de blé et d’un vaisseau qui les escortait.
Le 16 janvier 1780, elle attaque, près de Cadix, un faible escadre de 9 vaisseaux espagnols commandée par le chef d’escadre don juan de Langars, prit 6 vaisseaux et en brûle un septième.
Dès que Madrid apprend ces évènements, le lieutenant général don Miguel Gaston reçoit l’ordre de quitter Brest avec tous les vaisseaux placés sous ses ordres.
Quatre vaisseaux français sous les ordre du chef d’escadre chevalier de Beausset, le suivent.


Chevalier de Bausset


Les bâtiments espagnols et français arrivent à Cadix le 13 février 1780.
Malgré la rapidité avec laquelle le lieutenant général espagnol exécute l’ordre qui lui avait été donné, il arrive trop tard pour empêcher l’amiral Rodney de faire entrer son convoi dans le port de Gibraltar.
L’amiral anglais avait même repassé le détroit et fait route pour sa destination, laissant au contre amiral Digby le soin de reconduire les navires de transport en Angleterre.

La division du chef d’escadre de Sades quitte Luis de Cordova et rentre à Brest.
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Lun 12 Oct 2009 - 11:15

23 février 1780
Au large de Gibraltar, un convoi français escorté de deux vaisseaux de 64 canons "Le Protée" et "l'Ajax" et de la frégate "la Charmante" fait route vers le Sud pour acheminer des troupes et des munitions en Inde. Il croise la route de l'Amiral anglais Digby, qui prend immédiatement le convoi en chasse.
A bord du "Protée", le capitaine Duchilleau de Laroche qui commande le convoi, donne ordre à "l'Ajax" de faire fausse route avec le gros du convoi.
Pour masquer cette manoeuvre, il poursuit son cap avec la frégate et quelques uns de plus petits navires marchands.
La manoeuvre réussit, l'escadre anglaise le poursuit.
Le 24 vers 1h00 du matin, Duchilleau de Laroche estime que le convoi protégé pa l'Ajax est maintenant hors de danger, et qu'il est temps pour lui de se soustraire aux chasseurs anglais.
Prenant le vent, le "Protée" démâte de son mât de hune, qui en s'abattant déchire la misaine.
A 2h00 du matin, le "Protée" subit l'attaque du "Resolution" (vaisseau de 74 canons) qui est bientôt accompagné du "Bedford" et du "Marlborough" . Le "Protée doit se rendre avec trois navires de commerce qui tombent au pouvoir des anglais.
La "Charmante" rejoint Lorient.
Pour répondre de ce grave évènement, le capitaine Duchilleau de Laroche est traduit devant un conseil de guerre qui approuve sa conduite et l'acquitte.
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Lun 12 Oct 2009 - 11:17

La flotte combinée, aux ordres de "de Cordova" s'ennuie à Cadix en ce début 1780.
En mai, une division sous les ordres du chevalier de Bausset , chef d'escadre fait une sortie au et va tirer des bords au large du détroit de Gibraltar.
Le 9 juillet, le commandant en chef met à la voile avec 31 vaisseaux, 6 frégates, 1 corvette et 3 côtres. Cette flotte qui se porte sur côtes du Portugal, ne fait qu'une courte croisière, car le 18 juillet elle rentre à Cadix en laissant une petite division au large.
Le 31 juillet, de Cordova reprend le large avec sa flotte.
Pendant la nuit du 9 août, la flotte combinée qui se trouve à 150 miles à l'Ouest du cap Saint Vincent croise un convoi anglais de 60 navires qui se rend pour partie en Amérique et en Inde pour le reste. Le vaisseau de 82 canons "le Ramilies" et les frégates "Southampton" et "Thetis" escortent ce convoi. 55 navires sont pris et menés à Cadix.
Deux petites divisions sortent avant la fin de l'année pour de courtes croisières. La première est commandée par le chef d'escadre de Lacarry, l'autre par le capitaine de vaisseau de Marin.
De nouveaux vaisseaux français sont venus renforcer la flotte combinée dans le courant de l'année.
A Paris, on s'impatiente. Le rôle joué par la marine royale n'est plus toléré par le roi.
Les ministres se réunissent, et décident de donner le commandement de la flotte combinée au vice-amiral d'Estaing.

De Guichen qui rentrait des Antilles avec un convoi de 95 navires marchands destiné à la Méditérannée, alla rejoindre la flotte combinée, et le capitaine de vaisseau Suffren pris en charge et escorta le convoi marchand jusqu'à Gibraltar.



Cette réunion considérable de navires avait pour mission de protéger nos convois marchands, et d'intercepter les convois marchands anglais.
En fait, le gouvernement français souhaitait persuader l'Angleterre que les troupes réunies à Cadix étaient destinées au siège de Gibraltar.
Le projet réel était de frapper l'Angleterre en la dépossédant de la Jamaïque.
Les tergiversations de l'Espagne forcèrent les français à ajourner l'expédition sur la Jamaïque, et d'Estaing quitta Cadix le 7 novembre avec l'escadre française accompagnée de 6 vaisseaux et 3 frégates espagnols et arriva à Brest le 3 janvier 1781.
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Lun 26 Oct 2009 - 17:02

Les flottes anglaises et françaises se heurtent en Atlantique au Caraïbes et au large de l'Amérique, sans qu'il y ait de "grand combat naval".
Il faut tout de même noter le combat du 7 juin au large du cap Nontuck de Long-Island qui a opposé le capitaine comte de Latouche à bord de l'Hermione au capitaine Hawker à bord de l'Isis. Il semble que l'Isis qui, après avoir mis à mal la mature de l'Hermione, se soit dérobée au combat. L'Hermione dans l'incapacité de manoeuvrer et devant rester vent arrière n'a pu poursuivre l'Isis.
Le capitaine Hawker dans son rapport ou un journaliste de la Gazette de New Port dans son article ? a fait un reportage modifiant les faits prétendant que l'Hermione avait mis en fuite bien qu'une frégate américaine soit en vue.
A la lecture de l'article, le capitaine Latouche prit sa plume envoya une lettre au capitaine Hawker dont voici un extrait :

"...vos coups ayant occasionné autant de dommages dans mon grément, que les mien en ont causé au corps de votre frégate, j'ai été dans l'impossibilité de tenir le vent pour continuer le combat; il dépendait de vous d'arriver pour le rengager; vous aviez plus de moyens de manoeuvrerr que je n'en avais.
Lorsque j'ai vu que vous teniez le vent, j'ai attribué votre retraite à la quantité de monde que vous aviez perdu; ce qui aide à me le persuider, c'est le peu de vivacité de votre feu dans les dernières bordées.
D'après cette opinion, vous devez juger de ma surprise quand j'ai lui dans la Gaztte de New-Port que vous n'aviez eu que 7 tués et 9 blessés.
Je suis de meilleur foi que vous, Monsieur : j'avoue 10 tués et 37 blessés; deux de mes officiers et moi sommes de ces derniers. Vous voyez que je ne crains pas de parler vrai, parce que je n'ai rien à me reprocher.
Je terminerai cette lettre par une réflexion que tout militaire pourra faire. Si vous avez perdu moins de monde et que vous ayez été moins maltraité que moi, quelle rraison avez-vous eue de ne pas continuer le combat, en voyant l'état de mon grément et l'impossibilité physique où je me trouvais de pouvoir manoeuvrer et suivre une autre route que celle du vent arrière ?
Vous manquez donc ou de vérité en n'accusant pas les pertes que vous avez éprouvées, ou d'énergie si, ayant perdu peu de monde, vous n'avez pas continué le combat avec l'avantage que le hasard vous avait donnné sur moi.
Comme vous savez bien qu'il n'y avait pas de frégate américaine en vue, je vous prie de répondre à ce dilemme."


On ne trouve pas de lettre de réponse du captaine Hawker.
Il est difficile d'imaginer aujourd'hui des commandants s'adressant des courriers de la sorte !

Il faut aussi se souvenir du 16 juillet, ou au large de l'estuaire de la Loire, le capitaine chevalier de Kergariou Goatlès, commandant la frégate "Belle Poule" fut chassé par James Wallace commandant le 72 canons Nonsuch. Par trois fois, la Belle Poule mit en travers pour envoyer des bordées au vaisseau sans lui faire d'avarie. Le captaine Kergariou fut tué dans l'accrochage, et le lieutenant Tabourel qui avait pris le commandement continua le combat jusqu'à ce que les pompes n'étalant plus fut obligé d'amener le pavillon.


A l'issue de cette année de 1780, les pertes sont les suivantes :

Pertes anglaises :
3 vaisseaux de 74 canons - 2 vaisseaux de 64 canons - 1 vaisseau de 50 canons
1 vaisseau de 44 canons - 1 frégate de 36 canons - 1 frégate de 32 canons
3 frégates de 28 canons - 1 frégate de 26 canons - 2 frégates de 24 canons
1 frégate de 20 canons - 2 frégates de 18 canons - 1 frégate de 16
1 frégate de 14 canons - 2 frégates de 12 canons et 1 corvette.
Tous les navires n'ont pas chaviré : 6 ont été pris par les batiments français.

Pertes françaises :
1 vaisseau de 64 canons - 5 frégates de 32 canons - 2 frégates de 18 canons
1 frégate de 16 canons - 1 frégate de 14 canons - 1 frégate de 12 canons et un côtre.
Dont 8 navires pris par la flotte anglaise.
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Mar 27 Oct 2009 - 6:45

bravo et merci de bien vouloir continuer cette revue
MERCI super bravo
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PHIPHI80




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MessageSujet: 16avril 1781 - La Praya Dim 1 Nov 2009 - 17:58

L'avis d'une expédition préparée par l'Angleterre contre la colonie du cap de Bonne Espérance, rappela au gouvernement français l'intérêt qu'il avait à la bonne conservation des possessions hollandaise de l'Inde.
Certain que son alliée attendrait la suite des évènement avec son impassibilité habituelle, il ordonna un armement capable de lui donner secours et protection.

Le capitaine de vaisseau Suffren est nommé au commandement de la division chargée de porter les troupes au cap de Bonne Espérance, et à se ranger ensuite sous les ordres du capitaine de vaisseau d'Orves commandant de la force navale française dans la mer des Indes.
Les vaisseaux destinés à cette division ne sont pas les seuls que l'on arme à Brest : 21 autres navires sont prêts à prendre la mer en même temps que la division Suffren.

Pour mettre le trouble dans l'esprit anglais, il est décidé que tous les navires partiront et feront route ensembles, et se sépareraient à quelques centaines de lieues du golfe de Gascogne.
Le temps presse car l'on vient d'apprendre le départ de l'escadre anglaise à destination de l'Afrique du sud.
Dans la deuxième quinzaine de mars, 26 navires quittent Brest et font route au sud.


Suffren


Le 29 mars, les navires se séparent au large des Açores. De Grasse emmène 20 vaisseaux vers les Antilles, 1 vaisseau et 1 frégate mettent cap à l'Ouest vers l'Amérique du Nord, et Suffren à bord du 74 canons "Héros"fait route au Sud avec 6 autres navires :
74 canon "Hannibal" commandé par de Trémignon ainé.
3 vaisseaux de 64 canons "l'Artésien", "le Vengeur" et "le Sphinx" commandés respectivement par chevalier de Cardaillac, comte de Forbin, vicomte Ducbilleau de Laroche.
1 frégate de 32 "la Fine" et la corvette de 16 "la Fortune".

La Fine navigue en avant pour signaler l'arrivée de la division.
L'Artésien qui devait initialement suivre de Grasse vers les Antilles craint de manquer d'eau, et demande à en faire dans les îles du Cap Vert.

Ces îles sont aperçues le 16 avril, le chevalier de Cardaillac reçoit l'ordre et va reconnaître le mouillage de la Praya situé sur l'île de San Yago. Il y découvre plusieurs bâtiments anglais au mouillage. Immédiatement, il informe Suffren.

Dans l'esprit de Suffren, il n'y a aucun doute, ces navires sont ceux qui doivent rallier l'Afrique du Sud.
Deux solutions s'offrent à lui, la première mettre tout dessus et rallier le cap de Bonne Espérance en prenant les anglais de vitesse, la deuxième est de ne pas tenir compte de la neutralité portugaise, d'entrer dans la baie et attaquer les navires anglais pour au moins retarder leur arrivée en Afrique du Sud.

La deuxième solution entraîne l'obligation de sortir du combat en meilleur état que les anglais!

La flotte française a l'avantage de la surprise, Suffren adopte donc la deuxième solution.
Il prend la tête de la ligne de convoi dans laquelle il a rangé ses navires en ayant donné l'ordre de se préparer à un combat devant se dérouler à l'ancre. Il donne aussi toutes latitudes aux commandants des navires de choisir le poste qui leur convient le mieux.
Suffren a négligé la différence de marche des navires.
"le Héros" étant bon marcheur, fonce sur l'anglais en laissant derrière lui les autres navires, obligeant leurs commandants à mettre tout dessus, (alors qu'un combat se déroule voiles basses carguées).

Le "Héros" s'approche des anglais suivi d'assez près par "l'Artésien" et "l'Annibal", laissant "le Vengeur" et "le Sphinx" loin derrière eux.
Résultat : les navires français entrent les uns derrière les autres dans la baie et reçoivent chacun leur tour les bordées anglaises encaissant ainsi de gros dommages.

Composition de la flotte anglaise :
Le Hero 82 canons commandé par Hawker (l'homme de l'Isis l'année précédente)
Le Monmouth 72 canons commandé par James Alms.
trois navires de 60 canons le Rowney, le Jupiter et l'Isis, 3 frégates de 32 l'Active, la Diana et la Jason et la Mercury frégate de 28.
Ces navires escortent 10 bâtiments de la compagnie des Indes armés chacun de 30 canons, et 16 bâtiments de transport portant chacun 16 ou 14 canons.
A la vue des bâtiment français, les anglais se préparent au combat.

La rade de la Playa a une ouverture d'Est en Ouest de 2700 m. pour une profondeur Nord/Sud de 1200 mètres.
Par contre, à environ la moitié de profondeur de la baie, au niveau de l'île de la Caille, on ne trouve plus que 4 à 5 mètres d'eau, ce qui oblige les navires d'un certain tonnage de mouiller à l'Est, et bien sûr, c'est là que se trouve l'escadre anglaise.
La seule fortification de ce mouillage consiste en une batterie élevée dans la partie Nord Ouest.

A 10h30, le "Héros" double la pointe Est, et se dirige vers les navires anglais mouillés dans le voisinage de l'île aux Cailles. Il échange des bordées avec les bâtiments qu'il croise et va jeter l'ancre au milieu des vaisseaux. C'est à ce moment que Suffren réalise que ses ordres n'ont pas été suivis...
A bord de l'Annibal, le capitaine de Trémigon n'a pas préparé ses batteries, ses ponts sont encombrés des futailles qu'il avait fait monter de la cale, il est persuadé que la préparation au combat n'est qu'une mesure de précaution au cas ou les anglais empêcherait son bâtiment de se ravitailler en eau. De plus, il est convaincu que la neutralité de l'île calmerait les ardeurs de son chef.
Aussi sa surprise est grande lorsqu'il voit le "Héros" faire jouer son artillerie en entrant dans la rade !
Malgré sa surprise, de Trémigon suit Suffren sans hésiter, il essuie au passage, sans pouvoir répondre, toute la canonnade des bâtiments anglais qu'il croise, va mouiller au Nord du vaisseau à le toucher.

L'Artésien se trouve à leur suite, dans l'épaisse fumée il croit voir un bâtiment de ligne il l'aborde, huit hommes de l'Artésien sautent à bord de l'anglais, c'est en fait un bâtiment de la compagnie qui réussit à se décrocher et à s'éloigner de l'Artésien emportant les huit hommes d'équipage, c'est alors qu'assis au banc de quart, le chevalier de Cardaillace reçoit une balle en pleine poitrine et meurt sur le coup.
L'Artésien alors aux ordres du lieutenant de la Boixière est entraîné sous le vent, il aborde un autre bateau de la compagnie, le prend en remorque et l'entraîne avec lui. Mais la remorque est coupée, les deux navires dérivent vers la pointe occidentale de l'île.

Les autres navires français passent au large des navires anglais et se tiennent stationnés à l'ouverture de la baie.

Dans la position que Suffren a choisie, le Héros doit soutenir le feu du Hero, du Monmouth et du Romney comme celui des bateaux de la compagnie qui pouvaient le découvrir et de celui de la batterie de la Playa.
Le Héros tient cette position, mais à midi, certain que le Vengeur, l'Artésien et le Sphinx ne lui viendraient pas en aide, Suffren comprend qu'il finira par succomber et qu'il doit se retirer tant que sa mature déjà endommagée lui en laisse encore la possibilité.

Un quart d'heure fut nécessaire à l'Annibal pour se mettre en situation de combat, quart d'heure pendant lequel il encaisse les coups du Monmouth, du Jupiter de l'Active et de la Diana.
La vigoureuse riposte de l'Annibal surprend les anglais, mais après une demi heure de combat, un boulet coupe la cuisse gauche de Trémigon qui remet le commandement au lieutenant Morard de Galle. Le mât d'artimont s'abat et le grand mât s'écroule à son tour. De Trémigon meurt.

Le Héros ne peut continuer, il file son câble et suivi de "l'Annibal" dont la mâture est réduite à son seul mât de misaine, ce qui lui permet l'abattée.

Les deux navires s'éloignent.
L'Artésien reçoit l'ordre de passer une remorque à l'Annibal, mais il arrive trop tard et c'est enfin le "Sphinx" qui passe la remorque à "l'Annibal" dont le mât de misaine vient à son tour de s'abattre.

Les trois navires aidés par un vent en poupe rejoignent les transports laissés à la garde de la corvette.

Ces deux bâtiments le "Héros" et "l'Annibal" sont les seuls à avoir combattu.

La flotte anglaise voyant les bateaux français s'éloigner appareille, mais fait rapidement demi tour et après avoir récupéré le navire de la compagnie qui avait été capturé par l'Artésien, rejoignent leurs points de mouillage.

Malgré les pertes que le Héros et surtout l'Annibal ont éprouvé, la flotte française arrive au cap de Bonne Espérance le 21 juin et débarquent les troupes destinées à cette colonie.

C'est quinze jours plus tard que les anglais arrivent en rade, ils reculent à la première attaque française mais prennent quelques navires de la compagnie des Indes mouillés dans la baie de Saldanha.

La flotte française suit sa destination et mouille à l'Ile de France le 21 octobre.

Le combat de la Playa valu un double avancement à Suffren qui est nommé Bailli et chef d'escadre.
Le remplacement du capitaine de Trémigon valut quelques soucis à Suffren, mais je n'en connai pas les détails....désolé...

Voici un extrait de la lettre que Suffren déçu envoie à Madame d'Alais :

"De l'île de France 5 décembre 1781
...La Praya pouvait et devait m'immortaliser. J'ai manqué ou on m'a fait manquer une occasion unique. Avec mes cinq vaisseaux je pouvais faire la paix et une paix glorieuse. Votre ami eut été digne de vous, l'Europe l'eut célébré. Point du tout, ce combat est de ceux qui ne décident de rien, qui se perdent dans la foule. L'on est blâmé ou approuvé selon les affections, l'envie, le caprice ou le hasard.
Le public d'ici m'a accueilli parfaitement, mais la jalousie des marins qui sont ici depuis cinq ans sans avoir rien fait, ne m'a pas produit le même accueil....Suffren"


Dernière édition par gégé le Sam 12 Déc 2009 - 18:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Lun 2 Nov 2009 - 13:13

Une page que je ne connaissais pas, merci gégé continue.....
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SAINT ETIENNE Claude




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MessageSujet: 1er mai 1781 Mar 3 Nov 2009 - 14:32

Merci Claude.
Je suis désolé, mais je n'ai que trop peu d'illustration à joindre.

1er mai 1781.

Pour servir d'escale à ses navires et faciliter son commerce, la Hollande a fondé la "Colonie de Saint Eustache" petite île des Antilles.
Cet établissement (ou ce comptoir ?) s'est rapidement développé.

Au mépris des traités, l'escadre anglaise commandée par l'amiral Rodney, pille le contenu puis détruit le contenant de cette fondation.

Informé de l'appareillage des navires anglais ramenant en Angleterre le fruit de leur rapine, le gouvernement désigne Lamotte-Piquet pour aller croiser en Manche afin de tendre un embuscade à l'anglais et de capturer tout ce qui est possible.
Six vaisseaux trois frégates et deux côtres aux ordres de Lamotte-Piquet prennent la mer le 25 avril 1781.
C'est le 1er mai 1781 que le convoi anglais est aperçu et attaqué : 22 navires sont enlevés et conduits à Brest où ils arrivent le 11 mai.
Le commodore Hotham, qui commandait la flotte anglaise réussit à sauver les autres navires avec les deux vaisseaux et les deux frégates qui les accompagnaient.
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Mar 3 Nov 2009 - 14:42

Un oeil vers l'Espagne (ou le retour de la flotte combinée):

Fatiguée du rôle que l'on faisait jouer à sa marine depuis que Gibraltar était bloqué, et agacée par l'inaction de don Cordova, la France avait obtenu que d'Estaing prenne le commandement de la flotte combinée basée à Cadix, puis avait rapidement rappelé à Brest l'escadre française aux ordres du vice amiral d'Estaing.
La flotte de d'Estaing était donc à Brest depuis le 3 janvier 1781.

De son côté, l'Espagne se plaignait du comportement français, lui reprochant de ne pas tenir compte des intérêts de ses alliés, et lui reprochait entre autre de ne pas avoir empêché le ravitaillement de Gibraltar par les navires anglais.

L'inaction que le gouvernement français reprochait à l'Espagne avait certainement une autre explication que celle présentée par don Cordova qui affirmait exécuter les ordres de son gouvernement.
En effet, le 22 février 1781 le major général don José Massaredo signe un curieux ordre du jour :

A bord du Santa Trinida
Fait savoir aux commandants et chefs de divisions l'extrême déplaisir qu'a éprouvé son Excellence depuis sa sortie, en observant l'irrégularité avec laquelle plusieurs vaisseaux naviguent contre tout ordre, et l'union constante qu'exigent les mouvements d'une escadre, et malgré tant de signaux généraux et particuliers qui ont été faits.

Il en coûte beaucoup à son Excellence d'être obligé de désapprouver publiquement une pareille forme de navigation; l'éparpillement de l'escadre a empêcher non seulement d'évoluer, mais même de faire les manoeuvres indispensables pour prendre les bordées les plus favorables.

Son Excellence ne peut voir avec indifférence ce qui pourrait arriver dans le cas d'une rencontre, ni se borner à disposer ce que ses lumières lui dicteraient de mieux.
Elle ne peut apporter une faible attention sur le service du roi, et sera obligée de se servir très sérieusement de ses facultés contre tout capitaine qui manquerait désormais à conserver son poste et à manoeuvrer, dans tous les cas, avec la précision et les connaissances requises et toujours nécessaires.

Pour éviter cette extrémité, son Excellence prévient qu'on ait à apprendre et à observer les avertissements qui se trouve dans le folio 22 jusqu'à 25 du livre des signaux. Ils sont en petit nombre et exigent peu de peine.

Le désordre et l'irrégularité avec lesquels on a navigué jusqu'à ce jour sont le résultat de la non-observation de ces articles.


Cette lettre aurait elle émue le gouvernement français ? car la France tente d'oublier ses griefs et propose à l'Espagne d'envisager la conquête de Minorque.

Le 23 juin, 18 vaisseaux commandés par le lieutenant général de Guichen quittent Brest, rejoignent à Cadix 1 vaisseau et 1 frégate venant de Toulon et se mettent aux ordre de don Cordova.



Cette nouvelle armée combinée ainsi formée est d'une grande supériorité numérique à la flotte anglaise.
Le 22 juillet 1781, l'armée combinée prend la mer, pénètre en Méditérranée, débarque près de 14 000 hommes à Minorque, et va croiser à l'entrée de la Manche.
Prévenu à temps, l'amiral Darby avait replié ses forces vers les côtes anglaises et était mouillé à Torbay toutes les prévisions à une attaque étaient prises.
Cette attaque fut effectivement évoquée à l'état major de la force combinée. Certains y voyaient l'assurance d'une victoire, d'autres pensaient juste le contraire....Ce sont ces derniers qui furent les plus convaincants car la sortie de cette formidable armée navale fut à nouveau sans résultat !
En septembre l'armée combinée quitte la Manche, don Cordova met le cap sur Cadix et de Guichen regagne Brest avec ses navires.
La conquête de Minorque ne s'acheva qu'en février 1782.
De Guichen de retour, la France peut enfin orienter son attention vers ses colonies, notamment vers les Antilles.
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Mar 3 Nov 2009 - 15:18

se borner à disposer ce que ses lumières lui dicteraient de mieux.

Je ne sais pas si j'aurai aimé vivre en ce temps là, mais ils parlaient fichtrement bien
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SAINT ETIENNE Claude




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MessageSujet: Mai / juin : Tabago Mer 11 Nov 2009 - 17:57

Désireux de mettre à profit le temps qui restait avant les grandes chaleurs, le lieutenant général de Grasse décide, en accord avec le gouverneur des îles du vent, d'attaquer Tabago, île anglaise du groupe des Antilles Sud.
Pour masquer cette opération, une manoeuvre de diversion est organisée contre l'île Sainte Lucie.

Le 8 mai, 1000 hommes de troupe sont embarqués sur les vaisseaux "Pluton" et "l'Expériment" et deux frégates.
Ces quatre navires accompagnés de 24 vaisseaux mouillent dans la baie du Choc.
Les troupes débarquent au Gros-Ilet, s'emparent facilement des hauteurs voisines du "morne fortuné" et attaquent cette position le 12 mai.
Cette attaque qui pas d'autre but que de faire prendre le change à l'anglais, est menée sans enthousiasme. Les troupes réembarquent le soir même, et l'escadre appareille et fait route sur Tabago, alors que les anglais supposent que les français se dirigent vers la Martinique.

Les français touchent Tabago et débarquent dans la baie de Courlande. Quelques jours plus tard, un renfort de 3000 hommes mené par le gouverneur général lui-même vient rejoindre les troupes de de Grasse.
Aussitôt, le contre-amiral Drake appareille de la Barbade avec un corps de troupe embarqué sur 6 vaisseaux et trois frégates. Drake a reçu l'ordre formel d'éviter tout engagement avec les bâtiments français.
Drake arrive devant Tabago, mais voyant les bâtiments français, il retourne à la Barbade, informe l'amiral Rodney de la situation.
Rodney appareille immédiatement avec 20 vaisseaux. Lorqu'il arrive devant Tabago, le pavillon français flotte sur l'île : le gouverneur a capitulé depuis le 1er juin.
Les troupes françaises sont sous voiles, mais Rodney décide de ne pas attaquer, et fait route sur Sainte Lucie. De Grasse ne le poursuit pas, il prend le cap vers la Martinique ou il mouille quelques jours plus tard.
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MessageSujet: 5 septembre 1781 - La Chesapeake Ven 13 Nov 2009 - 10:10

Louis XVI a décidé de retrouver une vraie marine. Le programme de construction est chargé, les chantiers navals tournent à plein régime.
Depuis quatre ans trois grandes puissances sont en guerre. La France et l'Espagne qui se sont ralliés en 1778 à la cause des insurgé américains, face à l'Angleterre qui refuse a ses colonies d'Amérique du Nord de proclamer leur indépendance.
Les océans sont devenus très dangereux pour les navires marchands. La flotte de De Grasse assure cette protection.

Le comte de Rochambeau est à la tête du corps expéditionnaire français. Il demande à De Grasse de lui transporter ses troupes afin qu'elles débarquent dans la baie de Chasepeake, à 600 kms au sud de New York.
Au bout de cette baie, le tiers des forces anglaises, aux ordres du général Cornwallis, est cantonnés à York Town (soit 8000 hommes).

Rochambeau a décidé de les bousculer à York Town, mais il a besoin de renforts.
Louis XVI laisse à De Grasse (qui est à bord du vaisseau de 100 canons "Ville de Paris") tous pouvoirs de décision.
Depuis le début de la guerre, Louis XVI ne se soucie pas des insurgés, il souhaite uniquement porter un maximum de coups à l'Angleterre, et surtout prendre sa revanche sur le traité de Paris de 1763, qui l'a contraint à abandonner à l'Angleterre d'importantes colonies.



Le 3 août 1781, l'escadre de De Grasse, mouillée à Saint Domingue embarque 3000 soldats et appareille.

La nouvelle parvient aux oreilles de Georges Washington qui décide aussitôt de rallier la baie de Chasepeake pour joindre ses forces aux troupes françaises.
Dans le même temps la nouvelle arrive également en Martique ou stationne la flotte anglaise de l'amiral Hood qui se lance immédiatement à la poursuite de l'escadre française.

Le 28 août, la flotte britannique entre dans la baie de Chasepeake...qui est vide.
Hood suppose alors que la flotte française fait voile au Nord pour rejoindre New York.
La flotte anglaise poursuit donc sa route pensant être derrière les français.

En fait, De Grasse est au Sud. Il n'a pas suivi la route habituelle qui contourne les Antilles par le Nord-Est. Il a fait un choix plus dangereux, peut être pour être certain de ne pas croiser les anglais, de mettre cap à l'Ouest à travers les hauts fonds et les vents du triangle des Bermudes malgrés les récifs et les courants contraires truffant cet itinéraire qui n'est pas cartographié.

Le résultat de ces décisions est en faveur de la flotte de De Grasse qui arrive à Chasepeake quatre jours après le départ de Hood : la voie est libre.

La Chesapeak, dans l'état de Virginie est une vaste baie, parsemée d'îles et de bancs, dans laquelle se jettent un grands nombre de rivières.
En approche, on double le cap Henri à la pointe Sud de l'entrée, on trouve le mouillage de Lynhaven, puis en suivant la côte Sud, on entre dans la rivière James qu'il faut remonter sur 45 miles pour arriver à James-Town et à Williamsbourg villes situées en vis à vis sur chaque rives.
La rivière James a pour principaux affluents la Nansemond et l'Elisabeth qui conduise la première à Suffolk, et l'autre à Norfolk.

Si au lieu de continuer la route à l'Ouest après avoir passé le cap Henri, on tourne brusquement à droite ou au Nord, on entre proprement dit dans la baie de Chasepeak.
Le passage est rétréci par trois bancs :
Le premier entoure le cap Charles, pointe Nord à l'entrée de la baie.
Le deuxième appelé "Horse Shoe" (fer à cheval) s'étend le long de la côte opposée depuis la rivière James jusqu'à la rivière Back.
Entre les deux mais plus rapproché du premier se trouve le troisième banc appelé "Middle ground" (terre du milieu).

La rade de Lynhaven, que l'on peut considérer comme la rade extérieure est donc comprise entre les terres du Sud, le Horse shoe, le Middle ground et le banc du cap Charles.

A l'Ouest, par le travers du Middle ground se trouve une belle rivière : c'est l'York. Il faut la remonter sur 15 miles pour trouver la ville qui lui a donné son nom. La ville de Glocester est en regard de l'autre côté de la rivière.

En remontant toujours au Nord, après avoir dépassé un bon nombre de rivières, on trouve sur la côte occidentale, à quelques miles du fond de la baie, la ville d'Annapolis et à la même hauteur de l'autre côté, la rivière l'Elk.
On ne compte pas moins de 200 miles du cap Henri à la ville de Baltimore située entre ces deux positions.

De Grasse établi le blocus de la rivière York pour couper les communication de l'anglais vers la mer. Il place aussi quelques bâtiments à l'entrée de la rivière James et plus haut à Hampton pour surveiller les mouvements de l'ennemi dans cette partie, et protéger le débarquement des troupes qui devaient être dirigées vers James-Town. Ce mouvement eut lieu les 1er et 2 septembre.
Ce renfort permet au général Lafayette de franchir la rivière et d'aller occuper Williamsbourg située à environ 15 miles d'York.
Le général Cornwallis se trouve bloqué à York Town car l'aide ne peut lui parvenir que par la mer. Il adresse un appel au secours à l'amiral Graves qui croise au Nord.

Pendant ce temps, l'escadre française commandée par le comte de Barral fait cap au Sud le long de la côte pour rejoindre Chasepeake. Elle risque fort de se retrouvée face à face avec l'escadre de Hood, or les forces de Barral sont bien inférieures à celle de Hood.

De Grasse hésite entre rester à Chasepeake et terminer le débarquement ou faire voile au Nord pour secourir Barral.

Les anglais lui apportent la décision eux-mêmes : la deuxième escadre anglaise aux ordres de l'amiral Graves, qui se trouvait plus au Sud que celle de Barral filait sur Chasepeake pour secourir Cornwallis. Graves croise la route de Hood qui fait demi-tour. Les deux escadres anglaises font alors voiles vers Chasepeake ou elles arrivent le 5 septembre 1781.
La décision de De Grasse est immédiate, il laisse quatre navires pour bloquer la baie et lance toutes ses forces sur l'escadre anglaise.
Malgré la supériorité numérique des français, l'anglais n'hésite pas à attaquer. Il laisse arriver largue sur la ligne du plus près babord.
Arrivée au Middle Ground, la flotte anglaise vire vent arrière par la contre marche et se forme en ligne de convoi quatre quart largue (babord amures comme les français).
A ce moment, les lignes anglaises et française forment un angle à 45°.
Cet angle n'est pas assez grand pour les mettre à distance convenable, car lorsqu'elle se trouve à hauteur des vaisseaux de tête, la flotte anglaise doit laisser arriver presque vent arrière pour se rapprocher ; elle s'établit ensuite en bataille à bonne portée de canons.
La manoeuvre de l'avant garde est successivement imitée par les deux autres escadres anglaises. Toutefois l'arrière garde reste à si grande distance que c'est à peine si ses boulets portent.
En fait, le combat n'a lieu qu'avec les deux premières escadres de deux armées.
On imagine l'avantage des français de voir arriver sur eux les navires anglais présentant leurs proues sur une route presque perpendiculaire à la leur. Ils peuvent canonner l'anglais sans que celui ci puisse répondre.
Vers 17h00 le vent refuse. De Grasse donne l'ordre de rectifier la ligne, alors que l'anglais fait serrer au vent. Les deux escadres s'éloignent alors. Au coucher du soleil elles sont hors de portée de canons.
La flotte de de Grasse se met en poursuite sans parvenir à rattraper les navires anglais, puis renonce à la chasse et rentre à Chasepeake.
Cette bataille de Chasepeake pèsera lourd dans l'avenir américain ! Depuis la baie, les navires français bombardent York Town, tandis qu'à terre, Les forces de Lafayette se sont jointes aux forces de Rochambeau, le siège de York Town commence. Les anglais se rendent le 19 octobre.

Cornwallis n'accepte pas une telle humiliation, il se fait remplacer par le major-général O'Hara qui rend son épéé à Rochambeau. Rochambeau ne prend pas cette épée, il se tourne vers Washington qui reçoit la réddition anglaise sous la bienveillance française.
Par contre, de Grasse paiera très cher son manque de persévérance dans la chasse à l'anglais, car deux ans plus tard, car il rencontrera aux Saintes ces navires anglais pour un combat dont l'issue ne lui sera pas favorable.
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Ven 13 Nov 2009 - 10:24

La situation en cette fin d'année 1781 est la suivante :
Etat des pertes :
flotte anglaise
3 vaisseaux de 74 canons
2 vaisseaux de 44 canons
1 frégate de 36 canons
4 frégates de 32 canons
2 frégates de 28 canons
4 frégates de 24 canons
3 frégates de 18 canons
3 frégates de 14 canons
1 brigantin de 12 canons

7 de ces navires ont été pris par la flotte française



flotte française
1 vaisseau de 80 canons ("La Couronne" incendié par accident)
2 vaisseaux de 74 canons (dont "l'Intrépide" incendié par accident)
1 vaisseau de 64 canons ("l'Actionnaire armé en flûte)
1 vaisseau de 44 canons ("le Sérapis" incendié par accident)
4 frégates de 32 canons (dont "l'Inconstante" incendiée par accident)
1 frégate de 28 canons
1 frégate de 26 canons
1 frégate de 24 canons
2 frégates de 20 canons
1 frégate de 18 canons


6 de ces navires ont été pris par la flotte anglaise; un septième l'a été par un corsaire ("la Rover" frégate de 20)


Sur un plan général :

La défaite de Yorktown a provoqué un réel malaise dans le gouvernement anglais.
La position de Gibraltar agace toujours les gouvernements français et espagnol.
De Grasse est en Atlantique Ouest, il est malade et demande que son remplaçant soit désigné rapidement. Versailles ne semble pas pressé de l'écouter et lui demande d'attaquer des positions anglaises situées aux Antilles. Mission qu'il remplira avec quelques réussites.
De Guichen est au commandement de l'escadre française. En 1782 cette escadre ira rejoindre une nouvelle fois Cadix.
Suffren est aux Indes, aux ordres du comte d'Orves. Suffren trépigne, il n'admet pas le laxisme d'Orves, il se heurte à une sorte de force d'inertie émanant des officiers de marine français.

Un nouvel acteur entre en scène :
1781 - 20 décembre - Déclaration de guerre entre l'Angleterre et la Hollande qui rejoint la "ligue des neutres" contre les arraisonnements.

Nous verrons tout cela dans l'année 1782, laissez moi un peu de temps car pour l'instant je n'ai rien préparé indécis
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Ven 13 Nov 2009 - 10:47

Avec une lecture de cette qualité on ne peut que attendre.....
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SAINT ETIENNE Claude




Age : 71 Date d'inscription : 17/11/2008 Nombre de messages : 1231 Localisation : Normandie / CALVADOS/ LECAUDE Emploi/loisirs : Retraité - Cinéma - lecture principalement histoire

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MessageSujet: 12 avril 1782 - bataille des Saintes Ven 27 Nov 2009 - 14:51

Bataille des Saintes ou Bataille de la Dominique - 12 avril 1782 -

Avant propos.
Le sujet est long et la lecture de certains passages de cette bataille vous semblera peut être fastidieuse, par exemple les listes des noms des navires et ceux de leurs commandants, les indications des vents et des amures, mais comme souvent, tous ces détails sont importants :
Cette affaire s'est terminée par un conseil de guerre ou les comportements de tous les commandants et quelques seconds furent examinés et jugés.
Si les manoeuvres d'un combat sont décrites avec le nom des navires, ce sont les officiers qui sont jugés lors d'un conseil de guerre, ce sont donc leurs noms que l'on retrouve dans les rapports. Voilà pourquoi il est préférable de faire la relation.

D'autre part, d'une manière générale, la navigation à la voile aux abords des îles n'est pas toujours facile : les vents sont souvent changeant et l'on à vite fait de se trouver dans la pétole pour un bon moment alors que l'on se croyait prêt l'instant d'avant à sortir les défenses, comme l'on dit "il vaut mieux connaître le coin". C'est pourquoi la manoeuvre et les décisions de de Grasse paraissent étranges, il savait parfaitement que les anglais connaissaient la zone aussi bien que lui ! Peut être pensait il que des navires anglais l'attendaient au large pour prendre les navires marchands ? En tous les cas, il n'en parle pas, et nous restons avec nos questions. Il faut aussi tenir compte que de Grasse était malade, il avait demandé son remplacement et son rapatriement. Ses facultés étaient-elles réduites comme de Vaudreuil le laisse entendre de manière ironique dans son mémoire? Le sujet n'a pas été évoqué.
La marine française ne se relèvera pas de cette défaite, c'est pourquoi après le récit de la bataille il est interessant de se pencher sur l'étude des mémoires faite par le conseil et les conclusions du conseil de guerre.



12 avril 1782 - Bataille de la Dominique ou Bataille des Saintes.

Les escadres anglaises et françaises de la mer des Antilles avaient un but commun : conquérir la Jamaïque... chacun de leur côté bien évidemment !

L'amiral Rodney, à la tête de 17 navires arrive en mer des Antilles. La France juge le moment opportun pour tenter la conquête de la Jamaïque.

Saint Domingue reste le lieu de rendez vous pour les escadres alliées. De Grasse ne voulant pas abandonner les navires de commerce devant retourner en Europe attend pour appareiller.

C'est le 8 avril qu'a bord du "Ville de Paris" il quitte Saint Pierre de la Martinique avec 35 vaisseaux, 4 frégates, une corvette et un côtre. Il a sous sa protection 150 navires de commerce dont une bonne part transportent les poudres et munitions destinées à l'opération de la Jamaïque. Les vaisseaux L'Expériment et le Sagittaire reçoivent pour mission la protection et l'accompagnement des navires marchands.

Ville de Paris

Cette flotte met le cap au Nord.
Les frégates anglaises qui croisent devant Saint Pierre informent l'amiral Rodney de ce départ, et le jour même, de Grasse est informé que Rodney vient d'appareiller de Sainte Lucie pour le contrer.
Le 9 avril au matin, les frégates de de Grasse aperçoivent la flotte anglaise sur l'arrière : 37 vaisseaux et 20 frégates.
Le vent souffle E.S.E. la flotte française a doublé la Dominique.

Les îles Antilles situées dans l'Atlantique septentrional, à l'entrée de la mer des Antilles décrivent un arc de cercle très prononcé allant du golfe de Paria de la province du Cumana dans l'Amérique du sud, jusqu'au Yucatan dans l'Amérique Septentrionale.
Après avoir suivi le Nord jusqu'à la Martinique, cet arc s'infléchit au N.O. et, de l'anguille à l'île de Cuba il court au O.N.O.
Il faut donc faire du N.O. pour aller de la Dominique à la Guadeloupe.
En naviguant ainsi, on laisse les Saintes un peu à droite dans l'Est.
De la pointe des Capucins la plus Nord de la Dominique à la Terre d'en bas, la plus occidentale des Saintes, on compte 16 milles.
Des Saintes à la pointe méridionale de la Guadeloupe à la pointe du vieux fort, il y a 8 milles. La ville de Basse Terre située dans l'Ouest de l'île est à environ 2 milles de cette dernière.
Dans ces zones, la brise régulière E.N.E. à E.S.E. souffle toujours très fraîche dans les canaux, tandis que dans l'Ouest et près des îles, "il fait calme". Des risées, des rafales plus ou moins fortes descendant des mornes sur un rythme très irrégulier, permettent seules aux navires de poursuivrent leur route; mais souvent, à des distances très rapprochées, les navires sont soumis à des influences différentes.
Dans ces conditions, l'on comprend facilement qu'il est très difficile voire impossible de maintenir la bonne formation d'une escadre. De plus il est impossible d'évaluer le temps qui sera nécessaire pour quitter la zone des calmes et celles des "folles brises".

Ce 9 avril 1782 à 10h30, la flotte anglaise s'est rapprochée, mais elle est dans la zone des calmes de la Dominique. Toutefois, 16 de leurs navires ont réussi à se déployer et menacent les vaisseaux français situés à l'arrière "le Zélé" et "l'Auguste".
De Grasse fait mettre bâbord amure et signale au "Sagittaire" et à "l'Expériment" d'aller mouiller à Basse-Terre avec le convoi marchand.
Puis, estimant que les 16 vaisseaux anglais ne seraient pas rejoint par les autres navires restés en zone de calme, de Grasse lance son avant garde sur ces 16 navires anglais. Par un excès de zèle non autorisé, "le Glorieux", "le Thumberland" et "le Citoyen" se joignent à l'avant garde et chargent aussi la flotte anglaise.
A ce moment, la flotte française pouvaient écraser la flotte anglaise. Les anglais reprendront cette méthode à la sortie de la bataille de Gibraltar : ils plient sans cesse. Il est bien évident que sur l'instant ils espèrent ainsi gagner du temps pour permettre aux autres navires de quitter la zone de calme et de les rejoindre, mais ils désorientent et désespèrent de Grasse qui craint de laisser "l'Expériment" et "le Sagittaire" trop isolés en chassant les 16 navires anglais. De Grasse craint aussi pour l'avenir immédiat du "Zélé" et de "l'Auguste"....
A 13h30, il fait mettre tribord amures et reprend sa route avec ses vaisseaux sauf le "Caton" du capitaine de Framond qui ayant signalé des avaries prend un mouillage avec le convoi à Basse Terre.
Dans le courant de la nuit, "le Zélé" aborde "le Jason" qui lui aussi va relacher à Basse-Terre.
Les deux flottes louvoient toute la nuit du 9 au 10 et toute la journée du 10 avril. "Le Souverain" qui s'était échoué en appareillant de la Martinique rallie dans le courant de la journée du 10 avril.

De Grasse n'explique pas pourquoi il a louvoyé entre la Dominique et les Saintes, alors qu'il pouvait mettre le cap sur Saint Domingue sans fatiguer ses vaisseaux et leurs équipages.
Les bâtiments qui vont de la Martinique à Saint Domingue naviguent grand largue à l'Ouest 15° ou 30° s'ils veulent passer au vent de l'île pour atteindre le cap Français.
Il est difficile d'imaginer pourquoi l'amiral français décide de tenter avec 31 vaisseaux, plusieurs frégates et corvettes, le passage au vent des Saintes, toujours difficile et fatiguant (même pour un navire isolé), cette décision ne lui offrait aucun avantage, et risquait de compromettre le convoi marchand.

Le 11 avril, tous les navires ont doublés les Saintes (à priori sans autre engagement), "le Magnanime" et "le Zélé" sont à une dizaine de milles sous le vent.
(cette distance que l'on trouve dans le rapport de l'amiral semble exagérée, car cela voudrait dire que ces deux vaisseaux auraient pu doubler les Saintes dès leur premier bord...donc, à la lecture des rapports : méfiance sur les distances indiquées !)
Le Zélé qui au cours de la nuit avait dématé sont mât de hune s'était laissé distancé pour le changer.
A 15h00, sept vaisseaux anglais sont à 3 milles du "Zélé" et du "Magnanime", pour ces deux navires : le danger est imminent.
A 17h00, de Grasse donne l'ordre de laisser arriver pour protéger le "Zélé" et le "Magnanime" comme le "Jason" qui n'a pas encore atteint Basse Terre. Voyant cette manoeuvre, les sept navires anglais rejoignent leur flotte.
Au coucher du soleil, la flotte anglaise est à environ 12 milles sous le vent de la flotte française qui va louvoyer toute la nuit dans le canal des Saintes.
Dans la nuit du 11 au 12 avril, à 02h15, "le Zélé" et "le Ville de Paris" s'abordent. Le "Zélé" casse son beaupré et son mât de misaine. La frégate "l'Astrée" capitaine Lapérouse reçoit l'ordre de prendre le "Zélé" en remorque et de le conduire à Basse-Terre de la Guadeloupe.
A l'aube du 12 avril, un spectacle ahurissant attend de Grasse : la flotte française est répandue sans aucun ordre entre la Dominique, les Saintes et Marie Galante. Une distance de 3 à 4 lieues séparent le "Ville de Paris" des navires situés le plus au vent, le "Zélé" et "l'Astrée" seuls sont sous le vent à 2 milles environ du navire amiral plusieurs navires anglais leur ont donné la chasse ils sont environ à trois milles de leurs eaux : la position du "Zélé" est critique.
De Grasse fait le signal de ralliement, et lance aussitôt l'ordre de préparation au combat tout en laissant arriver au S.S.O.

Ville de Paris

Dès que le premier mouvement de la flotte française est bien engagé, les anglais cessent la chasse.
A 07h30, le "Ville de Paris" qu'une partie des vaisseaux a rallié, est à portée de canons de l'ennemi. Il fait alors serrer au vent bâbord amures, il a pour projet de prendre un ordre de bataille en ligne inversé (un face à face). C'est là qu'il fait une erreur de jugement, en effet, à l'aube, une distance de 4 lieues le séparait de ses navires lorsqu'il a lancé son signal de ralliement tout en prenant le cap S.S.O. il devenait impossible à ses navires de former instantanément un ordre régulier quel qu'il soit. Aussi lorsqu'il donne l'ordre d'ouvrir le feu, les vaisseaux n'étaient pas tous en position de se mettre en ligne et les derniers formaient au vent de la première une deuxième colonne qui fut plus gênante qu'utile et ne pris qu'une part secondaire dans la bataille.
Sous le vent, la flotte anglaise rangée en bataille tribord amures riposte de suite.
La brise souffle fraîche E.N.E. dans le canal.

Voici l'ordre dans lequel les navires des deux armées sont rangés. (Je rappelle que la ligne de la ligne française est très irrégulière).

Flotte française

74c. l'Hercule - Chadeau de la Clocheterie.
74c. Neptune - Renaud d'Aleins.
74c. Souvenrain - Chevalier de Gandevès.
74c. Palmier - de Martelly-Chautard.
74c. Northumberland - de Sainte Césaire.
80c. Auguste - de Castellan. A bord le chef d'escadre de Bougainville.
64c. Ardent - de Gouzillon.
74c. Scipion - comte de Clavel.
74c. Bravon - comte d'Amblimont.
74c. Citoyen - d'Ety.
74c. Hector - de Lavicomté.
74c. César - vicomte Bernard de Marigny.
70c. Dauphin Royal - comte Roquefeuil Monpéroux.
80c. Languedoc - baron d'Arros d'Argélos.
104c. Ville de Paris - de Lavilléon. A bord le lieutenant général comte de Grasse.
80c. Couronne - Mithon de Genouilly.
64c. Eveillé - le Gardeur de Tilly.
74c. Sceptre - comte de Vaudreuil.
74c. Glorieux - vicomte d'Escars.
74c. Diadème - chevalier de Monteclerc.
74c. Destin - Dumaitz de Goimpy.
74c. Magnanime - comte le Bègue.
64c. Réfléchi - chevalier de Médine.
74c. Conquérant - de Lagrandière.
74c. Magnifique - de Marcaty Macteigue.
80c. Triomphant - du Pavillon. A bord le chef d'escadre marquis de VaudreuiL
74c. Bourgogne - chevalier de Charitte.
80c. Duc de Bourgogne - de Champmartin. A bord chef d'escadre chevalier Coriolis d'Espinouse.
74c. Marseillais - de Castellane Majastre.
74c. Pluton - d'Albert de Rions.
Frégates : Amazone - Aimable - Galathée - Richmond.
Corvette : Cérès.
Cotre : Clairvoyant.
Soit 30 vaisseaux, 4 frégates, 1 corvette et 1 cotre.

Flotte anglaise :

82c. Royal Oak - Thomas Burnett.
82c. Alfred - william Bayne.
82c. Montagu - Georges Bowen.
72c. Yarmouth - Anthony Parry.
80c. Valiant - S.G. Goodall.
100C. Barfleur - John Knight. A bord vice amiral Samuel Hood.
82c. Monarch - Francis Reynolds.
82c. Warrior - James Wallace.
73c. Belliquous - Alexander Suntherland.
82c. Centaur - John Inglefield.
82c. Magnificient - Robert Linzee.
72c. Prince William - Georges Wilkinson.
82c. Bedford - Thomas Grave. A bord commodore Edmund Affleck.
82c. Ajax - N. Charrington.
72c. Repulse - Thomas Dumaresq.
82c. Canada - Honorable William Cornwallis.
72c. Saint Albans - Ingles.
100c. Namur - Robert Fanshaw.
108c. Formidable - sir Charles Douglas. A bord amiral G.B. Rodney.
108c. Duke - Allen Gardner.
72c. Agamemnon - Benjamin Caldwell.
82c. Resolution - lord Robert Manners.
72c. Prothée - Charles Bukners.
82c. Hercules - Henri Savage.
72c America - Samuel Thompson.
70c. Russell - James Saumarez.
72c. Prudent - Andrew barklay.
82c. Fame - Robert Barber.
72c. Anson - William Blair.
82c. Torbay - Georges Gidoin.
108c. Prince Georges - James Williams.
70c. Princessa - Charles Knatchbull. A bord contre amiral Samuel Drake.
82c. Conqueror - Georges Balfour.
72c. Nonsuch - William Truscott.
82c. Alcide - Charles Thomson.
82c. Arrogant - Samuel Cornish.
82c. Malgorough - Taylor Penny.
Fregates : Zebra - Champion - Alecto - Endymion - Alarm - Alert - Andromach - Flora - Sybil - Triton - Eurydice

De Grasse ne tarde pas à s'apercevoir qu'il va se trouver dans les calmes sous le vent de la terre.
Le premier vaisseau de l'avant garde anglaise était à peine à la hauteur du dernier vaisseau de l'avant garde française, que de Grasse donne l'ordre de virer lof pour lof.
Les vaisseaux étaient à portée de fusils, donc trop proches les uns des autres pour rendre cette manoeuvre possible. De plus, l'étendue de la ligne des vaisseaux et l'épaisseur de la fumée empêchèrent de voir ces signaux, si bien que l'ordre ne fut pas exécuté bien que le "Pluton" situé en serre-file de la colonne ait reçu l'ordre de commencer le mouvement.
L'avant garde française approche de la Dominique, la brise devient de plus en plus molle.
08h15, de Grasse donne l'ordre de virer lof pour lof par la contre marche, alors que les raisons qui empêchaient de voir le premier ordre existent toujours !
Ce nouvel ordre a le même résultat que le premier...
A bien réfléchir, le résultat de ce désordre n'est pas si mauvais, car si l'ordre avait été exécuté, les vaisseaux français se faisaient prendre d'enfilade et les anglais avaient quasiment tous leurs tirs assurés dans la cible alors que les équipages français seraient en pleine manoeuvre et certainement pas au mieux de leurs possibilités pour utiliser leur artillerie.
Le vent tend au S.E. augmentant ainsi l'irrégularité de la ligne française qui s'allonge de manière inquiétante et se retrouve en échiquier.
11h45 l'amiral Rodney aperçoit un intervalle conséquent entre le deuxième et troisième vaisseau de la ligne française. Il fait serrer au vent le "Formidable" et suivi de ses vaisseaux il coupe la ligne devant le "Dauphin Royal".
La confusion règne dans les rangs français.
La ligne française est percée en plusieurs endroits.
L'avant garde continue de tenir le vent bâbord amures, les vaisseaux du centre et ensuite ceux de l'arrière garde doivent laisser arriver et courent au largue sous le vent des anglais.
Le vent qui n'a pas cessé de mollir depuis le début de l'engagement faiblit encore.
Le calme surprend les deux armées dans leurs positions. La fumée s'épaissie, il est impossible de distinguer quoi que ce soit.
Le feu se discontinu naturellement sur la majeure partie de la ligne.
Vers 13h30 une petite brise venue de l'Est commence à dissiper la fumée.
De Grasse constate que son armée est divisée en trois groupes. L'avant garde est 4 milles à l'avant et navigue au plus près respectant l'ordre de son chef d'escadre qui ne voyant plus les ordres de de Grasse avait répété son dernier signal : celui de serrer au vent au lieu de laisser arriver pour le rallier.
Les vaisseaux dont la route avait été coupée étaient sous le vent de l'armée anglaise, assez bien ralliés mais fortement dégréés et en deux groupes; ceux du centre serraient bâbord amures, les autres courraient largue.
Sous le vent, l'on voyait le "Glorieux" réduit en ponton. La frégate "Richmond" reçoit alors l'ordre d'aller le prendre en remorque. Le capitaine de Mortemard reçoit peu de temps après l'ordre de larguer la remorque car sa frégate va être écrasée sous le feu de l'ennemi.
Dès que les vaisseaux purent gouverner, de Grasse fait signal de rallier, puis de reprendre l'ordre initial de combat.


Combat des Saintes


Le vent était encore trop faible et les vaisseaux ayant subis des avaries : L'ordre ne pouvait pas être correctement exécuté.
L'avant garde continue de tenir le vent, et l'arrière garde court au largue.
Dès que les vaisseaux de l'arrière garde en ont à peu près terminé avec leurs avaries, ils rallient la "Ville de Paris".
A ce moment, l'escadre anglaise ne suit plus un ordre groupé. Leurs navires opèrent par groupes et attaquent les navires français qui sont en le plus mauvais état et dont la prise sera facile.
La " Ville de Paris" est enveloppé par l'arrière dans un demi cercle. Les vaisseaux de l'arrière garde se sont formés en ligne devant la "Ville de Paris", formation inefficace face à ce type d'attaque.
Par deux fois, de Grasse donne l'ordre de diminuer les voilures, à 15h00 il donne l'ordre de bataille tribord amures.
La majeure partie des navires du centre et de l'arrière garde se conforment à ce signal en virant vent devant, ils se forment sur le vaisseau amiral.
L'avant garde qui s'est enfin décidée à laisser arriver, navigue vent arrière malgré les signaux qui lui sont faits. Elle fini cependant à courir parallèlement au "Ville de Paris" .
L'ordre de tenir le vent est donné à 16h15 répété à 17h00 et à 18h15.
Puis vient le signal de rallier.
Ce dernier signal n'est pas suivi par les capitaines qui ne sont pas dans la ligne. Ils imitent tous la manoeuvre de l'avant garde, c'est à dire qu'ils suivent la même route que la "Ville de Paris" sans se mettre en ligne.
Le "Triomphant", le "Languedoc", le "Bourgogne", la "Couronne", le "Pluton" et le "Marseillais" sont les seuls vaisseaux dont la manoeuvre prouvent l'intention de soutenir l'Amiral.
Il est malheureusement impossible à ces navires de suivre une méthode et encore moins d'établir une ligne, car la "Ville de Paris" doit répondre aux attaques des navires anglais qui l'assaillent sur son arrière, et pour cela, il doit sans cesse faire des embardées pour présenter son travers et utiliser son artillerie. Cette pagaille interdit aux vaisseaux ci-avant cités de s'organiser et de former une force respectable.
Le chef d'escadre de Bougainville, affirme s'être battu vigoureusement tant qu'il avait des anglais sur son travers. Ensuite, très préoccupé par l'état de son navire, il s'est comporté en général, il a donc donné ses ordres à l'avant garde.
Les vaisseaux anglais moins touchés que les français savent profiter de cet avantage.
Pris dans les calmes par le travers de l'arrière garde anglaise, "le César", "le Citoyen" et "l'Hector" sont littéralement écrasés par les anglais. Ils souhaitaient un soutient de l'avant garde française, mais le signal qu'envoie de Bougainville est très vague : "Portez secours aux navires qui se battent encore". seul le "Souverain" tentera une approche, il sera bien vite démotivé par la puissance de feu anglaise, si bien que personne ne s'approcha de ces trois navires. Le "Citoyen" parvient malgré tout à rallier le corps de bataille.
16h00 le "César" entièrement démâté se rend au "Centaur".
17h30 "l'Hector" qui avait soutenu la lutte avec quatre navires anglais se rend au "Canada" et à "l'Alcide".
"L'Ardent" et le "Glorieux" ont amené leurs pavillons.
17h45, les navires qui entouraient encore la "Ville de Paris" serrent le vent.
Depuis le début de l'engagement, il semble que les capitaines ne suivaient que l'idée de sauver leur propre navire, à cet instant, cette idée est flagrante.
18h00, la "Ville de Paris" qui ne gouverne plus, subit toujours les assauts du "Canada" et du "Barfleur" amène son pavillon, les anglais lui passent une remorque.
22h00 le "César" explose, 400 français et 50 anglais sont tués dans cet accident inexpliqué.
Le "Glorieux" est en si mauvais état que les anglais décident de l'incendier.

Le récit de la bataille des Saintes appelée aussi "bataille de la Dominique" s'arrête ainsi.
Le combat n'est qu'une partie de l'affaire, qui est suivie par l'analyse et avis du conseil de marine, des rôles tenus par les navires, décision du conseil de guerre. Nous verrons tout ça dans les posts suivants.

Avis aux fouineurs de grimoires :
Pour ce qui concerne les participants, les rapports dressés par les captaines anglais sont à prendre avec beaucoup de méfiance. Certains même ont rapporté avoir combattu des navires français alors que ceux ci étaient aux Indes ou à Brest...


à suivre...
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MessageSujet: Re: 1766 à la révolution Dim 29 Nov 2009 - 17:28

Bataille des Saintes - conseil de marine

De Grasse est fait prisonnier.
Il est de retour en France le 12 août 1782.
Objet de critiques venant de ses anciens officiers (notamment de Vaudreuil). De Grasse rédige un mémoire ou il se plaint de ses capitaines.
Contrairement aux ordre du roi, ce mémoire est largement diffusé, même au dela des frontières de France.
Le 29 avril 1783 Louis XVI décide de réunir un conseil de guerre.
Chaque capitaine rédige un mémoire et le présente au conseil. (Certains mémoires sont très virulents contre de Grasse).
Après une instruction minutieuse de tous ces documents le conseil de marine tire les conclusions suivantes :

"La combinaison de s'en tenir à ne faire donner qu'une partie de notre armée, peut être considérée comme un trait de prudence de la part du général, que pouvait lui indiquer les projets ultérieurs de la campagne".
Une chose est certaine : de Grasse était convaincu que l'armée anglaise resterait longtemps dans les calmes et les "folles brises" avant de pouvoir prêter main forte aux 16 navires anglais qui seuls étaient sortis de la zone des calmes.
L'armée française aurait été moins compromise en donnant une chasse générale, qu'en faisant attaquer les anglais que part quelques vaisseaux.

Quand au "Zélé" et à "l'Auguste", ils pouvaient imiter le mouvement général, et si cette manoeuvre présentait des inconvénients, poussés qu'ils seraient par la brise fraîche du canal, alors que les vaisseaux anglais étaient au calme sous la Dominique, ou en retraite devant l'armée française. Ces deux vaisseaux risquaient peu d'être atteints avant de pouvoir demander protection des batteries françaises.

Avis du conseil de marine :
Le conseil ne reproche pas à de Grasse la décision prise de ne pas poursuivre avec toutes ses forces les 16 navires anglais. Mais désapprouve la conduite tenue par l'amiral lors de la journée du 12 avril.
Il émet l'opinion que la position du "Zélé" ne rendait pas la manoeuvre qui fut faite indispensable, ce vaisseau était tellement au vent de l'armée anglaise que, quand les vaisseaux ennemis levèrent la chasse, une distance de 5 milles les séparaient encore. La différence entre la force du vent lui donnait grande chance d'éviter le combat : il avait bonne brise au milieu du canal et la masse des anglais était encore sous l'influence des calmes et des "folles brises" de la Dominique.
Remorqué par "l'Astrée", le "Zélé" filait 5 à 6 noeuds il mouille à Basse-Terre à 10h00 le 13 avril.
Dans tous les cas, il était inutile de courir grand largue alors que les anglais avaient levé la chasse; et pour commencer le combat, il fallait attendre que la ligne française soit correctement formée.
Le conseil déclare encore qu'il eut été préférable de prendre les amures à tribord, parce que courant à contre-bord des anglais, le commandant en chef conduisait ses vaisseaux dans la zone des calmes et "folles brises".


à suivre...
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