Le rendez-vous des Anciens de La Royale

Souvenirs et Discussions d'Anciens Marins de la Marine Nationale
 
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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Dim 12 Avr 2009 - 21:42

je crois ne pas me tromper mais tu as le bonheur ....oh combien de marins...combien de capitaines ..qui sont parties joyeux pour des mers lointaines....(oceanonox )
_________________
Rien ne sert courir, il vaut mieux arriver en retard au boulot que d'arriver en avance au paradis surtout sur la route .....
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bout de bois
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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Dim 12 Avr 2009 - 22:43

bout de bois a écrit:
je crois ne pas me tromper mais tu as le bonheur ....oh combien de marins...combien de capitaines ..qui sont parties joyeux pour des mers lointaines....(oceanonox )
Merci pour ton commentaire, Bout de bois....
J'étais très ému en redécouvrant l'expression de ce visage 43 ans après I love you
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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Lun 13 Avr 2009 - 11:20

Claude, un peu plus haut, tu dis que le livre "Le mariage de loti" est actuellement introuvable en librairie, mais je signale à ceux que cela pourrait intéresser qu'on peut se le procurer pour 5 euros plus les frais de port bien sur, via internet et "abebooks".
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Jacques34




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Lun 13 Avr 2009 - 12:03

Jacques34 a écrit:
Claude, un peu plus haut, tu dis que le livre "Le mariage de loti" est actuellement introuvable en librairie, mais je signale à ceux que cela pourrait intéresser qu'on peut se le procurer pour 5 euros plus les frais de port bien sur, via internet et "abebooks".
Bonjour Jacques,
Voici une gravure extraite du livre "Le mariage de Loti"... mais je n'ai pas ce livre !

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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Lun 13 Avr 2009 - 12:10

Pour ce qui sont intéressés, chez [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] :
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Excusez-moi chef, pour la publicité....
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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Mar 14 Avr 2009 - 10:30

Bonjour à tous et bien heureux que vous vous trouviez concernés par ces pages. Alors pour ce qui est de Loti, pour moi trop dur à lire, à suivre. Le seul livre qui ma intéressé et encore je n'ai lu que le passage pour lequel je l'ai acheté, il porte sur la révolte des boxers et l'attaque des missions Européennes à Pékin et de toute la flotte internationale qui s'est déployée là-bas à cette occasion... De Loti il est un acte incontournable que chacun devrait au moins accomplir dans sa vie, pour moi c'est fait, il s'agit de la visite de sa maison à Rochefort....Un dépaysement total de gout de qualité parmi des oeuvres exceptionnelles, si ce n'est fait, allez y, c'est une obligation culturelle et puis en plus après vous aurez la possibilité de voir le musée de la Marine doublé du chantier de l'hermione.
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SAINT ETIENNE Claude




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Ven 17 Avr 2009 - 2:01

Ia ora na outou,

En relisant mes livres, je viens de découvrir ceci :
Si nous* mangeons du chien, c'est un hotu painu*, peretane* de surcroit, qui nous l'a appris....
D'ailleurs vu son nom, c'est pas étonnant ! Exclamation

* je dis "nous", c'est à dire "nous les polynésiens" (je suis assimilé !)
* hotu painu = bois flotté, ce dit d'un étranger qui échoue sur une plage de Tahiti (comme moi, quoi !)
* peretane = britannique

Relations de voyages autour du monde – James Cook
(2ème voyage)
25 février 1774. Je tombai malade de coliques bilieuses, qui furent si violentes qu'elles m'obligèrent à garder le lit ; et la conduite du navire fut laissée à monsieur Cooper, le premier officier, qui s'acquitta de sa tâche à mon entière satisfaction. Plusieurs jours passèrent avant que les symptômes les plus graves de ma maladie eussent disparu, et pendant ce temps monsieur Patten, le chirurgien, non seulement fut pour moi un habile médecin mais me servit de garde et se montra, dans ce rôle, plein d'une affectueuse sollicitude ; je ne serais pas digne des soins qu'il me prodigua si je n'en rendais ce témoignage public. Quand je commençai à me rétablir, un chien favori qui appartenait à monsieur Forster fut offert en sacrifice à mon estomac fragile. Nous n'avions absolument aucune autre viande fraîche à bord, et je pouvais manger de sa chair, et du bouillon qu'on en faisait, alors que je ne pouvais supporter le goût de rien d'autre : ainsi je puisais de la nourriture et des forces dans un aliment qui aurait soulevé le cœur de la plupart des Européens, tellement il est vrai que nécessité fait loi .
.....................
Je voulais mettre ce texte dans le sujet "Nos amis les bêtes" mais cela aurait été jugé de mauvais goût Laughing

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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Ven 17 Avr 2009 - 8:04

Je suis heureux d'avoir garder mes coutumes européenne, mis à part la tortue dégustée à Madagascar et en chine je n'ai rien touché d'autre, et lorsque nous étions invités sur les atolls polynésiens je me suis toujours défilé, pour ça justement.
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SAINT ETIENNE Claude




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Ven 17 Avr 2009 - 8:29

SAINT ETIENNE Claude a écrit:
Je suis heureux d'avoir garder mes coutumes européenne, mis à part la tortue dégustée à Madagascar et en chine je n'ai rien touché d'autre, et lorsque nous étions invités sur les atolls polynésiens je me suis toujours défilé, pour ça justement.
Ia ora na Claude,
Même pas ce genre de petit animal ?
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Hum ! je parle des lapins évidemment...
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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Ven 17 Avr 2009 - 14:22

Ia ora na outou,

J'en termine avec Paul Gauguin, l'anarchiste... extrait de "Avant et Après"

Il est question de gouverneur, de juges et de gendarmes... pirat
..................
Je demande donc à Messieurs les inspecteurs d'examiner sérieusement la question afin de demander aux autorités en France, aux hommes qui s'occupent de justice et d'humanité, ce que je vais leur demander à eux.
1 ° Afin que la justice aux Marquises soit respectable et respectée, je demande que les juges ne communiquent avec la gendarmerie que rigoureusement pour les affaires, logeant et mangeant tout ailleurs (on les paye pour cela).
2° II faudrait que le juge n'accepte les rapports de gendarme qu'après un contrôle sérieux, sollicitant même chez les colons les renseignements officieux qui lui seraient utiles, et surtout qu'il n'applique la loi que lorsque le gendarme a agi régulièrement. Et pour cela, je demande que les règlements concernant la gendarmerie soient affichés dans le bureau de cette gendarmerie : que toute infraction à ces règlements commise par le gendarme soit un cas de cassation immédiate en justice et punie sévèrement.
3° Je demande que les amendes concernant la boisson soient proportionnelles à la fortune du pays car il est immoral et inhumain qu'un pays qui rapporte 50 000 francs par exemple de produits soit imposé en contraventions de 75 000 francs plus les impôts, les prestations et les octrois de mer qui, entre parenthèses, rentrent dans une autre caisse que celle de la colonie, à la disposition fantaisiste d'un gouverneur.
Et c'est le cas, Messieurs les inspecteurs : vérifiez les chiffres pendant que vous êtes ici.
Je demande aussi que le rapport du gendarme ne fasse pas foi en justice jusqu'au jour où il pourra avoir un contrôle sérieux comme dans nos pays, jusqu'au jour aussi où la population indigène sera susceptible (connaissant la langue française) de témoigner contre ce gendarme sans être terrorisée, sans passer aussi par les mains d'un interprète si sujet à caution, attendu qu'il est à la disposition complète du gendarme (sa position en dépend) et qu'en outre il ne connaît que très imparfaitement le français, comme on peut le vérifier.
Si d'une part vous faites des lois spéciales qui les empêchent de boire, tandis que les Européens et les nègres peuvent le faire ; si d'autre part leurs paroles, leurs affirmations en justice deviennent nulles, il est inconcevable qu'on leur dise qu'ils sont électeurs français, qu'on leur impose des écoles et autres balivernes religieuses.
Singulière ironie de cette considération hypocrite de Liberté, Égalité, Fraternité, sous un drapeau français en regard de ce dégoûtant spectacle d'hommes qui ne sont plus que de la chair à contributions de toutes sortes, et à l'arbitraire gendarme. Et cependant on les oblige à crier. Vive monsieur le Gouverneur, Vive la République.
Vienne le 14 Juillet, on trouvera dans la caisse pour eux 400 francs, tandis qu'ils auront payé en outre de leurs contributions directes ou indirectes, plus de 30.000 francs d'amendes.
De ce fait, nous, colons, nous pensons que c'est un déshonneur pour la République française et ne vous étonnez pas si ici un étranger vous dit « Je suis bien heureux de ne pas être Français » tandis que le Français vous dira « Je voudrais que les Marquises soient à l'Amérique. »
Que demandons-nous, en somme ? Que la justice soit la justice, non en vaines paroles, mais effectivement et pour cela qu'on nous envoie des hommes compétents et animés de bons sentiments afin d'étudier sur place la question et ensuite agir énergiquement... Au grand jour.
Quand par hasard les gouverneurs passent par ici c'est pour faire de la photographie et quand quelqu'un d'honorable ose leur parler, leur demander de réparer une injustice, c'est une grossièreté et une punition qui sont la base d'une réponse.
Voilà, Messieurs les inspecteurs, tout ce que j'ai à vous dire si toutefois cela vous intéresse, à moins que vous ne disiez comme Pangloss :
« Tout est pour le mieux, dans le meilleur des « mondes ».
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SAINT ETIENNE Claude




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Sam 18 Avr 2009 - 15:19

Avant d'aborder un autre sujet, un petit encart de Pierre

Lu dans la Dépêche de Tahiti :

Les descendants des mutins se souviennent
BOUNTY - 220 ans après à Matavai
Pour la deuxième année consécutive, la “big family” des six mutins de la Bounty s’est retrouvée à Tahiti pour célébrer le 220e anniversaire de l’arrivée du vaisseau de la royale anglaise à la pointe Vénus à Mahina. Ils étaient près de quatre- vingts descendants des mutins venus spécialement de Norfolk. La cérémonie a eu lieu près du phare au bout de la superbe baie de Matavai, là où le capitaine William Bligh ancra son vaisseau plus de deux siècles auparavant.
La majorité des quatre-vingts personnes venues de l’île de Norfolk et de Pitcairn sont des descendantes directes des six mutins, Fletcher Christian, Mathew Quintal, Edward Young, John Adams, John Mills et William McCoy. Toujours Bligh contre Christian L’émotion se lisait sur les visages des plus anciens, comme de la descendante de Fletcher Christian, Mrs. Warren, arrivée peu avant à bord du paquebot Silver Shadow. Mrs. Warren représentait les quarante-huit habitants de Pitcairn. Mais une bonne dizaine de jeunes de moins de trente ans avaient fait le déplacement du souvenir pour leurs aïeuls également mutins.
Le frère et la soeur, Wesley et Olivia, descendants par leur mère de Mathew Quintal et de Fletcher Christian se disaient fiers d’être là. C’est aussi le leitmotiv de la cheville ouvrière de cette cérémonie, Gladys Lintze, qui déclarait peu avant de découvrir la plaque commémorative : “Nous sommes fiers d’être les descendants des révoltés”. Même fierté pour le maire de Mahina, (1) Philip Schyle, qui déclarait : “Vous nous donnez une leçon de courage.
Je suis fier et honoré d’être votre invité…” Et même solennité pour le neuvième adjoint de la commune de Mahina, Tereino Taionia, qui représentait le shérif(2) en voyage. Mais, tout n’était rose hier sur le rivage de Matavai. En effet, les descendants des marins restés fidèles au capitaine Bligh et loyaux à la couronne britannique avaient refusé de se joindre aux descendants des mutins(3). Mais qu’importe pour le maire de la commune de Arue qui a confirmé une étude de jumelage avec Norflolk.
F. Verprat



(1) Philip Schyle est le maire d'Arue et non de Mahina
(2) Le sheriff, surnom d'Emile Vernaudon, maire de Mahina
(3) 220 ans après, ils ne sont toujours pas d'accord ????
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SAINT ETIENNE Claude




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Lun 20 Avr 2009 - 19:12

Une dernière ligne droite, toujours Pierre...
LA DYNASTIE DES POMARE

Aujourd'hui, POMARE Ier (ne vous inquiètez pas, il y en a que 5 !)
(extrait du Dictionnaire Illustré de la Polynésie - DIP)

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POMARE 1er (vers 1750-1803). Chef de la côte nord de Tahiti. Au moment de la découverte de Tahiti, le père de Pomare Ier, Teu (également appelé *Hapai) n'était que le chef de *Arue, la plus petite des 22 *chefferies de l'île. Mais son rang, négligeable sur le plan politique et militaire, ne l'empêchait pas d'occuper dans la hiérarchie sociale et religieuse une position comparable à celle des chefs des quatre grandes fédérations tahitiennes : celles des deux *Teva, d'*0ropaa et de *Teaharoa. En outre, sa lignée était politiquement ascendante car sa mère était de la très noble famille des *Vehiatua de la presqu'île de Tahiti et Teu avait lui-même épousé Tetupaia, fille des *Tamatoa de Raiatea, famille la plus illustre des îles de la Société. Contrairement à ce qu'avancent de nombreux ouvrages historiques, les Pomare n'étaient donc pas des parvenus, comme tenta de le faire croire la reine *Marau, membre du clan rival des Teva.
Le fils aîné de Teu, le futur roi Pomare Ier, reçut dès sa naissance le titre ancestral de *Tu. 11 ne fit guère preuve de qualités intellectuelles ou morales supérieures et se montrait souvent réservé ou timide. Il n'est donc pas étonnant que *Wallis n'ait pas soupçonné son existence et que *Cook ne l'ait remarqué qu'en 1773,' lors de son second voyage. Il portait alors le nom de Vairaatoa, mais, pour le désigner, Cook utilisa exclusivement son titre qu'il orthographiait Otoo. Il fut surtout impressionné par sa haute taille (1,90 m) et sa volumineuse chevelure frisée, mais le trouva peu communicatif et peureux. Cook estima l'âge de Tu-Vairaatoa à 30 ans, tandis que les "'naturalistes Johan et Georg *Forster lui donnèrent 24 à 25 ans. Cette dernière estimation, qui situe la naissance de Pomare Ier aux environs de 1750, est confirmée par une demi-douzaine d'autres visiteurs européens.
Le capitaine Cook commit l'erreur, plus grave, de prendre Tu-Vairaatoa pour le roi de Tahiti et le combla de cadeaux au cours de chacune de ses visites. Ce favoritisme se retourna contre Tu car les autres chefs tahitiens, se sentant lésés, envahirent Arue à plusieurs reprises pour s'emparer de ses trésors. En même temps, ils brûlaient les maisons et détruisaient les plantations comme c'était courant à Tahiti pendant ; une campagne militaire. Timoré, Tu s'enfuyait laissant alors à *Itia, sa courageuse et très virile épouse, et à ses deux frères, Ariipaea et Vaetua, le soin d'organiser la défense du petit royaume.
Ces terribles incursions continuèrent dix années encore et c'est l'arrivée du Bounty en octobre 1788 qui mit fin au désastre. Le commandant William *Bligh, qui avait servi sous les ordres de Cook, était convaincu que Tu était le souverain de Tahiti. C'est pourquoi il mouilla le navire devant la demeure royale, dans le .lagon d'Arue, et y resta trois mois.
Lorsque, après la mutinerie, le Bounty revint sous le commandement de Fletcher *Christian, en septembre 1789, pour débarquer seize hommes. Tu s'empressa de leur offrir des terres et des femmes, bien conscient de l'avantage que représentait le voisinage d'amis popa'a bien armés, susceptibles de prendre sa défense. Comme il l'avait espéré, ceux-ci réagirent avec loyauté dès la première épreuve, en septembre 1790, lorsque des guerriers de Faaa et d'Atehuru envahirent Porionuu. Tu, qui s'était caché pendant que les combats faisaient rage, se proclama néanmoins vainqueur et la voie lui sembla ouverte à une conquête militaire de grande envergure. Il envoya les Anglais faire le tour de l'île, exigeant la soumission de tous les chefs. Malgré le refus des Teva, ce coup audacieux aurait certainement réussi sans l'intervention de l'équipage de la Pandora. Celui-ci avait été envoyé à la recherche des mutins du Bounty et E. *Edwards procéda à l'arrestation de tous les "'mercenaires de Tu.
C'est à ce tournant de sa vie que Tu adopta le nom de Pomare. Il en fournit lui-même l'explication, transcrite par Bligh sur le journal de bord de la Providence en 1792 : «le roi a adopté ce nouveau nom à la suite de la mort de sa fille aînée, Teriinavahoroa, qui a succombé à une maladie qui la faisait beaucoup tousser (mare), surtout la nuit (po). C'est une coutume courante à Tahiti, lorsqu'un enfant meurt, que les parents prennent le nom de sa maladie».
Peu après, Pomare Ier reconstitua le noyau européen de son armée grâce au naufrage du *baleinier anglais Matilda. Ce navire s'était échoué à Moruroa à la fin du mois de février 1792 et les 28 hommes d'équipage avaient réussi à gagner Tahiti sur leurs canots. Cinq d'entre eux acceptèrent de se joindre à l'armée de Pomare contre une solde généreuse payée en femmes et en cochons. Il furent rejoints un an plus tard par Péter *Haggerstein, un matelot suédois, '"déserteur, qui s'imposa vite comme chef des mercenaires européens. Le capitaine de la Matilda avait également sauvé tout son arsenal comprenant 27 mousquets, 21 pistolets et un petit canon. Il l'échangea contre du porc salé avant de partir de Tahiti. Pomare ne put en acheter qu'une partie et le reste tomba aux mains de ses ennemis. Néanmoins, la balance militaire penchait nettement en faveur de Pomare parce qu'il était le seul à avoir dans ses rangs des tireurs d'élite popa'a. Sa femme, Itia, avait appris à se servir d'un mousquet avec la même adresse que Haggerstein et ses hommes. En revanche, ses adversaires possédaient des armées supérieures en nombre de sorte que, même si Pomare gagnait beaucoup de batailles, il n'arrivait pas à les transformer en conquêtes durables.
L'arrivée, en mars 1797, de 18 *missionnaires protestants ne changea pas de manière décisive le destin de Pomare. La même insécurité et la même anarchie régnèrent à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Pomare et son père Teu se consolaient de leurs échecs par des beuveries interminables. C'est ce qui explique probablement la mort des deux hommes, à moins d'un an d'intervalle. Teu rendit l'âme en novembre 1802 et son fils le 3 septembre 1803. Les missionnaires racontent que «Pomare se rendait ce jour à bord d'un navire de commerce mouillé à Matavai, dans une petite pirogue, pagayée par deux de ses domestiques. Ils étaient presque arrivés, quand une douleur subite dans le dos saisit le roi. Il poussa un cri, se redressa et chercha avec ses mains à comprimer l'endroit qui lui causait tant de peine. Il avait juste esquissé ce geste qu'il bascula en avant et resta couché au fond de la pirogue, les mains pendantes de chaque côté. Il laissa ainsi tomber sa pagaie et ne prononça plus un mot».
Selon la coutume tahitienne, son corps fut d'abord soigneusement séché sur la plateforme d'un *fare tupapa'u dans la propriété ancestrale de *Papaoa, puis caché dans une grotte des montagnes d'Arue.
Comme tous les chefs de Tahiti, Pomare Ier avait eu plusieurs femmes, les plus connues étant Itia et sa sœur Vaiareti. Il semble qu'il n'ait eu d'enfants qu'avec Itia. Sur les cinq descendants mentionnés dans la *généalogie officielle, quatre sont morts en bas âge tandis que le seul survivant, *Pomare II, poursuivit avec plus de succès la conquête du pouvoir dont avait rêvé le fondateur de la '"dynastie.


Cette histoire pourrait faire l'objet d'un scénario pour un prochain film.
Vous noterez que outre les mutinés du Bounty qui jouent un grand rôle, on parle aussi de MORUROA.
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SAINT ETIENNE Claude




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Mer 22 Avr 2009 - 10:42

Bonjour à tous,

Notre ami Claude étant trés occupé, il m'a chargé de prendre la relève pour ne pas vous priver de votre feuilleton favori DYNASTY

Je viens donc encore vous embéter avec LA DYNASTIE DES POMARE !!!

Aujourd'hui POMARE II

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POMARE II (vers 1782-1821). Fils de *Pomare 1er et d'*Itia. Premier roi de Tahiti. La date de naissance de Pomare II est inconnue, mais les témoignages des navigateurs concordent à ce sujet : pour William *Bligh venu en 1788, il avait alors 6 ans et le capitaine Georges *Vancouver qui le rencontra en 1792 lui donna 9 ou 10 ans.
Dès la naissance de son fils, Pomare Ier se plia à la coutume tahitienne selon laquelle le père devait léguer son nom à l'enfant premier-né : celui-ci fut donc appelé *Tu tandis que Pomare Ier prenait le nom de Tina. L'usage était aussi d'attribuer à l'enfant toutes les fonctions et les privilèges de l’ari'i. Pomare Ier lui accorda le titre mais garda le pouvoir effectif et confia l'éducation de son fils à son cousin Temari'i, alors chef de Papara. Tina voulut jouer le rôle de régent jusqu'à la fin de sa vie mais Tu, ambitieux et déterminé, exigea dès l'âge de 15-16 ans d'être reconnu comme seul chef de *Porionuu (*chefferie de la côte nord de Tahiti). En 1798, il conclut une alliance militaire avec Temari'i et écrasa les partisans de son père à Matavai. Dès lors, il chercha à étendre sa souveraineté à l'île entière. Aidé par les équipages britanniques du Venus et du Norfolk, il vainquit les forces coalisées des *Teva et des *0ropaa qui refusaient sa domination sur Paea.
Pomare II était également fort de ses alliances familiales avec les familles régnantes des îles Sous-le-Vent et avait reçu en héritage les districts de la côte nord de Moorea ainsi que les chefferies de Faaa, Papenoo et Taiarapu. Il semble cependant que le titre d'ari’i rahi qu'il s'était donné n'était pas encore reconnu par tous en 1807 puisqu'il éprouva le besoin de demander des renforts aux dirigeants de la *London Missionary Society. Protecteur et élève des missionnaires établis à Matavai, il tenta de faire admettre sa position en écrivant : «Amis, vos intentions sont bonnes et je suis entièrement d'accord pour que vous veniez instruire le peuple de Tahiti. Amis, il faut donc nous envoyer des hommes, des femmes et des enfants européens. Envoyez-nous aussi du tissu et des objets de toutes sortes, afin que nous puissions adopter vos coutumes anglaises. Amis, envoyez-nous aussi beaucoup de mousquets et de poudre, car les guerres sont fréquentes dans notre pays. Rappelez-vous que si je suis tué, vous ne pourrez plus rien faire à Tahiti». Les directeurs de la L.M.S. refusèrent de lui envoyer des armes, mais Pomare s'en procura à bord des navires de commerce australiens qui faisaient régulièrement escale à Tahiti depuis 1802 pour acheter du *porc salé. Il disposait donc de moyens qui lui permettaient de harceler les tribus voisines de *Te Aharoa et de *Atehuru.
Chaque incursion était marquée par des pillages et des destructions de plantations. En 1807, Pomare lança ses troupes contre *Teva i Uta où elles se comportèrent avec la même barbarie. Les chefs *Tati et Opuhara furent obligés de chercher refuge dans les montagnes, mais ils réussirent ensuite, peu à peu, à rallier sous leur bannière toutes les tribus qui avaient été victimes des agressions de Pomare II. Un an plus tard, c'est le royaume de Porionuu qui fut envahi par les troupes alliées. Pomare se trouva pour la première fois au cœur de la mêlée et, craignant pour sa vie, s'enfuit à Moorea.
Considérés comme alliés de Pomare, les missionnaires se trouvèrent assiégés dans leur station de la pointe Vénus et ne furent sauvés que par l'arrivée opportune d'un navire de commerce anglais qui les évacua à Huahine. Un seul, Henry *Nott, eut le courage de s'installer près de la nouvelle demeure de Pomare II à *Papetoai, dans l'espoir de le persuader de racheter ses péchés en acceptant la foi chrétienne. Pomare se déclara prêt à abandonner ses anciens dieux, afin que le Dieu des puissants popa'a l'aidât à reconquérir son royaume perdu. Le premier acte à accomplir, lui expliqua Nott, était de renoncer aux beuveries auxquelles il s'adonnait depuis qu'il avait réussi à fabriquer un *alambic. C'était une exigence inacceptable pour Pomare II qui continua à se consoler de ses malheurs à l'aide du 'ava ti : tous ses partisans l'imitèrent, se livrant à des bagarres interminables.
Le salut de Pomare II vint finalement des îles Sous-le-Vent, grâce aux efforts déployés par sa mère, Itia, pour organiser un corps expéditionnaire. Après la mort de son mari, Pomare Ier, celle-ci avait épousé le chef principal de Huahine, Tenania, qui accepta de venir au secours de son beau-fils. Itia réussit également, sans trop de mal, à persuader son ami, le chef *Tapoa de Bora Bora, de faire cause commune. Elle usa finalement d'un stratagème souvent utilisé par les familles royales, en Europe comme en Océanie, pour s'assurer le soutien du grand chef *Tamatoa IV de Raiatea : elle lui demanda sa fille aînée, *Teriitaria, pour son fils Pomare II, veuf depuis la mort de sa femme Tetua, en 1806, et sans héritier. Pomare épousa Teriitaria vers la fin de l'année 1810, mais aussi sa sœur cadette Terito, également appelée *Teremoemoe. Ce furent environ mille hommes de Raiatea, Huahine et Bora Bora qui s'embarquèrent pour fêter ce mariage politique et plusieurs centaines restèrent à Moorea.
A cette époque, les efforts d'évangélisation menés par Nott à Moorea commençaient à porter leurs fruits et en 1815, les néophytes appelés pure atua (ceux qui prient Dieu) se comptaient par centaines. Cette année-là, Pomare II jugea son armée suffisante (environ 800 hommes) pour prendre la revanche qu'il attendait depuis 7 ans. Secondé par quelques matelots déserteurs, il débarqua en septembre 1815 avec ses troupes à Porionuu où ses sujets lui firent bon accueil. Deux mois plus tard, Pomare II dut livrer combat à l'armée de Teva i Uta qui remontait vers le nord. La bataille qui eut lieu au sud de Punaauia est connue sous le nom de *Fe'i Pi. Elle s'acheva par la victoire de Pomare et marqua un tournant politique très important dans la mesure où, Pomare ayant pardonné à ses ennemis et promis qu'il n'y aurait ni pillage ni massacre, tous les chefs de l'île acceptèrent de le reconnaître comme roi de Tahiti.
Cependant, la victoire de Pomare II n'était que relative. L'expansion rapide du christianisme dans ses États lui faisait perdre tous les privilèges, hommages et tributs que l'ancienne religion lui avait assurés. Il lui fallut renoncer à l'arbitraire et au despotisme pour être légitimé par les missionnaires. Après avoir accepté l'avènement d'un régime plus démocratique codifié par une constitution et des lois votées par une assemblée de chefs (le *code Pomare), le roi fut enfin baptisé en 1819. Il se consola d'avoir perdu une grande partie de son pouvoir en buvant à l'excès. Il mourut d'une hydropisie de l'abdomen le 7 décembre 1821 et son corps fut enterré à *Papao;i dans une maison funéraire en pierre.


(extrait du Dictionnaire Illustré de la Polynésie)

Demain, cela sera plus court... Pomare III est mort à l'âge de 7 ans.

à suivre....
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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Ven 24 Avr 2009 - 8:47

Ia ora na outou,

Ce matin (heure locale), gros problème !!! mes deux PC en panne. Aprés des démontages, remplacements, etc... quelques moments de fonctionnement, le temps de passer quelques messages.. à nouveau panne... gros démontage, nettoyage et dépoussièrage et ce soir ç a marche... juste à temps pour :

LA DYNASTIE DES POMARE
Enfin, c'est pas pire qu'un feuilleton télé ! Laughing

Là, je serais bref, il s'agit de POMARE III

POMARE III (1820-1827). Autre nom : Teriitaria. Unique fils de Pomare II,

Teriitaria se trouva orphelin à l'âge de 18 mois et on confia la régence du royaume à son oncle Ariipaea. C'est à cette époque que s'exerça le mieux la toute-puissance des missionnaires protestants. L'enfant fut élevé par le pasteur William Crook et son épouse, puis éduqué à l'Académie des Mers du Sud fondée à Moorea. Enfin, pour symboliser l'alliance entre la nouvelle religion et la royauté, le couronnement de Pomare III eut lieu à Arue le 21 avril 1824 en présence de 8 000 personnes environ. C'est le révérend Henry Nott qui couronna Pomare après que Samuel Henry l'ait oint des saintes huiles. Le jeune roi était de santé fragile et, affaibli par une bronchite compliquée d'une dysenterie, il mourut à Papaoa le 11 janvier 1827.


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Le seul portrait connu de Pomare III, couronné alors qu'il n'a que 4 ans, est d'une authenticité très douteuse.
(Texte extrait du DIP, photo extraite du "Mémorial Polynesien")

à suivre......
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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Mar 28 Avr 2009 - 9:43

Bonjour à vous tous,

Malgrès mon PC en panne,je continue sur le vieux PC... mais ça rame et, comme je vous l'ai déjà dit, je suis pas marin Smile

J'essaye de passer la suite de la SAGA DES POMARE

Donc, épisode POMARE VAHINE IV
(passionnant)


POMARE VAHINE IV (1813-1877).

Autre nom : Aimata. Reine de Tahiti. Fille de Pomare II et d'une de ses concubines, Aimata naquit à Moorea et fut élevée par son oncle *Ariipaea qui assura la régence après la mort du souverain. Les missionnaires n'accordèrent aucun intérêt à l'éducation de Aimata et, lorsqu'après la mort de Pomare III celle-ci accéda à la souveraineté (janvier 1827), ils condamnèrent son mode de vie, trop proche à leur goût des coutumes païennes, et s'inquiétèrent du soutien qu'elle accordait à la secte des *Mamaia. Sous la menace des grands chefs *Tati et *Hitoti, acquis à la cause des missionnaires, elle accepta de s'établir à Papeete en 1831 et d'y tenir le rang qui lui était assigné. Elle divorça de *Tapoa (avec qui elle avait été mariée à l'âge de 10 ans) et épousa *Ariifaite, un chef de Huahine. La reine connut ensuite quinze années difficiles au cours desquelles elle se trouva prise entre les intérêts des missionnaires anglais et ceux des Français, tout en souhaitant préserver la relative indépendance de son peuple.
Vers 1826, elle s'était attachée les services du pasteur anglais Georges *Pritchard, interprète et conseiller qui prit de l'ascendant au point d'obtenir qu'elle interdise aux pères *Caret et *Laval d'installer une mission catholique à Tahiti. Cette décision suscita une première intervention de l'amiral *Dupetit-Thouars en août 1838. L'année suivante, l'amiral *Dumont d'Urville vint protéger les intérêts fonciers des Français, mais ceux-ci, estimant que leur sécurité n'était pas assurée après le départ de la flotte, demandèrent à Dupetit-Thouars, de retour à Papeete en août 1842, d'établir le protectorat français sur Tahiti.
Devant l'ultimatum lancé par l'amiral français, Pomare IV dut s'incliner mais,
influencée par Pritchard qui revenait alors d'un voyage en Angleterre, et peu désireuse d'abandonner ses prérogatives de souveraine, elle choisit de résister à l'entreprise française et invita les autres chefs à ne pas se soumettre. La reine se réfugia sur un navire anglais, le Basilisk, puis à Raiatea, et refusa toute négociation de 1844 à 1846, pendant la guerre franco-tahitienne. Après la victoire de l'amiral *Bruat, Pomare comprit qu'elle n'avait d'autre alternative que de faire amende honorable. Elle fit sa rentrée officielle à Papeete le 9 février 1847 et accepta le protectorat. Ce statut lui accordait le pouvoir exécutif mais elle devait partager la plupart des fonctions importantes avec le représentant de la France : convocation de l’assemblée législative, nomination des chefs et des juges de district, promulgation des lois. Toutes les forces armées et les corps de police étaient placés sous les ordres du gouverneur.
Pomare IV avait conscience de la faiblesse de son pouvoir réel et renoua d'une certaine manière avec la vie insouciante qu'elle menait avant 1831. Ses revenus s'élevaient à environ 32 000 francs par an ( 1864) et lui conféraient un pouvoir d'achat équivalent aujourd'hui à un revenu mensuel de deux à trois millions de francs C.F.P. Une somme du même ordre lui était attribuée pour régler les dépenses de la cour, celles de la construction du palais à partir de 1857 et l'achat de nombreux présents. Elle ne résida jamais dans le palais de Tarahoi, mais se déplaçait fréquemment entre ses maisons de Paofai, de *Papaoa et sa résidence de *Motu Uta.
La reine Marau a laissé une description de son mode de vie quotidien : «elle était restée tahitienne dans l'âme, aimant à s'entourer de jeunes suivantes, de farearea (amuseuses) qui chantaient et dansaient pour elle (...), lui passaient des cigarettes et la massaient à volonté. Il y en avait toujours plusieurs auprès d'elle, même la nuit et quand elle se réveillait, il fallait lui faire la conversation» (E. Salmon : "Alexandre Salmon et sa femme Ariitaimai"). Elle dormait et mangeait sur des nattes mais se conformait aisément aux habitudes occidentales quand il s'agissait de recevoir un hôte de marque.
La plupart de ses visiteurs lui ont trouvé de l'énergie, de la distinction et une autorité certaine. En raison de la longueur de son règne (50 ans) et de sa silhouette massive, certains historiens ont vu en elle une "Victoria des Mers du Sud".
Elle mourut le 17 septembre 1877 d'une crise cardiaque et fut enterrée à Papaoa (Arue). Elle avait eu 9 enfants : les trois premiers décédèrent en bas âge, mais trois autres accédèrent à des fonctions princières : Ariiaue (*Pomare V), *Teariimaevarua, reine de Bora Bora, et *Tamatoa, roi de Raiatea.

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(extrait du Dictionnaire Illustré de Polynésie)

Je ne vous raconte pas ce que les pasteurs repprochaient à Pomare IV....
Je risquerais de me faire censurer à mon tour par ces mêmes pasteurs.
Je peux dire que c'était une femme admirable !!! I love you

Demain suite et fin de LA DYNASTIE DES POMARE
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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Mar 28 Avr 2009 - 11:12

Je dois avoir une version de Loti également, mais chaque chose en son temps
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SAINT ETIENNE Claude




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Jeu 30 Avr 2009 - 11:14

Ia ora na Claude,
Je termine mon histoire de la bande à Pomare et tu pourras attaquer les amours de Pierre Loti, dit "lolo"...

Bonjour à vous tous,

Eh, éh !!! vous étiez vraiment impatient....
Voilà la suite de votre feuilleton préféré :
LA DYNASTIE DES POMARE

POMARE V (1839-1891). Né le 3 novembre 1839 à Taravao, ce fils de *Pomare IV avait pour nom Teratane mais en 1855 il adopta celui de son frère aîné Ariiaue qui venait de décéder.
En 1857, il épousa Temarii a Teururai, princesse de Huahine, mais en divorça quatre ans plus tard. Sa famille arrangea en 1875 une nouvelle union, avec sa cousine *Marau Salmon. Cette union était surtout politique et permettait une alliance opportune entre la royauté, l'aristocratie du commerce et l'Église protestante.
Ariipaea abandonna très vite Marau et refusa de reconnaître le premier enfant qui lui était né en 1879. Il était alors roi depuis deux ans et ne marquait guère plus d'intérêt pour le gouvernement de ses États, multipliant les dettes de jeu, les fêtes et les beuveries. Lorsqu'on 1880 le commandant Isidore *Chessé lui proposa de réunir ses États à la France, donc d'abdiquer, Pomare accepta à condition de bénéficier des règles de l'ancienne étiquette et d'une pension équivalente à la *liste civile qu'on lui attribuait jusque-là. L'agrément de certains chefs de Tahiti ayant été également obtenu, Tahiti devint une colonie française. Pomare V vécut dans le *palais de Tarahoi qui avait été achevé et meublé en 1883. Il continua d'y mener une vie souvent déréglée et mourut le 12 juin 1891.

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(extrait du Dictionnaire Illustré de la Polynésie)

S'achève ici LA DYNASTIE DES POMARE, il y a bien un descendant Pomare qui fait encore parler de lui mais c'est du niveau rubrique des "chiens écrasés"...

Pour ceux d'entre-vous qui seraient intéressés par la vie des Pomare (de II à V) en reo maohi, langue tahitienne, j'ai une traduction à leur disposition.

Voici le message que j'ai reçu d'une amie, représentante à l'Assemblée de Polynésie :

Pierre, Ia ora na oe!

Tu connais l'auteur du livre que je lis??? (NDLR : "La dépouilles des dieux" d'Alain Babadzan, professeur d'ethnologie à l'université de Montpellier)
Ah que je t'envie!!! j'aimerai avoir ta chance! j'aimerai pouvoir lui poser des questions!!! il est très très intéressant son livre!! Tu voudrais pas me présenter a ton copain???
Tu travailles sur la Dynastie de Pomare.... et moi son Rival , les Teva,( les descendants du Requin, du dieu Ruahatu) et notamment Opuhara, Upufara...
Il semblerait que les Pomare soient assez homosensuels... hihihihih C'est écrit même par les missionnaires!
Et c’est John Marai , qui m'a dit que :
Et y en un , qui veut faire passer Opuhara pour un homosexuel !!! juste parce que Opuhara , n'aurait pas de femmes!!! pfff , s'il était pédé, les missionnaires se seraient empressés de le dire .... mais rien , Opuhara était un Tahu'a, puis un Arii Nui , ce fut surtout le dernier Arii a résister a la colonisation évangéliste et barbare des chrétiens!!
Et si on ne parle pas de ses femmes, ses conquêtes féminines, c'est qu'il a su rester discret , car Pomare II était un homme tyrannique et sanguinaire, qui n'a pas hésité a faire massacrer les héritiers du Maro Ura de Papara ainsi que leur jeune mère... Ce massacre , a marqué la mémoire de Opuhara. Il n'a pas pu pardonner son frère Tati, d'avoir rejoint Pomare II et les chrétiens, il a considéré que le comportement de Tati, était une haute trahison et souillait la mémoire de ses cousins assassinés.......
Pierre, j'aimerai la prochaine fois qu'on se voit , qu'on puisse discuter un peu de ce sujet???? faisable?
J'aimerai voir le code Pomare II celui de 1820.. je crois????
Tu l'as?
et vlan voila Yvan (un internaute) qui va encore parler de ces ignorants qui ont besoin des béquilles illuminés de Pierre , et qui vont bientôt diriger le pays!!!
..............................
à bientôt !
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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Mer 20 Mai 2009 - 3:13

Bonjour à vous tous,

Alors, quel a été le premier touriste européen en Polynésie ?
Personne à trouvé ?

Voilà, d'après Bengt Danielsson, ethonogue suédois ayant vécu jusqu'à sa mort à Tahiti et ayant participé à l'expédition du radeau Kon Tiki. Il est aussi l'auteur d'un livre qui avait fait scandale à l'époque "Moruora, mon amour!"

Surprise ! voilà un titre ronflant pour un minuscule atoll des Tuamotu de l'est, dont nous avons déjà discuté sur un autre sujet....

GLOIRE A PUKAPUKA

Pour la Polynésie française, la longue histoire des découvertes de nos 115 îles commence en 1521, lorsque le premier explorateur européen, le grand Magellan, traverse le Pacifique, et l'île dont il faut inscrire le nom en tête de ce Mémorial est paradoxalement l'une des plus insignifiantes et moins connues : Pukapuka, dans l'extrême nord-est des Tuamotu. Il n'existe à cette époque aucune méthode sûre pour obtenir la longitude d'un navire en mer et les astrolabes utilisés pour déterminer la latitude sont si primitifs que les capitaines se trompent souvent de plusieurs degrés. A l'aide des journaux de bord retrouvés dans les archives espagnoles, il nous a néanmoins été possible de reconstituer dans ses grandes lignes la route suivie par Magellan pendant son voyage historique. Son but est d'atteindre par l'ouest les îles d'Épices de l'Indonésie actuelle et de les annexer pour le roi d'Espagne. Sur les cinq vaisseaux formant sa flottille au départ de Séville, après le pénible passage du détroit qui porte aujourd'hui son nom, il ne lui en reste que trois, le Trinidad, de 110 tonneaux, le Concepcion, de 90 tonneaux, et le Victoria, de 85 tonneaux.

PACIFIQUE IMMENSE ET VIDE
La mer est inhabituellement calme ce 28 novembre 1520, lorsqu'il s'engage sur l'immense océan qu'il appelle, quelque peu à la légère, océan Pacifique. Cette illusion de paix n'est pas la seule dont se nourrit Magellan. Comme tous ses contemporains, il imagine le monde beaucoup plus petit qu'il ne l'est réellement et il espère ainsi atteindre l'Indonésie en quelques semaines. Hélas, à mesure que les jours passent, lui et ses hommes réalisent combien leur théorie est fausse : aucune terre n'apparaît à l'horizon et, par-dessus le marché, le scorbut — dont on ne sait pas encore comment se protéger — s'installe à bord et
frappe sans discrimination équipage et officiers. Aux souffrances provoquées par la maladie, il faut ajouter la chaleur qui augmente de façon insupportable alors que la flottille s'approche de l'équateur. Malgré les prières et la constante surveillance, l'immense océan demeure vide pendant deux longs mois.
Soudain le 24 janvier 1521, le cri tant espéré monte d'un des bateaux : « Terre, terre enfin, droit devant !» Oh ! il est bien mince ce ruban vert qui semble flotter comme une guirlande sur la houle du Pacifique, mais c'est une terre. Et pour des hommes malades, épuisés, assoiffés, Pukapuka en 1521 est presque le Paradis. La première surprise des marins qui n'ont jamais vu un atoll, est de découvrir qu'il est hors de question de mouiller à proximité de l'île et Magellan hésite d'abord à envoyer des embarcations à terre. Il a peur en effet que les vents et les courants fassent dériver les navires et qu'il lui soit impossible ensuite de retrouver l'atoll. Mais les équipages sont impatients et les besoins en eau et en nourriture trop pressants pour que l'on ne tente au moins de débarquer sous le vent de l'île. Magellan s'approche donc avec précaution et fait mettre les chaloupes à la mer. Pukapuka est un atoll sans passe. Le débarquement va donc s'effectuer comme on le pratique encore aujourd'hui, c'est-à-dire en surf porté par les vagues. Une fois à terre, il ne faut pas longtemps aux Espagnols pour se rendre compte que leur «Paradis» est désert, sans aucun cocotier et couvert d'une misérable végétation d'arbres noueux et de buissons rabougris. Les seules plantes sont celles que l'on trouve dans ce genre d'île : ngeongeo, kahai'a et mikimiki avec quelques puka et tou.

LES ILES INFORTUNÉES
Beaucoup plus décevant est le manque absolu d'eau et, bien que l'on creuse plusieurs trous, le liquide obtenu est tellement salé qu'il est absolument imbuvable. Grâce au ciel, dans cette île inhabitée, les oiseaux de mer sont en nombre et surtout faciles à attraper. Certes la saison de ponte tire à sa fin mais les marins affamés trouvent encore une grande quantité d'œufs. C'est en fait le lagon qui demeure leur principale source de nourriture. Utilisant des filets, ils font provision de poissons et même de requins qu'ils découpent en tranches et essaient de fumer. Les journaux de bord que nous consultons aujourd'hui n'indiquent pas combien de temps Magellan est resté à Pukapuka, mais il est certain que ce ne fut pas plus de deux ou trois jours puisque dix jours plus tard, il découvre un autre atoll à six cents milles au nord-ouest.



D'origine portugaise, Fernao de Magalhaes hispanise son nom en Ferdinand Magellan lorsqu'il entre au service du roi Charles Quint. Au moment de sa mort violente aux Philippines, après avoir traversé le Pacifique, il n'a que quarante et un ans.



En traversant le Pacifique, Magellan et ses hommes sont émerveillés par les poissons volants qu'ils appellent hirondelles de mer. Sur cette gravure naïve, on les voit poursuivis par les thons et les oiseaux, tandis qu'une baleine joue à la fontaine.

Extrait du "Mémorial polynésien - tome 1", auteur de ce tome Bengt Danielsson en collaboration avec Marie-Thérèse Danielsson et Eric Monod.
A suivre….
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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Jeu 21 Mai 2009 - 7:47

Ia ora na outou,

Voici la suite que vous attendez tous.....

GLOIRE A PUKA PUKA

.....combien de temps Magellan est resté à Pukapuka, mais il est certain que ce ne fut pas plus de deux ou trois jours puisque dix jours plus tard, il découvre un autre atoll à six cents milles au nord-ouest.

De toute évidence il s'agit de Flint, une des trois îles britanniques dites «de la ligne», situées à quatre cents milles au nord de Tahiti qui, entre les deux guerres, feront partie de l'empire commercial de Tony A. Bambridge.
Comme à Pukapuka, la déception est grande pour les Espagnols devant cette petite couronne de corail nue, déserte et sans passe. Ici, ils ne vont même pas essayer de débarquer tant les vents et les courants sont forts. Ils ont d'ailleurs dû le regretter par la suite car le scorbut continue de faire ses ravages et ce n'est que le 6 mars 1521 qu'ils aperçoivent la prochaine terre, en l'occurrence Guam et Rota. Quatre-vingt-dix-huit jours se sont écoulés depuis leur entrée dans l'océan Pacifique. Selon une méthode très usitée par les premiers navigateurs, Magellan donne à Pukapuka le nom du saint du jour, San Pablo (Saint Paul), tandis que la présence de nombreux requins voraces dans les eaux autour de Flint lui fait opter pour le nom de Los Tiburones. Étant donné leur ressemblance et leur aridité, Magellan les appelle également les Iles Infortunées.

A L'ENSEIGNE DU SOLEIL D'OR
Sur les cinq navires de Magellan qui quittent l'Espagne en 1519, quatre sombrent au cours du périple, le chef de l'expédition lui-même est tué aux Philippines et quant aux 35 survivants des 280 marins des équipages, ils sont pour la plupart entièrement illettrés. C'est pourquoi nous possédons très peu de récits de ce voyage extraordinaire. Le meilleur et le plus détaillé est écrit par le seul membre de l'expédition qui ne soit pas marin, un Italien, nommé Antonio Pigafetta. En fait, il peut être considéré comme le premier touriste à avoir visité nos îles. Pigafetta arrive à Séville au cours de l'année 1519, comme secrétaire de l'ambassadeur du Pape à la Cour d'Espagne, alors que Magellan prépare son voyage. «Désireux de connaître le monde merveilleux de l'océan», comme il l'écrit lui-même, il réussit à obtenir la permission d'embarquer comme passager.


Les deux atolls découverts à mi-chemin par Magellan sont inhabités et les premiers Océaniens qu’il voit sont ces hommes de Guam pagayant face à face dans des pirogues dont le dessinateur a oublié le balancier.


Le vaisseau Le Victoria de 85 tonneaux.
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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Jeu 21 Mai 2009 - 13:59

perso j'ai lu le KON TIKI SUPER REPORTAGE...j etais jeune à l'epoque il y a eu aussi le film de leur traversé en radeau mais est ce le même...????
_________________
Rien ne sert courir, il vaut mieux arriver en retard au boulot que d'arriver en avance au paradis surtout sur la route .....
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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Jeu 21 Mai 2009 - 20:38

bout de bois a écrit:
perso j'ai lu le KON TIKI SUPER REPORTAGE...j etais jeune à l'epoque il y a eu aussi le film de leur traversé en radeau mais est ce le même...????

Bonjour Bout de bois,

C'est bien le même... Je vais retrouvé un article de l'époque et le publierai sur ce sujet.
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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Ven 22 Mai 2009 - 11:44

Bonjour à tous,

et voici l'histoire du Kon Tiki que notre ami Bout de bois a bien connu dans sa jeunesse  Smile

LE KON TIKI

En montant l'expédition du Kon Tiki Thor Heyerdahl veut démontrer que les populations polynésiennes sont originaires d'Amérique et non pas d'Asie, comme le prétendent la plupart des spécialistes.
C'est ainsi que le 28 avril 1947, un radeau de 13,70 m de long et de 6 m de large, réalisé avec 9 troncs de balsa, équipé d'une voile de 21 m2, et de deux autres très petites, d'un aviron de queue de 9,75 m et de 9 dérives fixes, quitte Callao au Pérou, avec à son bord un Suédois (Bengt Danielsson) et cinq Norvégiens (Thor Heyerdahl, Knut Hau'gland, Erik Hesselberg, Torstein Raaby, Herman Watzinger). Le Kon Tiki naviguera cent et un jours, avant de parvenir aux Tuamotu, pour terminer brutalement sa traversée sur les récifs de Raroia, le 7 août 1947.
L'aventure était terminée, elle allait devenir célèbre dans le monde entier, le public se passionnant pour l'exploit de ces six hommes sur un radeau, qui avaient su traverser le Pacifique d'est en ouest. Pourtant Thor Heyerdahl ne parviendra pas, avec l'odyssée du Kon Tiki, à convaincre les spécialistes du bien fondé de sa thèse. Ce n'est pas, dira-t-on, parce que le Kon Tiki est parvenu jusqu'aux Tuamotu que cela prouve que la Polynésie est peuplée par des Précolombiens, et les scientifiques d'ajouter : on sait depuis longtemps qu'en suivant la direction est-ouest des alizés, n'importe quel engin flottant, pouvant se maintenir à la surface de l'eau, doit immanquablement, en partant de Callao, atteindre une île quelconque de Polynésie.
Aventure que le succès rendra encore plus étonnante ; succès tel que Paris-Match pourra écrire quelques mois après la fin de la traversée du Kon Tiki et de son équipage : "Une autre aventure commençait pour eux. Celle du succès. Ce livre qui raconte leur expédition s'est vendu à 600 000 exemplaires et a rapporté plus de 70 millions de francs. Mais le triomphe de l'écran fut encore plus étonnant. Heyerdahl a tourné le film Kon Tiki dans un propos scientifique et sans penser qu'il pourrait être présenté au public. Il avait été réalisé en 16 millimètres à 16 images secondes, et paraissait donc inexploitable. Un producteur suédois entreprit de le convertir en 35 millimètres à 24 images secondes. Ce film vient de remporter à Hollywood « l'Oscar » du documentaire. En Amérique seulement, il a déjà rapporté près de 300 millions de francs. Il commence maintenant sa carrière en France. La folle aventure désintéressée de ces six jeunes gens, condamnés à mort par les experts de toutes les marines du monde, se révèle finalement comme une des plus extraordinaires réussites commerciales du siècle.


" La vie quotidienne à bord, racontée par les dessins (extraits du Livre "KonTiki et moi") d'Eric Hesselberg, le navigateur du bord : on pêche, on joue de la guitare, on rêve, on est sans le savoir les véritables Polynésiens de la photo souvenir (ci-dessous) prise à Raroia quelques jours après le naufrage,
(cl. Sylvain, coll. B. Danielsson).
Extrait du "Mémorial Polynésien" tome 6 - réalisé par Jean-Marie Dallet , Christian Gleizal et Jean-Louis Saquet
A suivre…
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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Sam 23 Mai 2009 - 4:01

Bonjour à vous tous,

Voilà la suite du.......... KON TIKI

Sylvain n'a pas seulement "couvert" le reportage photographique du Kon Tiki et de son équipage, lors de leur séjour à Raroia et pendant le voyage des Tuamotu à Tahiti, il a aussi écrit pour le Bulletin de Presse des E.F.O. la fin de l'aventure du grand radeau : Le 16 août, à 5 heures du soir, la Tamara ayant à son bord M. Ahnne, Administrateur des Tuamotu, quittait Papeete et pointait sur Raroia avec mission de ramener l'équipage du Kon-Tïki malencontreusement échoué sur le récif Le 19 août à midi, la terre apparaissait au loin, et en peu de temps nous arrivions à distinguer quelque chose de curieux... Tout le monde se hisse le plus haut possible... oui, c'est bien cela, nous voyons très nettement deux mâts, puis une goélette complètement penchée. Nous sommes stupéfaits, nous venons au secours d'un radeau et nous trouvons la Maoae échouée dans la passe... Ce n'est pas de chance ! Tout l'après-midi, la Tamara essayera de remorquer la pauvre goélette et ce ne sera que le lendemain matin que nous pourrons enfin joindre nos six héros.
Six petits lits
Nous avons surpris l'équipage du Kon-Tiki en plein petit déjeuner dans un des plus jolis fare du village ; une table, six chaises, des laitages, de la confiture, des fruits, du soleil et des spectateurs en masse. Tout le village est autour d'eux, les hommes, les femmes, les enfants et les vieillards, tous s'ingéniant à leur faire plaisir……
Un beau jour, ils virent arriver sur la plage des débris de bois et des boîtes à conserves. Ils filèrent immédiatement en pirogue et découvrirent à l'autre bout du lagon six grands gaillards blonds en train d'essayer de traîner un radeau antique. Il faut avouer que l'aventure était pour le moins curieuse et que nos Paumotu avaient le droit d'être étonnés. Quoi qu'il en soit, ils revinrent au village, portant triomphalement nos Norvégiens qui furent, sur l'heure, installés dans la maison commune. Chacun amena quelque chose et peu de temps après nous pouvions voir six petits lits alignés l'un à côté de l'autre avec de beaux oreillers aux broderies multicolores, les drapeaux norvégien et suédois pendus au mur, les caisses de boîtes à conserves en tas dans un coin et le matériel scientifique bien aligné sur la table à côté du poste de radio. A l'arrivée de M. Ahnne, ils se figèrent dans un garde à vous impeccable et déclinèrent leur identité :
Le chef  : Thor Heyrdahl
Le second : Herman Watzinger
Erik Hesselberg
Knut Haughiand
Torstein Raaby
Bengt Danielsson
Puis la Tamara se remit en route pour aller chercher le radeau, emmenant avec elle Herman Watzinger et quelques Paumotu pour nous aider à transborder le matériel et à amarrer le Kon-Tiki. Celui-ci était tranquillement échoué sur le sable; le mât et le matériel étaient sur la plage rangés sous une tente. Nous craignions de ne pouvoir arriver à sortir le radeau de sa mauvaise position tant il semblait lourd ; mais quatre hommes suffirent amplement à le sortir de là... Nous ne rendions, pas compte à quel point le Balza peut être léger !



Après l'échouage du KonTiki, les habitants de Raroia mettent à la disposition de l'équipage, la maison commune, leurs meilleurs lits et leurs plus beaux tifaifai. (cl. Sylvain).



Le radeau a, malgré ses allures d'épave, bien supporté, et la traversée et le passage du récif. Il suffira de quelques hommes pour le remettre à l'eau, (cl. Sylvain, coll. B. Danielsson).


A suivre….
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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Dim 24 Mai 2009 - 21:43

[size=18]LE KON-TIKI  (suite et fin)

L'échouage du kon tiki
Lorsque, le 7 août, le Kon-iki vint buter sur le récif et finalement échouer sur l'île, Kon-Tiki, (c'est ainsi que les Paumotu ont baptisé l'îlot en question), le radio ne cessa de correspondre avec Rarotonga. D'abord il transmettait : "Nous sommes à 500 mètres du récif", puis "Nous sommes à 50 mètres..." et finalement "Si nous ne donnons pas signe de vie avant 36 heures, envoyez secours... Au revoir..."
Quelques secondes plus tard, le radeau était ébranlé dans toutes ses fibres et projetait sur le récif tout ce qui dépassait à sa surface. Ce ne fut que 36 heures et 5 minutes après l'accident que le radio put enfin reprendre contact avec Rarotonga et signaler que tous étaient sains et saufs, quoiqu'on réalité un peu écorchés et qu'ils étaient bien installés sur une petite île déserte. Cinq jours après seulement les habitants de Raroia s'aperçurent de leur présence.
Après mille complications pour amarrer le radeau derrière la Tamara, le 22 août au matin, nous quittons Raroia sous les hurlements de la foule... Les adieux étaient interminables. Tous, un par un, voulaient leur toucher la main, tous voulaient dire leur joie de les avoir reçu sur leur modeste petite terre. Enfin les chants éclatèrent de toute part et pendant que la chaloupe s'éloignait pour rejoindre la Tamara, on pouvait voir, sur le débarcadère, une foule multicolore groupée autour du mât de pavillon et faisant ses derniers adieux.
Le voyage s'annonçait assez bien quand, tout à coup, le 25 août, le vent se leva subitement entraînant avec lui d'énormes masses d'eau qui risquaient de nous séparer à jamais du valeureux Kon-Tiki. Déjà plusieurs fois les cordes de remorque avaient craqué et nous risquions de ne pas pouvoir arriver à réparer par ce temps. Nous dûmes stopper le moteur et attendre toute la nuit et la journée du lendemain pour repartir. Par contre, cette tempête nous a permis de constater combien cette embarcation est marine... Alors que nous dévalions d'un bord à l'autre de la Tamara, le radeau restait imperturbable et n'était même pas mouillé. Nous avons vu, le jeudi 28 au matin, combien Tahiti s'est réjoui de pouvoir recevoir et féliciter les six glorieux "Explorateurs de mer" ; non seulement ils ont démontré leur théorie, mais encore ils ont fait preuve d'un courage et d'une compétence remarquable.
Vive le Kon-Tiki, la Norvège et la Suède et nous espérons que nos visiteurs imprévus feront un bon séjour dans l'île.          
Sylvain



Avec l'aide de toute la population, le radeau est hâlé jusqu'à la baie où la goélette Tamara l'attend pour tenter le difficile exploit de le remorquer jusqu'à Tahiti. Un accueil chaleureux sera réservé aux six hommes, par les autorités et la population tahitienne.

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Pierre CARABASSE




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MessageSujet: Re: Tahiti et Polynésie aux temps anciens Lun 13 Sep 2010 - 11:01

Bonjour à tous,

Chose promise, chose due.... Voilà une nouvelle Histoire (avec un grand H)

LE PREMIER BEACHCOMBER* (1)

TE TA’ATA PANIORA (L’ESPAGNOL) : AVIS DE RECHERCHE


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Sur un ordre de Manuel de Amat y Junyent, vice roi du Pérou, le capitaine Domingo de Boenechea appareilla le 26 Septembre 1772 de Callao (Pérou) pour l'île de San Carlos (île de Pâques) et pour l'île du Roi Georges (Tahiti). Le navire une frégate Santa Maria Magdalena alias El Aguila mis cap à l'Ouest et il fut jugé d'aller à Tahiti en premier. Ils furent les premiers Européens à apercevoir le 28 octobre l'atoll de Tauere, le 21 octobre Haraiki, le 1er novembre Anaa, le 6 décembre Mehetia. Le 8 novembre ils aperçurent une île haute, Tahiti, l'approchèrent et décidèrent de mouiller sur la côte Est. La manœuvre fut délicate, le navire s'échoua sur le récif de Tefana près de Mahaena, mais réussit à se dégager avec quelques dégâts (gouvernail et quelques bordées). Remettant cap au Sud, ils entrèrent avec précaution dans la passe d'Aiarua et mouillèrent devant la vallée le 18 novembre 1772. Ils nommèrent ce port "Santa Maria Magdalena".

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Mis à part quelques incidents, une avarie au mât de misaine, un matelot tombé à la mer et récupéré par miracle, ce voyage s'était bien passé, comme en témoignent les récits du capitaine Boenechea, du second Thomas Gayangos et du premier pilote Antonio de Hervé ; faits confirmés plus tard par les frères religieux, les padres José et Juan, tout comme par les textes de Maximo Rodriguez en 1774.
Pourtant, d'après ces récits, un événement important sortait du commun :
« ....ainsi qu'un marin qui eut la vie sauve en s'échappant du navire de Langara, ancré au large de Vaiarua à Taiarapu en mars 1773, alors que les trois camarades ont été exécutés à bord... » (in "A la recherche de la Polynésie d'autrefois", William Ellis, p.259).
« Vehiatua.... il raconta que quelques mois auparavant un vaisseau étranger avait mouillé dans ces parages et que le capitaine, sitôt débarqué, avait fait pendre quatre matelots. Un cinquième qui devait subir le même sort, s'était enfui et se trouvait encore dans l'île, où Cook, malgré ses efforts, ne pu jamais le découvrir » (17 août 1773, "La vie et les voyages du Capitaine Cook » Maurice Thierry, p. 106).
« Quatre hommes de l'équipage furent condamnés à mort et fusillés et un cinquième échappa au même sort en s'enfuyant dans la forêt et y demeurant caché jusqu’au départ de l'Aguila. Cet homme devint plus tard conseiller et membre de la famille du grand chef Vehiatua et fut le premier blanc qui s'installa à Tahiti, il se conforma aux coutumes du pays et on peut encore remarquer le type espagnol dans les traits des chefs de Teahupoo, ses descendants... » ("Tahiti aux temps anciens ", Teuira Henry, p.29).

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Malgré une incohérence dans ces trois récits (et dans peut-être d'autres ?), une certitude apparaît : une tragédie a bien eu lieu !!! Alors, pourquoi dans le livre de bord de Boenechea rien n'y est-il mentionné ? Pourquoi et comment un peloton d'exécution a-t-il été nommé, et pour sanctionner quelles fautes ? Très graves sans doute (mutinerie, désertion, crime ?). Par quelle adresse le rescapé a-t-il réussi à s'enfuir ? Enchaîné sans doute, chétif, mal nourri, affaibli par un séjour aux fers en fond de cale ? Les militaires du peloton n'ont-ils pas essayé de le retenir, de le retrouver, même avec l'aide des Tahitiens ? A-t-il justement profité de la confusion et de l'aide des Tahitiens ? Quoi qu'il en soit, après une prospection autour de l'île, le navire repartit le 20 décembre à destination du Pérou, avec quatre volontaires tahitiens à bord.
Après le départ du navire, comment vécut l'évadé ? Il aurait été recueilli par Vehiatua, se serait bien adapté, intégré et serait même devenu son ami, son conseiller. Cela fait court, sachant que le grand chef Vehiatua mourut trois mois plus tard, en mars 1773... Certainement l'Espagnol a hérité de droits de terre et le successeur Vehiatua II, âgé de 16 ans, le reconduit-il à ses privilèges, voire même son amitié. Surprenant, en août de la même année, lorsque Cook fit escale, l’arii Vehiatua lui parle de l'Espagnol, mais sans divulguer le lieu où il est caché. Même les Tahitiens ne le trahissent pas, comme s'il était protégé. Après le départ de Cook, l'Espagnol profite d'une période tranquille pour vivre paisiblement. Fonda-t-il une famille ?
Le 6 novembre 1774, le capitaine Boenechea revient avec la frégate Aguila et son annexe Jupiter. Le mouillage choisi n'est plus Aiarua, mais à Tautira. Le débarquement se fait : deux pères franciscains pour tenter une évangélisation, l'interprète Maximo Rodriguez, un serviteur et deux Tahitiens de retour du Pérou, les autres étant décédés. Une habitation pour la mission se construit à Tautira. Etonnant, personne ne mentionne l'évadé.

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à suivre....

NOTE :
*beachcomber, mot anglais : "batteur de grève". Les beachcombers étaient parfois des naufragés, le plus souvent des bagnards échappés ou des déserteurs de baleiniers. Adoptés par un chef, mariés à une insulaire, ils devaient rendre des services : interprètes auprès des équipages de passage, mercenaires lors des guerres internes.

Et je vous rappelle l'auteur : Alain BLE, un ancien du Clémenceau habitant à la presqu'île Tairapu-est.
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Pierre CARABASSE




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